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Plus que neuf mois?
Camp-Lacolle n?est plus qu?un mauvais souvenir. Le temps des bicoques est loin derrière. Une vingtaine de familles vivaient dans des conditions terribles dans ce coin perdu de Rivière-Noire. Les maisonnettes étaient en feuilles de tôle rouillées ou rafistolées avec des morceaux de drums. Il n?y avait que des latrines et à chaque averse ce camp se transformait en bassin pour canards où régnait une odeur nauséabonde. Les enfants jouaient toujours dans la poussière et les ménagères faisaient la cuisine sur des foyers aménagés à même le sol.
L?attente a été longue. Très longue. Il y a certaines personnes qui ont attendu 40 ans pour que leur vie s?améliore. Les choses changent heureusement.
Nouvelle vie
Depuis la semaine dernière des bulldozers déblaient le terrain à Camp-Lacolle. La National Housing Development Company Ltd y construira une quarantaine de maisons, type Firinga, pour les familles. La société Camp-Lacolle a été créée pour collecter des fonds afin de faciliter l?intégration des habitants. Une somme de Rs 2 millions a été récoltée.
En attendant que les maisons soient prêtes dans 9 mois, le Trust fund for the integration of the vulnerable groups a construit des maisons en tôle dans la localité pour loger les familles. Quelques-unes ont été accueillies par des proches. Cette nouvelle cité accueillera aussi les habitants des longères de Rivière-Noire.
La plupart des habitants de Camp-Lacolle squattaient le terrain d?un propriétaire terrien. Il a fallu que le gouvernement négocie avec le propriétaire pour qu?il mette sa propriété à la disposition de la NHDC. De plus, le gouvernement a dû faire acquisition d?un terrain privé pour construire une route car l?accès dans la région était difficile pour les véhicules.
Marlène Laboudeuse, porte-parole des habitants de Camp-Lacolle, rappelle que certaines familles ont attendu plus de 40 ans pour avoir une maison digne de ce nom. Denis Lolo est l?un d?eux. Ce septuagénaire est venu habiter à Camp-Lacolle alors qu?il n?avait que 30 ans. Il y a aussi le cas d?Eliane Durga qui a attendu très longtemps. ?Elle est morte sans avoir connu le bonheur d?avoir une maison. C?est triste, mais ses enfants vont en profiter?, déclare la porte-parole des habitants.
Marlène Laboudeuse aura une maison en dur. Un vrai rêve. ?Il y a eu beaucoup de gouvernements, mais il n?y a jamais eu de grands changements. J?espère que cette fois-ci, nous verrons la lumière au bout du tunnel?, souligne-t-elle.
Le bruit des bulldozers et des tronçonneuses sont la preuve que les travaux sont en cours. Il n?y a pratiquement plus de pieds la colle dans le coin, signe que les choses vont dans la bonne direction. Seul un grand tamarinier, au centre de ce quartier, sera conservé. La vie dans la nouvelle cité tournera autour de cet arbre-souvenir.
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