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L?Opérap d?Awadi
Dans une petite salle, l?échange artiste-public est plus facile. La température monte plus vite. L?ambiance décolle à la fête.
Le centre Charles Baudelaire, a aussi prévu une première partie, comme à son habitude. Idéal pour se mettre dans le bain et pour bien attaquer une soirée dédiée au rap, au hip hop, aux mots et aux maux, d?Afrique et d?ailleurs.
Les jeunes mauriciens qui se sont produits ont enflammé l?humeur de leurs amis présents dans la salle et impressionner une bonne partie du public.
Les textes du groupe NSI et les virevoltes des break-dancers de Alliance Suprême ont vite fait de charger l?air d?électricité, avant que n?entrent le grand Awadi et son équipe.
Le DJ lance le rythme. Baskets et costumes traditionnels, et nous voilà plongés dans l?univers d?Awadi, prix RFI 2003 et figure incontournable du rap africain.
Sa force, le métissage. Métissage des genres, musique traditionnelle et hip hop, mélange des cultures, des langues. A la place d?un beat normal, c?est ici le djembé qui bat la mesure et entraîne le mouvement. Du rap 200% africain, comme ils disent.
Aussi magique, les chansons chantées par les choristes. Une chanson pygmée, portée par une voix chaude, et une musique faite avec des petites bouteilles d?eau.
Chaque élément du groupe apporte sa pierre à l?édifice. Tous un peu fous, tous un peu géniaux. Il y a Awadi, tout de blanc vêtu, un géant élastique, une princesse rasta, un rigolo qui joue de la cora plus vite que son ombre, un petit fou, qui joue du djembé, des bouteilles, chante dans les graves, dans les aigus et offre un grand sourire, qui déchire.
Le rappeur sénégalais nous a offert un spectacle revigorant, coloré. Awadi en concert à Maurice, c?est une révélation pour ceux qui ne le connaissaient pas et une consécration pour ses fans mauriciens, à qui il a chanté quelques-uns de leurs morceaux préférés.
Un show époustouflant par la maîtrise scénique, même sur une petite scène, un très bon jeu de lumières, des solos de chant, danse, instruments traditionnels et une claque à l?écoute de son engagement. «Le président t?oublie : oublie le Président ».
«Il paraît que vous avez des élections bientôt », demande-t-il, avant de donner ses conseils, en musique, en rythme. ?Voter ça veut dire quoi ? C?est pour quoi ? Et c?est pour qui ?? Voilà la leçon d?Awadi.
Si ça ne va pas, alors «Stoppez-les». Lui, heureusement, personne ne l?arrête. A peine une chanson se termine qu?une autre démarre avec autant sinon plus d?énergie.
Awadi, au mic?, interpelle le public, le stade, même les «bourgeois» qui ne se bougent pas. Au bord de la scène, les jeunes artistes de la première partie se rapprochent et s?en donnent à c?ur joie. C?est aussi un peu leur soirée.
Le plancher du Conservatoire manque de s?effondrer à plusieurs reprises. Les danseurs d?Alliance Suprême remontent alors sur la scène pour de nouveaux tourbillons et sauts acrobatiques. A la fin du concert, la salle est en feu mais le concert se termine, avec quelques titres en rap.
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