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La Russie s'éveille à l'Europe
Le CSKA Moscou, auteur d’un parcours de toute beauté en Coupe de l’UEFA, est entré dans l’histoire avec la conquête mercredi, sur terrain adverse, aux dépens du Sporting Portugal, 3-1, du premier trophée continental d’une Russie qui s’éveille à l’Europe du football.
A l’inverse, vaincu, le club lisboète, qui avait la possibilité d’offrir un troisième trophée européen en trois ans au Portugal après ceux du FC Porto (C3 en 2003, C1 en 2004), fâche un peu plus ses supporters avec les finales à domicile, moins d’un an après la désillusion de l’Euro.
“Il s’agit d’un moment extraordinaire pour le football russe”, s’enthousiasmait à chaud Valery Gazzaev, d’ordinaire peu démonstratif.
“Je suis fier de mon pays et de sa force. Nos enfants qui apprennent à jouer au football ont maintenant un exemple à suivre, ajoutait l’entraîneur russe. Et cette performance historique devrait stimuler tous les clubs russes qui joueront la Coupe de l’UEFA et la Ligue des champions.”
Mercredi soir, son CSKA, au terme de son 19e match européen de la saison, était parvenu à noircir enfin le palmarès d’une Russie jusque-là vierge du moindre trophée continental.
Rien d’une terre bénie
Cette fois, la Coupe d’Europe a bien pris la direction de Moscou, où elle a été accueillie – ainsi que les joueurs – par plusieurs milliers de supporters qui avaient déjà investi les rues de leur capitale à l’issue de la rencontre.
Ironiquement, le quotidien sportif portugais A Bola soulignait hier matin qu’il restait aux Russes à s’inventer une place “Marques de Pombal”, le lieu de convergence lisboète pour célébrer les exploits nationaux.
A priori, pour le football russe, le sol portugais n’avait en tout cas rien d’une terre bénie. En 2004, comme souvent, sa sélection n’avait effectué qu’un bref passage à l’Euro, éliminée avec deux défaites en trois matches dont une face au Portugal.
De cet Euro, les joueurs du CSKA avaient toutefois retenu une source de motivation. “J’ai fait passer le message que la finale de l’Euro pouvait se reproduire avec notre équipe dans le rôle de la Grèce”, tombeur 1-0 à Lisbonne du Portugal, soulignait le milieu Daniel Carvalho, l’homme du match.
Bousculé en première période - à l’image de son équipe – par les onze joueurs et les 45 000 supporteurs du Sporting – le Brésilien a scellé le sort de la rencontre en vingt minutes, distillant trois passes décisives (56e à 75e) au grand bonheur des 4 000 fans du CSKA présents à Alvalade.
Le reste de l’assistance, en vert et blanc, vivait, elle, un nouvel épisode du feuilleton portugais “défaite à la maison”. “Maison maudite”, titrait hier A Bola, en référence à l’Euro mais aussi à un match du Benfica remontant à 1983, en finale de C3, les deux fois dans le stade voisin de la Luz.
“Le football est injuste”, résumait le néo-international Luis Figo, venu soutenir le Sporting au même titre que le Premier ministre José Socrates et le président Jorge Sampaio.
Le sort est d’autant plus cruel pour les Vert et Blanc que cette finale s’ajoute à la perte du titre national, quatre jours plus tôt à l’issue d’un revers face au rival Benfica 1-0.
“C’est une immense tristesse”, soufflait le milieu Joao Moutinho. “On pouvait être champion et vainqueur de l’UEFA. Finalement, nous n’aurons ni l’un ni l’autre.”
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