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?L?express? trouble le GM

23 mai 2005, 00:00

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En ces heures graves où les forces vives de la nation mauricienne se lèvent comme un seul homme pour défendre l?honneur du juge Victor Glover, menacé d?être éclaboussé par quelque bave de bas étage, à l?heure où le partenaire secondaire d?un GM, à la majorité parfois inexistante, se désolidarise du PTr, son partenaire gouvernemental principal, le conseil des ministres passe près d?une heure pour savoir qui de M. Dyall ou de Mlle Goburdhun doit devenir un des responsables des ressources humaines à la municipalité de Vacoas-Phoenix. Ce même gouvernement, obsédé par de telles broutilles à un moment aussi délicat, remue ciel et terre et toutes ses possibilités policières et de délation pour savoir comment l?express réussit à être au courant des moindres détails des prises de bec opposant ses membres. Il arrive même à savoir qui menace de démissionner et par quel froncement de sourcil, plus ou moins interrogateur, plus ou moins ironique, le Premier ministre parvient à le réduire en silence, à se faire oublier et l?oblige à adopter le profile bas. Il y a des menaces de démission ministérielle qui suscitent d?énormes éclats de rire, ponctuant l?incapacité chronique de certains de passer de la menace à l?acte.

Certains ministres se plaignent de ne plus pouvoir parler librement si ce qu?on dit en huis clos peut parvenir à une salle de rédaction. Leurs craintes ne parviennent toutefois pas à obtenir le moindre consensus. Un ministre, que l?express qualifie de francophone, déclare dans la langue de Shakespeare craindre la présence d?un tape recorder dans ce huis clos. Un autre ajoute penaudement : Mo dire kitchose en créole, ça oussi zotte konné ! Un autre rappelle la règle sacro-sainte de l?interdiction de prendre des notes au Cabinet. C?est le moment choisi pour un autre membre de se rappeler qui de ses collègues possède une mémoire d?éléphant. Laissons-le à ses souvenirs comparatifs. Un dernier encore plus froussard que les autres s?inquiètent de savoir si le nécessaire est fait régulièrement pour s?assurer qu?il n?y ait aucun micro clandestin pouvant enregistrer des entretiens aussi secrets alors que des ministres sont censés se préoccuper de la chose publique et des intérêts supérieurs du pays.

Le psychodrame prend à l?occasion une tournure courtelinesque. Exemple : un ministre dit à voix haute savoir qui est le coupable. SSR l?interrompt : Qui est-il ? Un silence prudent mais assourdissant suit cette question ramgoolamienne pourtant d?une grande simplicité. Un autre se plaint de devoir travailler dans un bazar. Il se tait soudainement quand le même SSR lui fait aimablement remarquer qu?il peut démissionner si l?envie lui prend de le faire. Un autre suggère l?arrestation du coupable pour l?obliger à révéler ses sources d?information. Plus inquisiteur que ça, tu meurs ! Un autre remarque alors que, sous le feu de l?interrogatoire policier, le journaliste suspect peut lâcher le nom de n?importe quel ministre et pas forcément celui du coupable. (Il peut tout aussi bien balancer un nombre suffisant de pseudo informateurs au sein du Cabinet pour les forcer à démissionner et provoquer ainsi un remaniement ministériel.

L?affaire prend une tournure plus sérieuse et donne à réfléchir même aux plus grands braillards quand un ministre propose tout bonnement la dissolution anticipée de la 4e Assemblée législative et le retour devant les électeurs.

C?est qu?il n?y a pas que la nomination du futur Personnel Officer de Vacoas-Phoenix à agiter de la sorte les ministres de 1980. Il est aussi beaucoup question d?une bourse pakistanaise. Certains ministres ne sont pas satisfaits de la manière dont Karachi gère les bourses offertes aux étudiants mauriciens. Un autre s?insurge qu?à Karachi on ose parler de la nécessité d?avoir un bon backing à l?Hôtel du gouvernement si l?on veut obtenir une bourse pakistanaise. Pas gentils ces Pakistanais de dire cela dans l?année suivant la publication du rapport Glover. Il a le malheur de parler de certains journaux et d?un médecin en particulier. Il se tait prudemment quand Ramgoolam lui demande de dire de quels journaux et de quel médecin il s?agit.

Ne surdramatisons pas cet événement, pour répondre à un récent v?u ministériel, et disons que les ministres se séparent tout ragaillardis à l?idée que le ministre des Affaires étrangères promet de demander à l?ambassade mauricienne au Pakistan des renseignements supplémentaires et que son collègue de la Justice s?engage à voir ce qu?on peut faire contre les fuites d?information. Plus plombier que ça, tu meurs !

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