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La baisse du prix du sucre exporté pourrait être plus sévère

21 mai 2005, 00:00

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La réforme du régime sucrier européen pourrait être une pilule plus amère que prévue pour l?industrie sucrière locale. Des fuites en provenance de la Commission européenne indiquent que la baisse du prix du sucre pourrait être plus importante que prévue.

La réduction de prix pourrait être de 39 % pour le sucre blanc et de 42 % pour le sucre roux. Maurice exporte principalement du sucre roux sur le marché européen. Ce serait un scénario catastrophique, estime l?industrie sucrière locale.

La première proposition de réforme présentée par la Commission européenne en juillet 2004 prévoyait une baisse de 33 % du prix du sucre blanc et de 37 % pour le sucre roux.

<B>Fuites dans la presse</B>

En juillet 2004, les fuites qu?avait publiées le Financial Times concernant la proposition de baisse du prix du sucre s?étaient avérées exactes par la suite.

La presse européenne, le Financial Times et Reuters, entre autres, évoquent une nouvelle fois des fuites autour d?un do-cument interne de la Commission européenne.

Officiellement, c?est le 22 juin que la Commission fera connaître ses propositions concernant la réforme du régime sucrier.

Selon les fuites publiées pour le sucre blanc, une première baisse de 25 % interviendrait en octobre 2007 avant une seconde, de 14 %, en 2008. La baisse sera plus importante, soit de 42 % sur le sucre roux, car l?Union européenne supprimerait l?aide aux raffineurs.

Pour les spécialistes, le choix du mois d?octobre pour la première baisse tend à rendre crédible les fuites publiées. C?est effectivement en octobre que les betteraviers européens commencent à replanter après la récolte. Une baisse de prix intervenant à ce moment précis inciterait les cultivateurs de betteraves à bien réfléchir avant de s?engager dans une nouvelle production.

A Maurice, l?industrie sucrière est en état d?alerte car les conséquences seraient plus graves que prévues. « Si ces fuites s?avèrent exactes l?impact serait beaucoup plus sévère pour Maurice et les producteurs du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP). Ce serait même catastrophique », déclare Jean Noël Humbert, secrétaire général de la Chambre d?Agriculture.

<B>Recyclage des betteraviers</B>

« Je souhaite que cette information soit fausse. Mais il se pourrait que la fuite ait été délibérée pour préparer le terrain. En tout cas, il reste un mois avant la présentation officielle des propositions de la Commission européenne et nous espérons que, d?ici là, elle tiendra compte des difficultés des ACP et qu?elle formulera une proposition plus raisonnable », poursuit Jean Noël Humbert.

Par ailleurs, il ressort quela Commission européenne compte proposer la création d?un fonds de restructuration de 3 milliards d?euros pour les betteraviers européens.

Ceux qui voudront abandonner leurs cultures de betterave et renoncer aux quotas de sucre qu?ils détenaient obtiendraient une compensation de plus de 700 euros par tonne de sucre. Ces ressources devraient aider ces betteraviers à se recycler dans d?autres productions. Ce programme sera étalé sur quatre ans.

Pour des analystes, cette proposition ressemble fort à une tentative d?acheter les pays européens dont les coûts de production de sucre sont élevés. Ces pays préféreront sans doute accepter la compensation et mettre une croix sur la production de sucrede betterave.

Si cela s?avère, ce serait un coup dur pour Maurice, qui compte justement sur le soutien de pays tels que l?Italie, la Grèce, l?Espagne ou la Finlande ? des producteurs aux coûts élevés ? pour s?opposer au plan de réforme du régime sucrier. Maurice et les ACP risquent de se trouver esseulés.

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