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L’opposition se présentera unie aux élections d’octobre

20 mai 2005, 00:00

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Quelque 600 invités dans les salons d’un grand hôtel parisien, dont seize ministres venus d’Abidjan, des dizaines de députés, de présidents de conseils généraux, de maires. Le rapprochement entre les formations politiques devait se concrétiser par l’adoption d’un document de 8 pages, “feuille de route” pour les prochaines échéances électorales.

Signée par le chef de l’ancien parti unique le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et ancien président de la République Henri Konan Bédié, par Alassane Ouattara, du Rassemblement des républicains (RDR), principal opposant au régime, ainsi que par les responsables de deux autres formations moins influentes, la plate-forme affiche, comme “objectif principal (...) la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat par la victoire à la présidentielle de 2005 et l’obtention d’une majorité parlementaire”.

Pour ce faire, les quatre formations indiquent qu’elles pourront présenter chacune un candidat à l’élection présidentielle, mais elles “s’engagent à soutenir, au second tour, le candidat arrivé en tête des partis signataires de la plate-forme”. Il s’agira ensuite, précise le document, de “gouverner ensemble dans un esprit d’équité et de responsabilité”.

Pour les élections législatives, est annoncée une “stratégie de candidature concertée ou commune pour avoir une majorité confortable (...) en vue de la mise en oeuvre de leur programme commun”. Une “liste concertée” est également prévue pour les élections locales et celles des conseils généraux.

Non sans habileté, les signataires de la plate-forme, qui se sont combattus sans merci dans les années 1990, ont choisi de placer leur rapprochement sous les mânes du “Père de la nation”, le président Félix Houphouët-Boigny, décédé en décembre 1993, dont ils revendiquent l’héritage caractérisé par une “recherche constante et patiente du consensus comme mode de résolution démocratique des conflits”. Les partis signataires de l’accord de Paris “s’engagent à s’inspirer de l’oeuvre inestimable (...) de Félix Houphouët-Boigny, afin de construire, pour les génération nouvelles, un autre avenir et faire fructifier son héritage», indique la «plate-forme pour le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP)”, leur sigle officiel.

Pour bien montrer leur attachement au président disparu et, peut-être, contrebalancer le choix de Paris, capitale de l’ancienne puissance coloniale, pour annoncer leur alliance, les quatre responsables de la plate-forme ont l’intention d’aller s’incliner ensemble avant la fin juillet si la réunification du pays est effective d’ici là devant la dépouille du président Houphouët-Boigny, qui repose dans un mausolée, à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne. Ce déplacement pourrait marquer le retour officiel de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara, contraint de quitter son pays, sous la protection de la France, au lendemain du putsch de septembre 2002.

Alliance politique pour la conquête du pouvoir, la plate-forme des “houphouëtistes” s’accompagne d’une série d’engagements dont celui de “traduire en justice tous les auteurs de violations des droits de l’homme (et) tous ceux qui incitent à la haine, à la violence et à la xénophobie”. A chaque Ivoirien, elle promet la délivrance d’une carte nationale d’identité et, plus généralement, la mise en place d’un “gouvernement de réconciliation nationale”.

Aucun des proches du président Laurent Gbagbo et de son parti, le Front patriotique ivoirien (FPI), contre lequel la plate-forme est dirigée, n’avait réagi, mercredi matin, à l’annonce de la signature de l’accord de Paris. Si elle est respectée, l’alliance des quatre formations constitue pourtant une menace sérieuse pour la réélection de Laurent Gbagbo. La formation du président sortant est minoritaire face aux formations qui soutiennent Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, ce dernier candidat déclaré à l’élection présidentielle.

C’est un “pacte diabolique”, ironisait, en début de semaine, Notre voie, le quotidien du FPI, le parti du chef de l’Etat, qui avait beau jeu de rappeler les luttes féroces que se sont livrés les signataires de la plate-forme au lendemain de la disparition du “Père de la nation”.

<B>Jean-Pierre TUQUOI

© 2005 Le monde.fr-Afp et Reuters Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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