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Dix bougies pour l?IDP
L?Institut pour le Développement et le Progrès (IDP) célèbre avec éclat sa première décennie d?existence, à la mi-mai 1980. La cérémonie d?anniversaire se déroule au MGI, en présence du ministre du Plan, Robin Ghurburrun, de Mgr Jean Margéot et du président de l?IDP, Anthoni Brasse. l?express surtitre à bon escient : ?Les deux visages de l?île Maurice? : d?un côté il y a le ?bouquet de fraîcheur et d?espoir? de l?IDP et de l?autre les ?passions politiques et communales? du PTr à Mare Dalbert. L?ancien ministre épinglé Badry critique avec violence Victor Glover. Cette attaque en règle soulèvera des réactions favorables à ce juge et néfastes au PTr.
Tournant résolument le dos aux bassesses racistes de certains députés en perdition, Anthoni Brasse réaffirme le plus fort possible la foi idépiste dans le mauricianisme. l?express parle même d?une ?apothéose dans cette île Maurice en gestation dans ce qu?elle a de meilleur à léguer aux générations à venir?. Mgr Jean Margéot prend la parole en tant que ?témoin privilégié de la croissance de l?IDP? : ?Je sais combien l?IDP est capable d?apporter sa pierre à l?édification de la nation mauricienne?. Il le félicite pour son action fondée sur une philosophie de la primauté de l?Homme. Il loue ses efforts pour inciter de simples citoyens à devenir parties prenantes de l?exécution d?un plan national. Il demande aux responsables politiques de privilégier autant que possible le développement communautaire. L?IDP a su pendant dix ans mobiliser l?enthousiasme et la générosité de beaucoup de jeunes, promouvoir le mauricianisme, mettre au point une méthode efficace et dynamique d?action communautaire. L?IDP cherche à stimuler les forces vives qui sommeillent en nous, à susciter des responsables c?est-à-dire des hommes faisant face aux épreuves se dressant sur leur route et cherchant courageusement de vraies solutions. L?île Maurice a besoin de cet esprit idépiste présent dans le c?ur de chacun de ses enfants. Elle a besoin des citoyens self-reliant que sait susciter l?IDP. Il fait l?éloge de ses sessions de formation, de ses travailleurs sociaux, de ses cours de perfectionnement ouverts à tous. Il loue en particulier l?aide qu?il apporte à l?APPIM et aux Credit Unions, puissant outil social pouvant subvenir aux besoins des plus malheureux.
A la base de cet esprit de service des autres, de partage dans le volontariat, illustrant la philosophie du self-help et du développement intégral de l?homme, il y a la présence inlassable et efficace des deux co-fondateurs de l?IDP : Mgr Amédée Nagapen et Jean-Noël Adolphe, deux animateurs hors pairs formés par le Coady Institute d?Antigonish, Canada.
Pour Jean-Noël Adolphe, pas de doute possible : on ne peut servir vraiment les pauvres si on ne s?identifie pas à eux. Il raconte. En 1963, il fait partie des Young Ones, un groupe de jeunes sachant s?amuser et organiser leurs loisirs. Des distributions de vivres dans des villages excentrés lui font découvrir le devoir de solidarité envers les plus pauvres. Des amis, Michael Atchia, Jean Maurice Labour, Hervé Sylva, José Allet l?encouragent à créer le mouvement M 25 pour que des jeunes puissent se mettre au service des Mauriciens dans le besoin (M comme Matthieu, l?évangéliste, et 25 comme ce chapitre disant, entre autres : ?Ce que vous avez fait ou refusé aux plus pauvres c?est à Moi que vous l?avez fait?). En pleine bagarre raciale de 1968, on lui demande d?être responsable d?un centre de refuge à Richelieu. Il côtoie jour et nuit ceux qui ont tout perdu du jour au lendemain. 24 heures sur 24 à accueillir des réfugiés, venant de partout et n?ayant rien pu sauver de ce qu?ils possédaient auparavant. Il permet, depuis, que la misère d?autrui traverse et remplisse sa vie et celle de son épouse. Il l?autorise à la remettre perpétuellement en question. Il finit par découvrir deux constantes : il y aura toujours des pauvres et des c?urs généreux désireux leur venir en aide. Ce qui manque souvent c?est le moyen de les faire se rencontrer. D?où son désir de créer l?IDP pour inventer de nouvelles formes de dévouement. Exemple : l?Opération anti-casseurs. Ce qui importe c?est d?inventer de nouvelles structures motivantes pour remplacer celles désuètes ayant perdu leur pouvoir de mobilisation. Les jeunes recherchent des structures accueillantes, intéressantes. Ils ont besoin d?emballement, de structures à esprit jeune. Ils sont allergiques à ce qui est morne et triste. Les jeunes s?intéressent à ce qui les intéresse. L?essentiel demeure que ceux qui ont reçu plus aident ceux ayant reçu moins. Il insiste sur la notion de self-help en partant du principe qu?on n?aide pas quelqu?un pour le laisser dans sa misère mais pour l?en faire sortir. Il sera toujours plus utile d?apprendre à quelqu?un à pêcher pour qu?il puisse manger à sa faim tous les jours plutôt que de lui donner un poisson et le rassasier pendant un seul jour.
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