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Economie : entre réforme et récession

15 juin 2005, 00:00

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<B>L’économie mauricienne ne va pas bien</B>

■ <B>COMMENT EVALUEZ-VOUS L’ÉTAT ACTUEL DE L’ÉCONOMIE MAURICIENNE ? </B>

Tous les analystes interrogés, à l’exception d’un seul, sont d’avis que notre économie ne va pas bien. Si la majorité d’analystes (53 %) pense que l’état de l’économie est “passable”, 43 % d’analystes estiment qu’il est “mauvais” ou “très mauvais”. Pour les premiers, le pays s’en sort pas si mal dans un contexte où les facteurs internationaux lui sont défavorables. Avec un taux de 5,1 % attendu cette année, notre croissance économique est quand même encourageante. Pour les autres analystes cependant, cette croissance n’est alimentée que par les dépenses massives et improductives de l’État dans des travaux de construction. Du reste, le faible niveau de l’investissement privé – 14,8 % du produit intérieur brut (PIB) – explique le chômage actuel (8,5 %).

Puis, le déficit budgétaire (5 % du PIB) et la dépréciation de la roupie sont deux sources majeures d’une inflation élevée (5,5 %), celle-ci étant un impôt déguisé.

<B>Les conjonctures internationales grandement responsables</B>

■ <B> COMMENT ÉVALUEZ-VOUS LES FACTEURS POUVANT EXPLIQUER L’ÉTAT ACTUEL DE NOTRE ÉCONOMIE ?</B>

La majorité des analystes (53 %) admet que les conjonctures internationales (notamment la concurrence des produits textiles chinois et la forte hausse des prix pétroliers), sont “grandement responsables” de l’état passable, voire mauvais, de l’économie mauricienne.

Par ailleurs, aucun analyste ne dédouane le présent gouvernement de la situation économique actuelle du pays : tous les analystes trouvent que les politiques gouvernementales y ont une part de responsabilité, faute de mesures significatives pour relancer l’économie. D’autre part, un analyste sur cinq n’a aucun reproche à faire au secteur privé. Mais 80 % des analystes estiment que les attitudes du secteur privé sont “plus ou moins responsables” ou “grandement responsables” de l’état actuel de notre économie, car il n’a pas été suffisamment agressif et n’a pas exploité tout son potentiel en matière d’investissement.

<B>L’État est un très gros problème</B>

■ <B>COMMENT ÉVALUEZ-VOUS LES DEFIS AUXQUELS FAIT FACE NOTRE ÉCONOMIE ?</B>

Dans la mesure où le déficit budgétaire, la dette publique, la bureaucratie et la corruption sont directement liés à la gestion étatique, on peut dire que, pour la majorité des analystes, l’État est un “très gros problème”. Mais il faut aussi souligner que le chômage constitue un “problème sérieux” ou un “très gros problème” pour 93 % des analystes, tout comme l’inflation et l’instabilité de la roupie pour 83 % des analystes. Par ailleurs, un analyste sur cinq considère la libéralisation des échanges commerciaux comme n’étant “pas un problème” ou comme un “problème mineur”. Vu que notre économie est condamnée à rester ouverte au commerce international, il revient aux entreprises d’accroître leur compétitivité en vue d’affronter la concurrence étrangère. Pour cela, le gouvernement doit rendre l’économie plus flexible.

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