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«Ramgoolam est jaloux de Bérenger»
● <B>À ce stade de la campagne, comment évaluez-vous le travail déjà accompli sur le terrain par l?alliance Mouvement socialiste militant (MSM)- Mouvement militant mauricien (MMM)-Parti mauricien social démocrate (PMSD) ?
Le train est en marche? Depuis 2000, l?alliance MSM-MMM-PMSD mène une action politique sur le terrain, chaque parti en fonction de sa structure de fonctionnement. Les trois partenaires se rejoignent ensuite sur place. J?ai toujours dit à Navin Ramgoolam, le leader de l?Alliance sociale, de ne pas fer fezer parce que le Parti travailliste (PTr) n?a pas le monopole du terrain. Le MSM a montré, à sa façon, sa capacité de mobi-lisation lors de son congrès. De son côté, le MMM est, d?après les sondages, le premier parti de Maurice. Et en tant que responsable de l?organisation du parti, je suis bien placé pour connaître sa force politique. Bare la kes, PTr ! Sans tambour ni trompette, les différents comités d?organisation se sont mis au travail, indépendamment de la constitution de la liste des candidats. Nous savons quelle direction prendre et comment atteindre notre objectif, celui de diriger de nouveau le pays.
<B>● Comment avez-vous procédé jusqu?à présent et qu?est-ce qui devrait changer après le «Nomination day» ? </B>
La liste des candidats est désormais officielle tout comme la liste des meetings nationaux dans chaque circonscription, avec les deux leaders. Le premier meeting sera à Rose-Belle, le 27 mai. Le 1er juillet, il y aura deux meetings, un à Rose-Belle et l?autre à Rose-Hill. Auparavant, il y aura un grand meeting à Quatre-Bornes. à partir d?aujourd?hui, il devrait donc avoir plus d?animation. Nous allons faire preuve d?imagination. Il y a une stratégie de campagne, à travers la télévision, la radio. Nous discutons en équipe et notre stratégie vise la victoire. Navin Ramgoolam réclame le changement. Nous disons : avec lui, il y aura un bouleversement. J?ai goûté du Navin entre 1995 et 2000, je l?ai connu en campagne, comme Premier ministre et, en tant que politicien mais aussi en tant que père de famille, je dis : non, pas lui encore !
<B>● Quel a été l?impact du meeting du1er mai sur la campagne électorale ? </B>
Cela a été le coup d?envoi de la campagne de mobilisation. Une mobilisation qui a apporté un premier démenti à tous les faux observateurs qui disaient que l?alliance MSM-MMM avait du retard sur l?Alliance sociale et son ramassis de partis.
<B>● Comment analysez-vous le clivage entre villes et campagnes ? </B>
L?opposition essaie de capitaliser là dessus. Cela varie en fonction des régions. Dans le Nord, dans l?Est ou dans le Sud, il y a des régions «rouges». Mais globalement, je ne vois pas ce clivage. Notre campagne est nationale. Je suis fier de voir la réaction dans certaines régions où je vais. Le PTr croit dans un mirage. En ce qui me concerne, je ne vois pas aucune ingratitude de l?électorat. Nous avons travaillé très dur et je sens une reconnaissance. Mais ce qui me rend triste, c?est que depuis 2000, tout de suite après sa défaite, Navin Ramgoolam a développé une jalousie envers Paul Bérenger, comme vice-Premier ministre puis comme Premier ministre. Le PTr et lui ont pris une orientation communale, lorsqu?ils se sont mis à critiquer le deal Illovo, la réforme de l?éducation ou le travail du Trust Fund pour les groupes vulnérables? Mais lorsqu?il parle du grand capital, il ne mentionne pas ses propres fréquentations et essaie de jouer sur l?émotion des gens. Au final, c?est la majorité qui décidera. Elle va choisir la compétence, le sérieux et ce choix sera déterminant. Nous ressentons ce mouvement qui dit non au retour de Navin Ramgoolam et du PTr à la gestion du pays.
<B>● Certains observateurs estiment que les scores seront serrés au moment du décompte final?</B>
J?attends le coup de sifflet final et je crois dans la force de l?alliance gouvernementale. Nous sommes sur le terrain, nous rencontrons les gens. Mais je ne dis pas que l?Alliance sociale ne fait pas le poids dans certaines circonscriptions?
<B>● Les négociations avec votre partenaire, le MSM, pour dresser la liste des candidats n?ont-elles pas été trop difficiles ? </B>
Nous sommes heureux d?avoir complété la liste. Dans toute négociation, il y a des propositions. C?est bien que les deux grands partenaires soient présents dans toutes les circonscriptions. Il y a aussi des permutations. Nous sommes une équipe d?hommes et de femmes regroupés autour d?une vision.
