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Le monde hors du temps de Mamade Kadreebux
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Le monde hors du temps de Mamade Kadreebux
Témoin de ce qui ne change pas, Mamade Kadreebux n?a pas choisi le plus simple. Rendre compte d?une ?vision et d?une recherche des aspects essentiels de notre terre?. Rien que cela. Pour s?en sortir, le photographe a arpenté le globe. A figer sur pellicule des repères géographiques universellement connus. Sa touche, celle qui fait la différence avec les photos des milliers de touristes qui défilent dans le désert, en Alaska, en Amazonie ou devant les pyramides d?Egypte : capturer un monde hors du temps.
C?est là ce qui ressort des vingt-deux photos que Mamade Kadreebux expose au Centre culturel d?expression française à Curepipe, jusqu?au 31 mai. Prises dans les années 80, les photos encadrées de blanc frappent par leur perspective d?ode à la beauté de la Nature. La première : les Banderoles de lumière suspendues au-dessus du cavalier du désert, nous précipite dans un désert sans âge. Est-ce l?aube ou le crépuscule ? Impossible de le dire. Mais après tout, est-ce vraiment important de savoir si ce cavalier solitaire voyage de nuit ou de jour. Seul compte le somptueux décor étalé pour lui seul par une Nature généreuse.
Caractéristiques des photos exposées, elles ramènent l?humain à l?échelle de miniature face au monde environnant. L?exemple le plus frappant : cette Entrée de la cité interdite privée de la fontaine de vie. La silhouette emmitouflée dans un drap semble si dérisoire comparée aux falaises qui sortent de terre des deux côtés de l?élément humain sur la photo.
Sympathies écologiques du photographe ? Mamade Kadreebux n?échappe pas à un tout petit penchant pour la photo-carte postale. Le cliché très propre sur lui, où chaque élément est à sa place. Le message est clair : ces photos nous crient de ne pas altérer la Nature.
Aux confins de la terre
Mamade Kadreebux nous rappelle que la planète est remplie de lieux qui savent émerveiller et apaiser. Nul besoin d?aller chercher loin. Pour ceux qui ne peuvent se payer le luxe de parcourir les milliers de kilomètres nous séparant de Ushuaia, ville au sud du monde face à l?Antarctique, tournez votre regard vers le Trou-aux-Cerfs. Vous aurez peut-être la chance, comme Mamade Kadreebux, d?apercevoir un Rayon vert.
Illusion d?optique ? Pas seulement. Rêverie de nomade, parti à la conquête de son moi jusqu?au lac Titicaca. Visiblement fasciné par les nuages et les effets de lumière orchestré par le soleil, tout au long du jour, le photographe l?est tout autant par le désert. Bleu chaud, sable et ocre sont les tons dominants de cette exposition.
Son mérite : elle nous entraîne jusqu?aux confins de la terre avant de nous dépayser en flashant sur le connu. Mais en nous montrant le familier sous un angle peu connu. Après nous avoir baladé devant l?entrée des falaises de Bandiara chez le peuple Dogon ? une entrée où l?étroit passage entre les pierres empilées n?est pas immédiatement visible ? l?exposant revient aux premiers amours. A un univers aussi paisible et surtout accessible qu?un Lever du jour à Mahébourg.
Autre but avoué du photographe : rechercher les messages que la terre nous envoie. Mamade Kadreebux les trouvent dans ces signes cabalistiques retrouvés à Saleh, ville inconnue, civilisation éteinte. Ne demeurent que des traces inscrites dans la pierre.
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