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Bhadain veut sa réintégration et ses salaires impayés
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Bhadain veut sa réintégration et ses salaires impayés
Roshi Bhadain, ex-directeur des enquêtes à l?Independent commission against corruption (Icac), passe à la vitesse supérieure dans le bras de fer qui l?oppose à cette commission. Hier après-midi, il lui a fait servir une mise en demeure par l?intermédiaire de son avouée, Me Ayesha Jeewa.
Fort du jugement de la Cour suprême rendu vendredi, Bhadain initie cette nouvelle action légale pour faire état de deux revendications principales : le paiement de ses salaires (incluant bonus, gratifications et allocations) à partir du 23 décembre 2003, et sa réintégration immédiate à son poste. Le verdict de la Cour suprême condamnait sévèrement l?Icac pour le licenciement de Bhadain, jugé illégal. Il avait été suspendu de ses fonctions le 3 décembre 2003, et limogé 20 jours plus tard.
Interrogé par l?express hier, Me Yousuf Mohamed, senior counsel, qui représente Bhadain, indique que son client étudie aussi la possibilité d?engager des poursuites privées (private prosecution) contre l?Icac.
Roshi Bhadain est détenteur d?un diplôme d?expert-comptable (Fellow Chartered Certified Accountant ? FCCA) et d?une licence en droit (Bachelor of laws - LLB (Hons)). Le 7 mars 2003, il se joint à l?Icac en qualité de directeur des enquêtes. Le 3 décembre de la même année, les enquêteurs Jootun et Neerunjun, le secrétaire Nemchand et Jim Nielsen, consultant, entrent dans son bureau et lui remettent une lettre faisant état de sa suspension.
Ce jour-là, selon Bhadain, ces quatre personnes, agissant au nom de la commission, le harcèlent de façon dégradante et humiliante. Il aurait aussi été séquestré dans son propre bureau, pendant que les quatre passaient ses dossiers personnels au peigne fin. Ils ont même fouillé ses tiroirs et armoires. Ils retiennent ses clés de voiture et veulent aussi prendre son ordinateur portable. Les policiers du poste de Trou Fanfaron sont appelés par la commission pour l?arrêter.
Dans l?après-midi, Me Sanjeev Ghurburrun, qui remplaçait Me Yousuf Mohamed, se rend à l?Icac et demande à rencontrer Roshi Bhadain. L?accès lui est refusé. Ce n?est que vers 20 h 50, après l?intervention de Me Mohamed, que Bhadain est autorisé à quitter les bureaux de l?Icac. Selon un accord conclu, il laisse son ordinateur portable aux policiers présents, étant entendu que l?appareil sera ensuite conservé au bureau du commissaire de police. Une demi-heure plus tard, Bhadain quitte les locaux de la commission à bord d?une voiture privée, ayant rendu le véhicule officiel.
Pour contester la décision de l?Icac de le suspendre, Roshi Bhadain réclame une judicial review en cour. Sa motion est déposée le 22 décembre 2003, et le lendemain, il reçoit sa lettre de licenciement. Il amende ainsi sa demande en cour pour y inclure la suspension et le licenciement. Et, le 13 février 2004, la Cour suprême lui donne gain de cause et l?autorise à inclure les amendements demandés dans sa motion.
Le chef juge suppléant Bernard Sik Yuen et le juge Bushan Domah ont entendu le procès les 18 et 19 janvier dernier. Dans leur jugement, rendu le 13 mai, ils renversent la décision de l?Icac de limoger Roshi Bhadain.
Le même jour, Roshi Bhadain se rend à l?Icac pour reprendre son poste, mais l?accès lui est interdit par les chefs des enquêtes Peerun et Dawoodharry, agissant sous les instructions de la commission.
Il a ainsi pris la décision d?engager la procédure initiée hier après-midi. Selon Bhadain, l?Icac a commis un outrage à la Cour suprême en lui interdisant de reprendre son travail. Il considère que la commission a illégalement ?brought his career to a halt?.
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