<B>● Comment s?est passé le départ de Françoise Labelle de la circonscription de Beau Bassin-Petite Rivière et son remplacement par un candidat MSM ? </B>
Shekar Naidu (le candidat MSM) a rencontré les activistes jeudi soir, à Beau-Bassin. Ils ont montré le même enthou-siasme qu?il y a trois semaines, lorsque nous avons démarré la campagne. Mais il est aussi normal qu?un député qui est habitué à travailler dans une circonscription trouve le changement difficile. La première réaction a été celle du soutien, mais après les explications, tout est rentré dans l?ordre. Et finalement c?est l?intérêt de l?alliance qui prime et Françoise Labelle continuera à servir dans la circonscriptionn° 16 comme elle l?a fait dans celle du n° 20. En politique, nous développons des amitiés et l?électorat sait reconnaître les vraies valeurs.
<B>● Certains disent que c?est vous, avec l?assise que vous avez au niveau national, qui auriez dû bouger?</B>
Si on me demandait de céder ma place à une femme, je le ferais sans hésitation. Si dans l?exercice de préparation de la liste, on m?avait demandé d?aller dans une autre circonscription, je l?aurais fait. Mais cela n?est plus d?actualité.
<B>● Ne craignez-vous pas l?argument communal dans la campagne électorale et comment songez-vous le contourner ? </B>
Dans une circonscription où la majorité des électeurs est issue de la population générale, un candidat d?une autre communauté a été élu à cinq reprises, dont deux fois en tête de liste. Je veux parler du n° 20 et de mon élection en tant que député. C?est une circonscription où le communalisme ne traverse pas. Au contraire, l?accueil réservé à Shekar Naidu à Chébel, Barkly, est extra. Je prends le pari que les résultats à Beau-Bassin et Petite-Rivière vont apporter un démenti à la campagne communale de l?Alliance sociale. Il n?y a pas de doute que nous allons y remporter la victoire haut la main. Il faut savoir se faire accepter par son action politique, la transparence et avoir un mind set mauricien.
<B>● Pensez-vous que ce principe est appliqué dans toutes les circonscriptions ? </B>
Cet exemple se répète ailleurs, dans le n° 8, notamment, où il y a une forte proportion d?électeurs hindous. Deven Nagalingum y est candidat et les résultats vont démontrer que c?est le travail qui rapporte des fruits.
<B>● Que pensez-vous de Pravind Jugnauth ? </B>
J?ai côtoyé Pravind Jugnauth en tant que collègue. Il a été excellent comme ministre de l?Agriculture puis aux Finances. Il peut relever les défis, il travaille dur et il a un grand avenir politique. C?est quelqu?un qui s?inscrit dans la durée.
<B>● Et comment voyez-vous l?avenir du MMM ? </B>
C?est une institution qui a marqué l?histoire de notre pays. C?est un grand parti et il le restera. Ce n?est pas innocemment que lorsqu?il annonce son retrait comme Premier ministre, Paul Bérenger souhaite se consacrer au parti. C?est une vision pour le long terme.
<B>● Quels défis attendent l?alliance MSM-MMM après les élections ? </B>
Il y a surtout les défis économiques. Ils figurent dans le programme qui sera bientôt finalisé. Quand la population nous donnera un nouveau mandat, nous ferons ce que nous allons annoncer. Cyber-île, développement portuaire, aéroportuaire, combat contre la pauvreté?
Mais personnellement, je pense que l?un des plus grands défis qui nous attendent c?est celui du transport, de la congestion routière. Déjà, il y a de grandes orientations avec le projet de métro léger.
<B>● Envisagez-vous une autre forme de coalition après le 3 juillet ? </B>
L?idée ne me traverse même pas l?esprit. Car je suis convaincu que nous allons gagner les élections avec une très bonne victoire. Ce qui va nous permettre de diriger le pays avec sérénité.
Propos recueillis par Thierry CHATEAU
«Si on me demandait de céder ma place à une femme, je le ferais sans hésitation. Si dans l?exercice de préparation de la liste, on m?avait demandé d?aller dans une autre circonscription, je l?aurais fait mais cela n?est plus d?actualité.»
«Le MMM est, d?après les sondages, le premier parti deMaurice. Et en tant que responsable de l?organisation du parti, je suis bien placé pour connaître sa force politique. ?Bare la kes?, PTr !»
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