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Les Rs 1,5 milliard jugées “insuffisantes” pour Maurice et les ACP
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Les Rs 1,5 milliard jugées “insuffisantes” pour Maurice et les ACP
En voilà une aide qui ne plaît guère aux récipiendaires. Pour 2006-2007, l’Union européenne (UE) déboursera Rs 1,5 milliard d’euros sous forme de support budgétaire pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), signataires du Protocole sucre. Une somme que l’industrie sucrière locale juge “largement insuffisante”.
La baisse drastique du prix garanti du sucre ACP sur le marché européen aura des répercussions catastrophiques pour l’industrie mauricienne. Les bruits courent que la réduction, en marge des réformes du régime sucrier européen, serait de 43 %, équivalant à un manque à gagner net de Rs 4 milliards pour les producteurs et les planteurs.
Que ce soit pour l’État mauricien ou pour les usiniers-planteurs, l’argument a toujours été qu’une telle baisse entraînera la mort certaine de notre industrie locale, sans soutien conséquent. D’ailleurs, l’UE a consenti d’aider les pays ACP à travers des mesures d’accompagnement pour mitiger les effets drastiques de la réforme. Dans ce contexte, Maurice, porte-parole des pays ACP, a toujours postulé que l’assistance financière devrait intervenir en amont de la réforme étalée sur deux ans. Car après, ce sera trop tard…
Un premier round des négociations a démarré mardi, le temps d’une réunion entre l’État, l’industrie sucrière locale et la délégation de l’UE à Maurice, renforcée par la présence de l’administratrice à la direction générale de la Commission européenne, Florence Van Houtte. Au cours d’une session de brainstorming, vers la fin, l’ambassadeur Juan Carlos Rey a indiqué que le commissaire Louis Michel a déjà obtenu 40 millions d’euros (Rs 1,5 milliard) pour venir en aide aux pays ACP.
<B>Un secteur fortement endetté</B>
“Le montant que l’UE accorde aux ACP est totalement inapproprié”, affirme le directeur de la Mauritius Sugar Producers’ Associationn (MSPA), Patrice Legris. Un commentaire justifié dans la mesure où cette somme sera distribuée entre les 18 pays ACP producteurs de sucre. Pour la MSPA, les États-membres du bloc requièrent un montant supérieur pour se préparer à faire face aux effets drastiques de la réforme. Du côté de la Chambre d’Agriculture, on précise que cette somme est “largement insuffisante”.
La déception est de mise car l’État, au cours de ses missions de lobbying à l’étranger, a toujours milité pour une enveloppe importante avant que la baisse n’intervienne. Qui plus est, le secteur privé, déjà fortement endetté par la réforme en cours, a toujours fait ressortir que ces mesures d’aide sont très importantes pour sa survie.
“Avec 42 %, on n’a plus d’industrie à Maurice. Il faut que la baisse soit plus raisonnable de même que des mesures d’accompagnement pour pouvoir assurer que ces Rs 6 milliards (revenus après la baisse) soient toujours présents dans l’économie, et qu’on puisse continuer à produire du sucre”¸ avait expliqué le président de la MSPA, Jacques d’Unienville. Il précise : “En clair, il faut un soutien important de l’UE. Autrement, les sucreries vont déposer le bilan.”
La bataille pour une baisse moins importante se jouera désormais sur le plan politique.
Dès juillet, le nouveau gouvernement au pouvoir se devra d’agir prestement auprès de la Commission européenne, le Parlement et les ministres de l’Agriculture. Le calendrier établi reste inchangé avec la présentation du texte de loi introduisant la réforme européenne le 22 juin et le vote vers novembre.
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