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Sans surprise
de Nazim ESOOF
A la lecture des éventuelles listes des candidats des deux blocs politiques, le premier constat est relativement mitigé. Les deux principaux protagonistes jouent la prudence et la sécurité. Toutefois, dans la démarche, des différences subsistent. L?alliance MSM-MMM parle de l?équilibre entre jeunes et anciens alors que du côté de l?Alliance sociale, la stratégie mise en place est révélatrice de nouveaux fondamentaux du Parti travailliste.
Pas de surprise chez l?alliance gouvernementale. Aucune figure qui ne sorte véritablement du lot. La liste gouvernementale n?est pas véritablement allée chercher hors du sérail politique. Pas de personnalités médiatiques ou de la société civile pour bouleverser les repères classiques du bestiaire politique. Certains choix, certes encore inofficiels, traduisent l?obsessionnelle recherche du symbole et du bon profil. Rien de neuf donc sous le soleil et dans le c?ur politiques des blancs et mauves. Il y a, au contraire, tout lieu de croire que le maintien de certains sur la liste des investitures démontre l?étroitesse de la marge de man?uvre des dirigeants de l?alliance majoritaire.
Sauf pour les fils à papa et quelques ambitieux pour qui la réussite sociale et symbolique passe encore par une reconnaissance politique, il y a peu d?engagement de jeunes, pourvus d?un esprit critique et indépendant. L?attrait de l?engagement politique est bien minimal. La liste de l?alliance MSM-MMM en fait reflète la crise du régime politique et son caractère résolument endogamique. En même temps, elle rend compte du désenchantement de l?électorat.
Aujourd?hui, les électeurs attendent très peu du candidat. Deux termes génériques peuvent recouvrir les qualités de celui-ci : compétence et un minimum d?honnêteté. Il n?est plus attendu du politique, comme en d?autres temps, qu?il soit un prophète, voire un philosophe de la vie sociale. Aujourd?hui, le politique est réduit à gérer la désillusion. C?est tragique mais c?est la réalité. Le mirage d?une nouvelle espérance était bien apparu avec le dernier budget, mais bien vite l?essentiel a été oublié au profit de la dramaturgie électorale.
Dans ses choix, l?alliance MSM-MMM reste finalement fidèle aux canons classiques qui déterminent l?élaboration des listes. Avec deux leaders qui entendent tout contrôler, on garde quelques anciens ministres qui ont incarné l?esprit technocratique de ce gouvernement. Les élus de proximité conservent, pour la plupart, leurs investitures même si, dans certains cas, ils doivent subir la loi de la permutation. Du côté des nouveaux, ils semblent surtout être là parce qu?ils ont le ?bon profil?.
La liste des éventuels candidats MSM-MMM confirmera probablement l?électeur dans sa pratique de l?escarpolette électorale. Ce qui en soi n?est pas une mauvaise chose aussi longtemps que le choix de l?individu ne se fait pas seulement par rapport au critère d?appartenance à l?éthnie.
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