Publicité

Sofia Coppola tel père, telle fille

22 mai 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elle s?impose à Hollywood après seulement deux films. Après l?éblouissant succès de Virgin Suicides, Sofia Coppola récidive avec Lost in translation, une comédie romantique d?une étonnante maturité. Succès critique incontesté : l?Oscar du Meilleur scénario et le César du Meilleur film étranger, et un succès populaire dans le monde entier. Sofia Coppola a ainsi imposé son prénom ainsi que la singularité de son regard de femme sur le cinéma hollywoodien.

Francis Ford Coppola, son père, dit d?elle qu?elle est une « jeune femme révolutionnaire qui a attent la maturité. » Quentin Tarantino qui a avoué dans la presse spécialisée que Lost in Translation est l?un des meilleurs films de l?année 2003, dit d?elle qu?elle « était la fille dilletante d?une légende hollywoodienne. Aujourd?hui, elle est l?un des cinéastes les plus prometteurs d?Hollywood. »

Sofia Coppola bénéficie ainsi d?une unanimité rare auprès des critiques, des cinéphiles et de la profession. On salue sa « merveilleuse délicatesse », son sens aigu du détail, son humour mélancolique et sa sensibilité visuelle à la fois chic et moderne. Qu?elle soit à la une du très sérieux New York Magazine ou dans les pages glacées de Vanity Fair, Sofia Coppola fait l?unanimité.

En seulement deux films, elle est devenue la préférée des producteurs. Devenue la figure incontournable du bon goût hollywoodien, on la réclame à corps et à cri. « Pour Hollywood elle est irrésistible. Elle a dû recevoir cent scripts et elle n?en a probablement pas lu un seul, » commente Fred Ross, qui a longtemps co-produit les films de son père.

A trente-deux ans, Sofia Coppola a l?air d?en avoir vingt-cinq. Si peu imposante physiquement, la cinéaste a pourtant la réputation d?être indestructible. Elle a des idées tranchées, des penchants affirmés. On la dit sensible et rêveuse, et c?est ainsi qu?elle s?impose dans le microcosme hollywoodien. « Elle est drôle, discrète, courtoise, complète, » explique son producteur Ross Katz.

Lost in translation s?est donc fait comme elle le désirait, à la virgule près. Elle n?a eu besoin que de vingt-sept jours de tournage, matin et soir. Pour le rôle principal, elle voulait Bill Murray et personne d?autre. « C?est un acteur qui a la réputation d?être difficile. J?ai insisté. J?ai appelé tous ceux qui le connaissaient. J?ai laissé des messages sur sa boîte vocale presque tous les jours. Je lui ai envoyé des lettres, des photos, des pages de scénario. Ca a duré presque neuf mois. Bill Murray s?est finalement laissé séduire, » explique-t-elle dans un magazine.

« Tout le monde s?extasie sur le fait qu?elle réussisse en étant la fille de son père. Mais son talent, c?est d?imposer une vision de femme sans compromis. Il y a si peu de réalisatrice à Hollywood, » explique Zoe Cassavetes, sa meilleure amie, la fille de John Cassavetes. « Dans notre famille c?est naturel de devenir artiste. La question se pose à peine. C?est noble et honorable. Ca m?a sans doute arrangée qu?on ne m?ait pas prise au sérieux, ça me laissait la latitude de surprendre. »

<B>Envie d?être actrice</B>

Au moment de créer un film, Sofia Coppola s?investit totalement. C?est une habitude développée alors qu?elle n?était qu?un bébé. Trois semaines après sa naissance, elle faisait sa première apparition à l?écran, dans la scène du baptême du Parrain. A quatre ans, elle récidive dans Apocalypse Now. « Sofia crie « action » toujours. Elle fait semblant d?avoir une caméra et de faire le point entre ses doigts, » écrit sa mère Eleanor dans son journal intime.

Mais déjà, au fond d?elle, Sofia sait qu?elle n?a aucune envie d?être actrice. Elle écoute Prince et commence à imaginer des films et des costumes flamboyants. Ses journées d?adolescente timide s?écoulent sans heurts. « J?ai un peu grandi au milieu de nulle part. J?étais attirée par la vie plutôt ordinaire de mes amis, les banlieues bourgeoises telles que je les ai montrées dans Virgin Suicides, ça m?intriguait. Mon enfance n?avait rien de normal. » A douze ans, elle joue sous la direction de son père dans Rusty James. A dix-huit ans, elle remplace au pied levé Winona Ryder dans le Parrain III.

Sofia Coppola aime le rêve. Elle rêve de cinéma et rêve de montrer le monde comme elle l?a rêvé. « Quand on aime la romance, on aime l?illusion, le métier de cinéaste, c?est de créer des illusions. » Devenue adulte, Sofia Coppola, s?intéresse au dessin, au design, à la mode, à la musique et à la mode. Elle est stagiaire chez Karl Lagerfeld, elle créé sa propre griffe (www.milkfed.jp), avec son amie Stéphanie Hayman. Elle a également été photographe de mode et animatrice d?un show télévisé avec Zoe Cassavetes. «J?avais de multiples centres d?intérêt. Je ne m?investissais nulle part, c?était frustrant. »

Mais aujourd?hui, Sofia Coppola a trouvé sa voie : la réalisation. Son registre doux-amer séduit. Il éclaire sur un monde très personnel et impressionnant. Virgin Suicides abordait de manière subtile et poignante, la mort accidentelle de son frère Gian Carlo, décédé à trente-trois ans. Dans Lost in translation, elle décrit avec clarté, la crise existentielle d?une jeune fille de vingt ans et celle d?un acteur quinquagénaire adulé. Il n?y a pas de conflits de génération, juste des expériences intimistes et personnelles que vont vivre ces deux personnages, dans un pays où ils ignorent tout des coutumes et de la langue.

Sofia Coppola est ainsi au c?ur d?un cinéma que son père appelait « une communauté d?artistes qui s?investit tous azimiuts, passant en un clin d??il, de la mode au graphisme et de la musique au cinéma. » Et dire qu?elle n?est qu?à son deuxième film ! Son troisième film mettra en image la vie et l??uvre de Marie-Antoinette, Reine de France et fille de François 1er, avec Kirsten Dunst dans le rôle titre. C?est que Sofia aime les femmes au grand destin !

Publicité