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Choix crucial
Les analystes interrogés dans le cadre du baromètre “PluriConseil-l’Express” ont parfaitement mesuré l’ampleur de la tâche qui incombera au prochain gouvernement. Ils ont aussi situé pour l’électorat les enjeux économiques des consultations populaires du 3 juillet prochain. Il y va de la qualité de vie des Mauriciens.
Ce qui nous guette au tournant s’appelle la récession. Le prix du sucre est sous le coup d’une baisse inéluctable. En 2008, les États-Unis et l’Europe, nos principaux marchés pour le textile-habillement, ne pourront plus rien pour contrer l’invasion des vêtements chinois.
Maurice sera prise dans une zone de turbulences dont on a déjà commencé à ressentir les effets.
Il s’agit donc d’élire l’équipe qui sera la plus apte à présider à la destinée du pays dans un environnement qui s’annonce encore plus ardu, tant sur le plan local qu’international.
Sans être partisan du “moins d’État”, il convient aussi de reconnaître que dans une certaine mesure, l’Hôtel du gouvernement ne peut pas grand-chose dans la mouvance de la mondialisation et de la libéralisation. Port-Louis ne pèse pas lourd sur des décisions qui sont prises à Genève ou à Bruxelles.
Prétendre que la diplomatie économique de Maurice pouvait empêcher la Commission européenne de réformer son régime sucrier est faire preuve de démagogie et de nombrilisme.
De même, Port-Louis n’a absolument aucun moyen d’obtenir de Beijing que l’industrie textile chinoise cesse d’envahir nos marchés européen et américain pour sauver des jobs à Plaine-Lauzun, Phoenix ou Floréal.
D’ailleurs, les analystes interrogés reconnaissent l’impact négatif de la conjoncture internationale pour expliquer en partie les difficultés économiques du pays.
Mais la conjoncture internationale n’explique pas tout et ne justifie pas tout. Il y a encore des domaines qui demeurent sous la souveraineté économique nationale.
L’orientation de l’économie, la maîtrise des finances publiques, le contrôle de l’inflation, le maintien de la stabilité de la monnaie, l’élimination de la bureaucratie pour faciliter les investissements, l’encadrement et la facilitation de l’esprit d’entreprise sont autant de champs d’action où le rôle de l’État peut être déterminant.
Ainsi, dans la conjoncture difficile pour les piliers traditionnels de l’économie, on pourra sans doute blâmer le gouvernement pour ne pas avoir mis le paquet dans le seul secteur qui pouvait potentiellement tirer la croissance : le tourisme.
La politique du gouvernement sortant à ce chapitre a été confuse. Il a d’une part encouragé l’accroissement significatif du parc hôtelier sans franchement mettre les moyens convenables pour assurer un taux de remplissage robuste dans les établissements hôteliers.
Cela est un exemple où un gouvernement volontaire, faisant preuve d’imagination et d’innovation, peut contribuer à faire la différence. Au début des années 80 aussi, la situation semblait désespérée.
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