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Un mineur sur trois livré au monde du travail

19 mai 2005, 00:00

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“Un enfant sur trois est obligé de travailler avant l’âge de 18 ans”, indiquent les dernières statistiques datant de 1997. Près de deux millions de mineurs baignent dans le milieu du travail. Ces enfants sont livrés à divers types d’emploi, dont certains sordides. “Le petit commerce, la pêche, les travaux domestiques, l’exploitation minière, ou encore la prostitution sont les secteurs les plus touchés”, déplore un responsable du ministère de la Fonction publique, du travail et des lois sociales.

“Dans le secteur minier, les enfants creusent des mines d’or et se retrouvent dans des puits pouvant atteindre 60 mètres de profondeur, où les risques d’éboulement sont omniprésents”, a-t-on appris. Ces jeunes enfants travaillent durant des heures dans la chaleur et la poussière pour des pépites qui ne font que passer entre leurs mains.

Ceux qui font des travaux domestiques, sont souvent victimes de différentes formes d’exploitation et de mauvais traitements, physiques comme psychologiques, voire sexuels de leur employeur.

“Nombreux sont les facteurs qui entrent en jeu dans le travail des enfants”, estime le responsable du ministère. “Mais c’est la pauvreté qui s’avère être la raison majeure et omniprésente. Elle limite beaucoup les possibilités économiques et professionnelles, notamment dans les zones rurales, et pousse les familles à recourir à tous les moyens pour accroître leurs maigres revenus. Les enfants travaillent pour nourrir leur famille”, ajoute-t-il.

Par ailleurs, la forte demande des employeurs en quête d’une main-d’œuvre bon marché, particulièrement dans le secteur informel, y est également pour quelque chose.

À cela s’ajoute la soif d’argent qui pousse surtout les jeunes filles à se livrer à la prostitution.

Force est de constater que les enfants exposés au travail sont perdants sur tous les plans. Non seulement ils accomplissent des tâches dangereuses, mais les chances d’accéder à une éducation digne de ce nom leur échappent.

C’est dans le but d’éradiquer ce phénomène que le ministère de la Fonction publique, du travail et des lois sociales, en collaboration avec le Bureau international du travail (BIT), a conçu la politique nationale de lutte contre le travail des enfants.

à travers le projet IPEC, programme international pour l’élimination du travail des enfants, ils contribuent à l’abolition du travail des enfants à Madagascar et s’engagent à les tirer des pires formes de travail.

“Ce projet vise à assister le gouvernement malgache et les autres organismes clés dans la mise en place d’une structure de base pour l’élimination effective des pires formes de travail des enfants sur une période de 15 ans”, a-t-on reçu comme explication.

Dans le cadre du Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP), le rôle de l’IPEC est d’apporter son soutien à la mise en œuvre du plan national de lutte contre le travail des enfants.

L’objectif étant d’améliorer les connaissances sur la question, de renforcer la politique nationale contre le travail des enfants, de consolider le système éducatif et la formation professionnelle pour faciliter la réinsertion des enfants travailleurs ou ex-travailleurs.

Parallèlement, il s’agit de mener des actions directes contre leur exploitation, notamment dans les mines, les carrières, la prostitution, les travaux domestiques ainsi que dans le secteur rural et informel.

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