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Pierce est toujours d'attaque
Depuis son triomphe parisien en 2000, Mary Pierce n'a plus jamais humé l'odeur d'un dernier carré de Grand Chelem mais elle sait qu'elle possède toujours le jeu pour inquiéter les meilleures.
Entre l'adolescente aux lunettes de collégienne et la femme mature, élégante à la ville, qu'elle est devenue, 15 ans se sont écoulés.
Après avoir disputé son premier Roland-Garros en 1990, Mary Pierce, 30 ans, s'apprête à disputer à partir de lundi ses 15es Internationaux de France, n'ayant fait qu'une infidélité en 2001.
“C'est dingue, ça fait beaucoup”, rigole-t-elle, consciente d'être une des quatre trentenaires membres du Top 50.
La Française a eu la confirmation qu'elle restait compétitive la semaine dernière à Rome où, en huitième de finale, elle a contraint la numéro deux mondiale Maria Sharapova à produire son meilleur tennis après une bataille de deux heures (7-6 6-4) qui a enflammé le public du Foro Italico.
<B>Grosse tête</B>
“A Rome, je me suis demandé si mon niveau n'était pas supérieur à celui que j'avais en 2000”, dit-elle. “La grosse différence, c'est que la concurrence est beaucoup plus forte. Pour revenir à ce match contre Sharapova, je l'ai perdu mais j'ai aussi l'impression de l'avoir gagné”.
Mary Pierce fait allusion à une popularité nouvelle. Ce jeudi soir-là, elle a eu droit à une ovation monstre des tifosi, conquis par sa volonté de durer face aux jeunes pousses du circuit, à qui elle rend régulièrement visite depuis plus de dix ans. “Ce qui s'est passé en Italie m'a vraiment touchée, émue”, dit-elle.
Mary Pierce, qui vient d'intégrer le Team Lagardère, en profite pour donner une leçon de bienséance à la star montante du circuit, Maria Charapova, qualifiée d'arrogante par la Belge Justine Hénin-Hardenne.
“Les gens aiment ce qu'ils voient mais aussi ce qu'ils ressentent”, dit le Française. “Vous savez, c'est bien de vouloir devenir la numéro un au classement, c'est bien aussi de l'être sur les courts. Je ne dirais pas que Maria est immature. Disons qu'elle est jeune et inexpérimentée. Mais quelle attitude j'avais à son âge ? Je ne sais pas. Mon frère dit que j'avais la grosse tête.”
Ce n'est plus le cas actuellement. Alors qu'elle compte 16 titres – dont deux majeurs – à son palmarès, Mary Pierce ne s'offusque pas de l'attention quasi exclusive accordée à Amélie Mauresmo.
“C'est normal que les gens s'intéressent à Amélie et Noah. Yannick a beaucoup d'expérience, il peut lui apporter quelque chose”, dit-elle avec le sourire.
Mary Pierce, 24e mondiale, se projette déjà sur la quinzaine parisienne.
“Il se passe quelque chose d'unique quand je suis à Roland-Garros”, confie-t-elle. “Je sens que mon meilleur tennis sort de moi. C'est mon tournoi préféré.”
Certains proches lui ont rappelé qu'elle remportait un Grand Chelem tous les cinq ans. Après Melbourne 1995 et Paris 2000, la suite arithmétique mène à 2005.
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