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Temps critique pour Navin

28 mai 2005, 00:00

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Une semaine que le leader de l?alliance de l?opposition a été quasiment absent de la place. C?est beaucoup en période de campagne électorale. Il faut dire qu?il a fort à faire. Des partenaires à apaiser. La colère des activistes à gérer. Comment peut-il espérer s?en sortir ? En 1995, il était encore neuf en politique et ses nouveaux jeunes loups symbolisaient une promesse de renouvellement que les activistes rouges et les électeurs, en général, accueillaient plutôt bien.

Aujourd?hui, les donnes ont changé. Il a nourri ces cinq dernières années un rêve auprès d?un électorat qu?il a englobé dans un « nous » ambivalent. C?est cet électorat qui désormais lui réclame des comptes. Il lui faudra choisir entre le potentiel Premier ministre démocrate et moderne qu?il veut incarner et l?enfermement vers lequel le pousse une partie de l?électorat.

Navin Ramgoolam, seul, pourra difficilement régler les différentes contradictions auxquelles il est confronté. En tant que Premier ministre d?alternance, il se doit de chercher une crédibilité nouvelle. L?accès au pouvoir ne passe pas par un obligatoire retour aux valeurs d?un ouvriérisme et d?un militantisme rageurs des années 60 et 70 mais désuets aujourd?hui. Cette man?uvre est plutôt grossière.

Au vu des difficultés actuelles de l?Alliance sociale, il n?est pas judicieux pour elle de poursuivre en ce sens. Même une éventuelle défaite de Sylvio Michel et de Rama Valayden au n° 19, voire celle de XLD au n° 18, n?est pas le gage d?un éventuel pouvoir travailliste stable. C?est précisément cette question de stabilité qui est déterminante pour tout gouvernement.

C?est la pression populaire que doit craindre l?Alliance sociale qui ne propose rien de moins qu?une grande politique réformiste. L?actuel gouvernement peut en témoigner. Lorsque la gronde a soufflé dans les rues, il a dû faire marche arrière.

Prendre le pouvoir n?est donc pas la finalité de l?action politique. Battu en 1995, même en ayant retrouvé le pouvoir en 2000, SAJ, semble-t-il, n?aurait jamais surmonté son aigreur. La défaite de 1995 et une éventuelle victoire en 2005 ne débarassera pas Ramgoolam de son amertume. Tout comme tous les déçus du bérengisme qui n?ont pas encore compris que la solution réelle vient de sa capacité à se réinventer et non pas dans une action extrême pour déconstruire le bérengisme.

Ce sont ces apories qui minent la vie politique. Le ramgoolamisme version Navin n?est pas condamné à être un dandinement entre un ergotage politique prolétarien et une vision moderniste de la société.

Une vaste communauté mauricienne se rendra aux urnes prochainement. Ce n?est pas elle qui détermine l?action politique. C?est aux politiques de façonner cet électorat pour qu?enfin le processus enclenché en 2000 connaisse un aboutissement. C?est aussi le défi de Navin Ramgoolam, au-delà de son avenir politique personnel.

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