Publicité

Le bazar

16 mai 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est le comble du cynisme et de l?irresponsabilité. Une organisation syndicale a menacé de donner l?ordre à ses membres de ne pas publier les bulletins de vote pour les législatives si un litige qui l?oppose à son employeur, l?Etat, n?est pas réglé à sa satisfaction. Ce honteux marchandage n?est pas un cas isolé. De nombreux autres cas empoisonnent le climat politique même si aucun d?entre eux n?est allé jusqu?à prendre en otage le processus électoral.

Les dirigeants syndicaux de l?imprimerie du gouvernement avaient en effet menacé de ne pas imprimer les bulletins de vote si le contrat du ?government printer?, Sylvio Empeigne, était prolongé. C?est seulement quand le Premier ministre leur a informé qu?il n?était pas dans son intention, de toute façon, de renouveler ce contrat qu?ils se sont rétractés.

Ce chantage sur le dos de la démocratie est du même acabit que celui qui était souvent pratiqué, dans le passé, par le syndicat de l?enseignement primaire. A l?approche de l?examen du CPE, celui-ci brandissait la menace d?une grève si leurs doléances n?étaient pas satisfaites. Que des gosses de 10 ans auraient pu être des victimes de leur surenchère ne semblait pas inquiéter outre mesure les dirigeants syndicaux !

Il est dans l?ordre des choses qu?à la veille des élections des groupes fassent pression pour forcer les partis politiques à préciser leurs positions sur un certain nombre de questions. Par exemple, la demande de la MFPA auprès des partis politiques pour un engagement en faveur du droit des femmes à l?avortement est légitime. En revanche quand il y a des revendications catégorielles et que ces demandes sont doublées d?une menace pouvant paralyser une institution nationale, cela relève du plus mauvais goût. De tels marchandages de bazar faussent l?enjeu du scrutin.

De même, il suffit d?assister à ces réunions nocturnes organisées à travers le pays en cette période pour se rendre compte combien impudiques peuvent être certains électeurs. Sans scrupule, ils posent comme condition de leur soutien, l?obtention de quelques faveurs personnelles. Les questions d?intérêt national ne sont pas au rang de leurs priorités. S?ils apostrophent en public les dirigeants, c?est pour réclamer, l?asphaltage d?une rue, l?installation d?un pylône électrique ou un emploi dans le secteur public ou parapublic.

Ce comportement peu digne est parfois induit par les politiciens eux-mêmes. A la veille des élections, ils se livrent à des pratiques éhontées de clientélisme. Ils sont prêts à distribuer des cadeaux ou à effectuer des nominations symboliques en échange d?un support électoral.

Ce qui est pire, c?est que des politiciens ont donné le mauvais exemple en montrant qu?ils n?ont aucune difficulté à marchander leur loyauté envers tel leader ou leur appartenance à telle alliance. Pour demeurer dans l?Alliance sociale, Xavier Duval avait réclamé et obtenu un engagement à l?effet qu?il sera nommé vice-Premier ministre dans un éventuel gouvernement Ramgoolam. De son côté, l?alliance MSM-MMM bute contre des problèmes autour de la répartition des investitures. Visiblement, c?est sur la base de marchandage de postes que sont négociés les accords politiques.

L?opportunisme des syndicats et des électeurs n?est pas très différent de celui des politiciens. Ceux-ci font souvent des grandes déclarations d?intérêt national qui sont porteuses d?espoir puis élaborent des manifestes où ils promettent aux électeurs de voyager gratis et de ne pas payer des impôts?

Publicité