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L? OTAN et L?UE vont s?impliquer au Darfour

21 mai 2005, 00:00

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Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l?Union africaine (UA), a eu, à Bruxelles, des entretiens avec le secrétaire général de l?Organisation du traité de l?Atlantique Nord (Otan), Jaap de Hoop Scheffer, et le haut-représentant de l?Union européenne (UE) pour la politique étrangère, Javier Solana, a obtenu l?accord des deux organisations à sa demande d?aide logistique.

Celle-ci porte sur le transport de troupes, les moyens de communication, l?hébergement des soldats de l?UA au Darfour et la formation. «Les hommes présents au Soudan seront uniquement des troupes africaines» , a affirmé Alpha Oumar Konaré, qui qualifie de «partenariat non exclusif» les relations entre l?UA et les différentes organisations internationales.

Déployée en 2004, la mission de l?Union africaine a été essentiellement soutenue, logistiquement, par l?Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Washington a toujours poussé pour que l?Otan s?implique dans le règlement de la crise, alors que la France y était réticente, estimant qu?il s?agit davantage d?une mission pour l?UE.

L?«africanisation» du règlement des conflits sur le continent, qui passe par un partage des tâches - l?Afrique fournissant les hommes, la communauté internationale les moyens de leur déploiement -, est le théâtre d?une lutte d?influence discrète.

En annonçant la décision de son organisation, Jaap de Hoop Scheffer, a précisé que l?Otan va «examiner ce qu?elle peut faire», «en pleine transparence avec l?Union européenne» .

Selon une source européenne en charge du dossier, «c?est une mouche américaine qui a piqué Alpha Oumar Konaré pour qu?il demande, subitement, l?aide de l?Otan. Il a subi des pressions politiques importantes pour en arriver là, sans consulter la plupart des pays membres de l?UA, qui s?y seraient opposés».

<B>Aide logistique</B>

Une réunion à Addis Abeba, le 26 mai, devrait fixer les rôles respectifs de l?UA, de l?Union européenne, de l?Otan et des Nations unies au Darfour, notamment en termes financiers, alors que l?UA a prévu de doubler les effectifs de sa mission, qui devrait atteindre 7 731 hommes, contre 3 320 actuellement.

Le Canada s?est déjà engagé à participer au fonctionnement de la mission à hauteur de 170 millions de dollars canadiens (106 millions d?euros), tandis que les financements divers de l?Union européenne se montent à quelque 120 millions d?euros, représentant environ la moitié de son coût actuel.

Pour l?heure, les membres de la mission se sont déployés dans neuf secteurs du Darfour, une région grande comme la France, où leur présence, selon un observateur régional «a un effet visible, mais limité», sur la sécurité des populations civiles.

Sur le terrain, les opérations militaires sont au point mort depuis plusieurs mois. Les derniers combats entre rebelles et troupes gouvernementales remontent au mois de janvier.

En revanche, la situation des deux millions de déplacés, qui se trouvent, pour la plupart, dans des camps sous contrôle gouvernemental, où ils sont victimes de nombreuses exactions, n?a pas évolué. Seule lueur d?espoir : le règlement politique de la crise du Darfour, en panne depuis plusieurs mois, a reçu un nouvel élan.

<B>@ 2005 Le monde-AFP et Reuters Distribué par The New York Times Syndicate par Jean-Philippe RÉMY</B>

<B>Le sommet africain de Tripoli s?achève sur des négociations intersoudanaises</B>

Le sommet africain de Tripoli s?est terminé, mardi 17 mai, sur l?annonce d?une reprise des négociations entre Khartoum et les rebelles du Darfour. Les négociations sur cette région de l?ouest du Soudan, suspendues depuis décembre, reprendront donc le 30 mai au Nigeria sous l?égide de l?Union africaine (UA), a annoncé le ministre de la coopération et de l?intégration nigérian, Lawan Gana. Un premier communiqué officiel, publié à l?issu du sommet, avait appelé les parties concernées (rebelles et gouvernement central) à «envoyer des délégués mandatés au plus haut niveau» à ces négociations et demandé aux Etats ayant participé au sommet «l?envoi de délégués chargés de réduire les obstacles» qui pourraient se dresser devant les négociateurs. Le communiqué rejette également toute intervention étrangère au Darfour et appelle par ailleurs les Etats africains à «mettre à la disposition de la mission africaine au Darfour ce qu?il faut d?hommes».Il y est également demandé à la «communauté internationale d?apporter son soutien logistique à cette mission dans trois domaines : transport, équipements et communications». Il demande en outre aux parties en conflit de «respecter les accords de N?Djamena sur le cessez-le-feu au Darfour, (...) ainsi que les deux protocoles d?Abuja sur les questions sécuritaires et humanitaires», et les presse de «coopérer avec l?Union africaine et la mission africaine [au Darfour] pour assurer la supervision du cessez-le-feu et établir des zones de regroupement des groupes armés».

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