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Le travail : entre casse-tête et stigmatisation

16 mai 2005, 00:00

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?Travailler c?est trop dur et voler c?est pas bon. Demander la charité c?est quelque chose que j?peux pas faire.? Les paroles popularisées par Julien Clerc ont servi le propos d?Alain Muneean, vendredi au théâtre de Port-Louis. C?était à l?occasion de la conférence débat, organisée par le Centre culturel mauricien (CCM) dans le cadre de la journée internationale du travail.

Récemment reconstitué, le conseil d?administration du CCM est placé sous la présidence de Jocelyn Chan Low. Il avait auparavant rempli les fonctions de directeur du centre.

En guise de préambule à cette conférence débat qui réunissait Issa Asgarally, Darma Mootien et Alain Muneean autour d?une même table, Jocelyn Chan a fait une déclaration d?intention sur les objectifs du CCM.

<I>?(...) l?histoire de Maurice est basée sur la recherche de la main-d??uvre. C?est une histoire pavée de souffrances terribles. L?histoire des travailleurs doit être revalorisée.?

Il a annoncé que le centre comptait se lancer dans la collecte de témoignages, afin de constituer la ?mémoire orale du travail à Maurice.? Jocelyn Chan Low a affirmé que ?nous voulons promouvoir l?identité culturelle plurielle. Il faut le reconnaître, l?histoire de Maurice est basée sur la recherche de la main-d??uvre. C?est une histoire pavée de souffrances terribles. L?histoire des travailleurs doit être revalorisée.? Le président du conseil d?administration du CCM n?a pas manqué de signaler les grandes dates qui ponctuent le calendrier du centre : le 12 mars, le 1er février et le 2 novembre.

Dans la foulée, Alain Muneean du Grup Abaim, dernier intervenant de l?événement, à, guitare en bandoulière, établi un constat effrayant : ?les lois du travail n?ont pas évolué, elles viennent du Code Noir.? Exploitation, aliénation, les deux ?lake fer blan? des travailleurs ont retenu son attention.

Idem pour Darma Mootien qui a pris la parole au titre d?artiste engagé et de président du Trust Fund for Vulnerable Groups. L?intervenant a retenu l?attention de l?auditoire majoritairement estudiantin avec sa vision de ?l?art social. La liaison entre le monde du travail et celui de la création artistique.? Il n?a pas manqué de rappeler la stigmatisation du séga, ?ki pa ti rent dan tou salon.? Il a aussi évoqué le temps où seules les pièces de Shakespeare ou de Molière étaient montées sur les scènes mauriciennes, parce que les pièces en créole étaient mal vues.

L?émancipation du créole hors des carcans a, selon lui, crée une autre classe d?artistes engagés qui ont libéré la parole. Citant les frères Joganah et Micheline Virahsawmy entre autres, Darma Mootien a souligné le rôle de leurs textes comme ?arme de prise de conscience pour la classe des travailleurs et l?appeler à la solidarité.?

Dans la veine littéraire, Issa Asgarally a fait un large tour d?horizon de la représentation du travail dans la peinture, la littérature et le cinéma. Citant à tour de bras Germinal de Zola, Les raisins de la colère de Steinbeck ou Lal Pasina de Abhimanyu Unnuth, il devait préciser les contours qui différencient culture et folklore. Il a saisi l?occasion pour proposer la création d?un musée du travail où serait conservée la mémoire du travail.

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