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Sur la pointe des pieds…
Qu’il semble loin aujourd’hui le jour où ils ont soulevé sur le court Philippe Chatrier le trophée de leur rêve, synonyme pour l’un comme pour l’autre de premier titre du Grand Chelem. Car Gaston Gaudio et Anastasia Myskina auraient bien voulu occuper le devant de la scène ces dernières semaines pour rappeler qu’ils étaient bel et bien les patrons de la terre battue. Contrairement à leurs espérances, le scénario est tout autre…
Gaston Gaudio tente cette semaine de se rassurer sur l’ocre de Düsseldorf à l’occasion de la Coupe du monde des Nations. Pour l’heure, le principal intéressé comptabilise deux victoires en simple sur Arnaud Clément et Fernando Gonzalez dans cette épreuve.
Insuffisant toutefois pour juger de sa forme. Il faut revenir sur sa saison pour se rendre compte de l’irrégularité de ses résultats, synonyme de fébrilité récurrente. L’Argentin avait pourtant fait forte impression sur sa surface de prédilection en début de saison, avec deux succès décrochés coup sur coup à Vina del Mar et Buenos Aires. Mais sa supériorité n’allait pas réellement se confirmer lors de la tournée européenne sur terre battue. À Monte-Carlo, Gastion Gaudio s’incline en quarts contre Rafael Nadal, ce qui n’est en soi pas une surprise, mais le score en revanche (6-3, 6-0) pouvait donner des motifs d’inquiétude…
À Barcelone, au même stade de la compétition, le roi de Roland-garros 2004 tombait sous les coups de Juan Carlos Ferrero, ancien maître incontesté de la surface. Estoril, en revanche, aura souri jusqu’au bout à l’Argentin, vainqueur de l’Espagnol Tommy Robredo en finale. Un coup de force qui faisait office de coup d’éclat, puisque les Masters Series de Rome et Hambourg se terminaient prématurément pour Gaudio, avec deux revers concédés en huitième de finale.
Myskina en plein doute
Une irrégularité qui ne le place donc pas sous les feux des projecteurs, avant de défendre son titre. Ce qui pourrait en revanche lui permettre de débuter le tournoi dans une relative tranquillité, l’attention se portant plus sur Rafael Nadal, propulsé grandissime favori.
Anastasia Myskina, elle, aimerait tout simplement pouvoir jouer… Diminuée par une douleur récurrente à l’épaule, la Russe affiche grise mine. Une blessure qui l’empêche encore de servir à pleine puissance. Incertaine jusqu’à peu, celle qui ne porte pas sa compatriote Maria Sharapova dans son cœur devrait toutefois être en mesure de défendre son titre, comme l’a confié son entraîneur Jens Gerlach : “On s’entraîne et on envisage de jouer à Paris. Et si Anastasia gagne quelques matches là-bas, elle ressentira peut-être à nouveau la magie de Roland-Garros.”
Ses maigres résultats sur terre battue en 2005 (un match remporté sur quatre disputés), qui font suite à une saison jusque-là décevante avec une place de demi-finaliste à Anvers comme meilleur résultat, n’incitent pas à l’optimisme… Le moral en berne, Myskina prend son mal en patience, mais la terre battue des courts de la Porte d’Auteuil risque cette année de se dérober plus vite que prévu sous ses pieds.
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