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?Il faut garantir la bonne application des droits humains?

25 mai 2005, 00:00

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■ Vous êtes un des animateurs de l?atelier de travail sur la protection des droits de l?homme, auquel ont participé des délégatons de représentants de cinq pays, dont Maurice. Quel en était le but ?

Il s?agit de créer une plate-forme représentant la société civile pour faire le suivi des suggestions émises par les Nations unies. Par exemple, l?Organisation des nations unies (Onu) fait des recommandations dans les domaines des droits civils et politiques, comme elle l?a fait récemment pour Maurice. Cet atelier de travail vise donc à guider les différents acteurs non gouvernementaux pour les aider à garantir la bonne application des droits humains au niveau national.

■ Pensez-vous qu?une fois rentrées chez elles, ces délégations pourront faire le poids ?

De plus en plus, l?Onu s?aperçoit que ceux qui font le travail sur le terrain sont aussi importants que l?Etat pour la protection et la promotion des droits de l?homme. Les commissions nationales des droits de l?homme, O.N.G. et médias ont un rôle de catalyseur.

■ Quels sont les progrès accomplis en matière de droits de l?homme par l?Onu ?

Ils sont palpables : égalité entre hommes et femmes, recul de la peine de mort, avancée des droits de l?enfant. Ces progrès découlent des obligations internationales prises par les Etats.

■ Est-ce que cet atelier a répondu aux attentes de l?Onu ?

Lorsque des représentants de la société civile de cinq pays décident de travailler ensemble sur la situation des droits de l?homme chez eux, le résultat ne peut qu?être intéressant. Mais ce travail est tout à fait nouveau pour l?Onu et il aura donc forcément besoin d?ajustements. Dans un an ou deux, une troisième phase de suivi aura lieu dans les pays concernés. Les acteurs gouvernementaux et autres parlementaires y seront invités pour tracer des voies communes de coopération.

■ Quels sont les principaux obstacles à l?émancipation des droits humains ?

Il en existe plusieurs. Le premier est sans doute la volonté politique. Certains Etats se prévalent de la souveraineté pour dire que les droits de l?homme sont une considération interne. La situation socio-économique et le degré de développement des pays doivent également être pris en compte. Il est difficile de parler du droit à l?éducation avant qu?on atteigne un degré minimum d?alimentation. D?un autre côté, certains Etats ont l?impression que les droits de l?homme sont un outil des pays développés pour conditionner leurs relations avec les pays du sud.

■ Qu?espérez-vous à l?avenir ?

Dans tous les cas de figure, j?espère que les participants gardent leur engagement, qu?ils soient créatifs et qu?ils recherchent des voies nouvelles pour faire avancer la cause des droits de l?homme. Cela peut se traduire dans leur travail quotidien ou à travers d?autres initiatives. Ce qu?on attend le plus c?est que la dynamique de groupe persiste.

■ Quand pourra-t-on parler de réussite ?

Dès le moment que le groupe pourra avoir un effet multiplicateur à Maurice. Le succès de ce travail pourra se mesurer par le partage des connaissances et, surtout, au fil des mois par plans d?actions menés à bien.

Propos recueillis par Nicholas RAINER

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