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Des normes comptables qui changent la vie des entreprises

18 mai 2005, 00:00

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Il suffit d’un traitement comptable différent pour que la performance financière des entreprises présentée dans les bilans change drastiquement. Les sociétés découvrent peu à peu l’effet des nouveaux standards de comptabilité sur leurs résultats. L’adoption des International Accounting Standards (IAS) – aussi connus comme les International Financial Reporting Standards (IFRS) – est désormais obligatoire après une période de transition accordée sous le Companies Act de 2001.

Les nouvelles normes ouvrent une nouvelle ère dans les pratiques corporatives. Elles visent à plus de transparence dans la manière dont les compagnies présentent et évaluent leurs différentes opérations, actifs et passifs.

La Banque de développement de Maurice (BDM) a vu ses pertes sur créances cumulées passer de Rs 264,2 millions en 2003 à Rs 809 millions en 2004. Les IAS 32 et 39 sont largement responsables de cet énorme décalage. Ces deux standards préconisent une nouvelle méthode pour constater les dettes irrécupérables sur les bilans. Les institutions bancaires dont l’activité primaire est l’allocation de crédits sont les plus exposées aux changements prévus.

Pour déterminer le montant de dettes irrécupérables, il faut au préalable évaluer la somme qu’il est possible de recouvrer auprès du client avec la liquidation des biens offerts en nantissement (garantie) à la banque. Selon la nouvelle méthodologie, les montants recouvrables sont estimés à leur valeur actualisée, au taux d’intérêt convenu au moment de l’emprunt. L’ancienne méthode prônait, elle, la valeur comptable des actifs.

<B>Échanges entre sociétés apparentées </B>

La reconnaissance de la valeur actualisée est nouvelle. Tout comme l’est la prise en compte du facteur temps, soit l’estimation de la période durant laquelle la garantie donnée par le client est effectivement liquidée. L’ancienne méthodologie ne tenait pas en considération le temps que prennent, par exemple, les procédures devant les tribunaux et ailleurs avant de conclure une liquidation.

“Les banques doivent maintenant évaluer les biens offerts en nantissement, juger le temps nécessaire pour les liquider et appliquer un taux d’actualisation. Il y a donc un gros impact sur les provisions pour les créances douteuses”, explique Derek Tsang, partenaire chez Kemp Chatteris Deloitte et président de la Society of Chartered Accountants (SCA) (Mauritius).

Les provisions supplémentaires rendues nécessaires par la nouvelle méthode de calcul sont déduites des bénéfices accumulés, d’où son impact sur les résultats.

Les entreprises devront aussi s’habituer à une nouvelle manière d’aborder la dépréciation de leurs équipements. L’IAS 16 postule une dissection plus détaillée de leurs fixed assets : les actifs concernés sont fragmentés en des composants distincts pour les besoins du calcul de la dépréciation. Des taux de dépréciation différents sont appliqués aux composants séparés selon leur durée de vie économique estimée. “Dans le cas d’un avion, par exemple, les moteurs, le fuselage et les sièges sont traités indépendamment, car ils n’ont pas tous la même useful economic life. Les compagnies qui ont beaucoup de machines seront les plus touchées par le IAS 16”, avance Derek Tsang.

L’IAS 24 est l’une de ces normes qui sont susceptibles de faire mal aux entreprises locales, puisqu’elle porte sur les transactions entre filiales d’un même groupe de compagnies. Ce standard permettra de voir plus clair dans les échanges entre sociétés apparentées.

L’adhésion aux IAS va dans le sens des principes de la bonne gouvernance dans la conduite des affaires. Les entreprises ont du pain sur la planche. De plus, les standards sont constamment remis à jour. La maîtrise des nouvelles techniques est un besoin inévitable pour les professionnels de la comptabilité. Par ailleurs, avec le nouveau cadre régulateur de la profession, notamment le Financial Reporting Council, le non-respect des règles est de moins en moins toléré.

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