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Le système de jeu

25 mai 2005, 00:00

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<B>Liverpool</B>

Juste après la demi-finale entre Chelsea et Liverpool, Jose Mourinho, interrogé sur la finale, a émis ce jugement : “Vu la façon dont ils jouent, ils n’ont aucune chance s’ils encaissent le premier but.” Une façon comme une autre de dire que cette équipe, reprise en main par Rafael Benitez il y a dix mois, doit sa place en finale à son courage et à son opportunisme, plus qu’à une capacité à dicter le rythme du jeu. Après la double victoire contre Leverkusen en huitièmes (3-1, 3-1), l’entraîneur espagnol assurait, d’ailleurs, qu’il ne pensait pas son équipe capable de remporter la Ligue des champions. Il est obligé de se déjuger aujourd’hui.

Liverpool évolue dans un 4-4-1-1 immuable. La succession de blessures qui a touché l’équipe cette saison a obligé Benitez à faire évoluer son casting à chaque poste. Ce système s’appuie sur une colonne Carragher, Gerrard, Luis Garcia, sans laquelle les Reds n’en seraient pas là. Liverpool est une équipe qui joue bas, qui occupe bien la largeur, gêne tout adversaire ambitieux, mais dont la capacité offensive est très limitée. Liverpool marque en contre, ou sur des inspirations de ses individualités.

■ <B>Défense</B>

Le potentiel athlétique de cette défense a démoralisé successivement Ibrahimovic et Drogba. Les deux attaquants n’ont pas réussi à peser physiquement sur Hyypiä et Carragher, deux gros bébés rarement pris en défaut sur leur placement et redoutables dans le jeu aérien. Leur infatigable combativité déteint sur les latéraux, Finnan et Traoré.

C’est une défense qui, en raison d’une certaine lenteur, doit être pratiquement protégée par son milieu pour donner sa pleine mesure. Face à Kaka et Shevchenko, deux attaquants exceptionnels quand ils sont lancés, ces quatre hommes seront confrontés à un défi de taille.

■ <B>Milieu</B>

Contrairement à beaucoup d’équipes évoluant en zone avec quatre joueurs dans l’entre-jeu, le milieu de Liverpool ne s’appuie pas sur une paire de récupérateurs resserrés et deux meneurs excentrés. Benitez évolue avec quatre purs milieux relayeurs, évoluant fréquemment sur la même ligne. Leur qualité de tacle, leur combativité et leur disponibilité obligent tous leurs adversaires à un redoutable combat.

Dans cette zone, le joueur-clé est Steven Gerrard, “meilleur milieu du monde” selon Ancelotti. Grand mais bon technicien, âpre au duel mais dribbleur, âme de l’équipe à tous les égards, il n’hésite jamais à apporter le surnombre en attaque et à frapper de loin. Ses coéquipiers abattent un travail plus obscur, sans fioriture. Liverpool n’hésite jamais à jouer en retrait ou long devant quand le défi technique est trop difficile pour lui.

■ <B> Attaque</B>

Avec Baros, meilleur buteur de l’Euro 2004, mais aussi avec Cissé, de plus en plus incisif depuis son retour, Rafael Benitez dispose de deux attaquants de pointe capables de profiter de la moindre brèche, notamment grâce à leur vitesse et, dans le cas de Baros, d’une adresse irréprochable.

Le style de jeu de l’équipe les oblige cependant à faire la différence seuls. Derrière eux, le travail du joueur plus décroché reste en plus à celui d’un milieu de terrain, qui se sacrifie à la perte du ballon et ne suit pas toujours son attaquant. Le Tallec a occupé le poste face à la Juventus. Gerrard peut dépanner à l’occasion.

<B>Milan AC</B>

Le Milan AC forme une des équipes les plus complètes, équilibrées, expérimentées et ambitieuses d’Europe, imprégnée de rigueur tactique italienne, de la force de caractère que lui donne l’histoire du club, et de la capacité de performance exceptionnelle de ses grandes individualités.

Le 4-4-2 de Carlo Ancelotti, avec milieu en losange, fonctionne grâce à l’exceptionnel volume de jeu de ses deux arrières latéraux et de ses quatre milieux. Il prend toute son ampleur quand les sept joueurs de champ les plus en retraits parviennent à faire jouer lancés Kaka et Shevchenko, exceptionnels de rapidité, d’adresse et d’inventivité.

L’autre atout du Milan est de savoir forcer son destin quand l’équipe est en difficulté. L’équipe sait plier sans rompre. Il lui suffit de s’en remettre à l’opportunisme de ses trois joueurs offensifs. L’extraordinaire profondeur de banc de l’effectif permet aussi à Ancelotti de varier les options en fonction de l’événement.

■ <B>Défense</B>

Monstrueuse d’expérience, la défense milanaise est composée de joueurs très complets dans leur panoplie défensive (placement, jeu de tête, tacle, tempérament), même Cafu trop souvent caricaturé comme un joyeux avaleur de couloir.

Même si l’équipe joue en zone, ressucite pratiquement le couple libéro/stoppeur, avec d’un côté Nesta (ou Maldini) en soutien permanent, précieux pour sa relance précise et variée, et de l’autre Stam dans le rôle de marquage impassable.

Les deux latéraux sont des footballeurs exceptionnels, infatigables soutien de leur milieu, ailiers à l’occasion, rarement pris en défaut de placement et de justesse technique.

A 36 ans, Maldini est loin d’être las côté gauche. Il profite du registre de Seedorf, posté devant lui mais aspiré par l’axe, pour occuper tout son couloir avec autorité.

■ <B>Milieu</B>

Un milieu en losange avec un volume de jeu exceptionnel, savant cocktail d’intelligence tactique, de jeu de passes précis (Pirlo), de volume physique (Seedorf) et de caractère en acier trempé (Gattuso).

L’axe Pirlo-Kaka est le baromètre de l’équipe. Les deux hommes dictent le rythme de jeu et orientent la plupart des actions, lourde responsabilité dans une équipe qui sait maîtriser les temps forts d’un match.

Cependant, depuis plusieurs semaines, Seedorf et Pirlo (décisif lors de la victoire en 2003) évoluent loin de leur meilleur niveau, ce qui explique en partie que Milan ait parfois mal conservé son ballon en demi-finale. Les remplaçants sont Rui Costa, Ambrosini, Serginho, Dhorasoo.

■ <B>Attaque</B>

La Ligue des champions 2005 a déjà confirmé l’exceptionnel niveau du Ballon d’Or-FF Andrei Shevchenko (6 buts), attaquant complet qui, grâce à sa vitesse, sa technique et son sens du but, transforme en or une bonne partie des ballons qu’il reçoit. Quand il sent le jeu en même temps que Kaka, Milan est dangereux même sans bien jouer.

Crespo peut lui aussi débloquer les situations les plus confuses par son opportunisme. L’Argentin est là pour exploiter la moindre faute de la défense adverse, forcément sous pression avec de tels monstres. Les remplaçants s’appellent Inzaghi et Tomasson : de quoi ajouter du danger en fin de match.

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