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Réactions contradictoires après l?intervention de Chirac
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Réactions contradictoires après l?intervention de Chirac
Le nouveau plaidoyer télévisé en faveur du oui au traité constitutionnel européen auquel s?est livré, le président français Jacques Chirac a été jugé ?convaincant?, par ses partisans mais dénoncé par les tenants du non comme un exercice de ?propagande? et de ?bourrage de crâne?. Chirac est intervenu pendant cinquante minutes sur la chaîne publique France 2, répondant aux questions de deux journalistes.
Pour le parti du président, l?Union pour un mouvement populaire, Chirac, ?clair et argumenté?, a montré de la ?force de conviction? et a ?fait preuve de pédagogie et de combativité?. ?Il a démontré que les Français, plus que tous les autres, doivent être fiers des valeurs contenues dans la Constitution européenne?, a déclaré l?UMP dans un communiqué. Le président du groupe UMP à l?Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a estimé que Chirac avait adressé aux Français un message ?convaincant, clair et volontaire?.
L?Union pour la démocratie française (UDF), parti de centre droit favorable au oui mais souvent critique envers Chirac, a lui aussi salué ?un ton convaincant et engagé?. L?émission du président ?était beaucoup plus utile et plus structurée que sa précédente intervention télévisée? sur le traité constitutionnel, a estimé le porte-parole de l?UDF, François Sauvadet.
Le Parti socialiste (PS) ? où les militants se sont prononcés en majorité pour le oui lors d?une consultation interne mais dont plusieurs responsables font campagne pour le non ? ne s?est pas prononcé sur la qualité de l?intervention, lui reprochant simplement d?être tardive. ?Sur l?Europe, Jacques Chirac explique aujourd?hui ce qu?il aurait dû expliquer depuis dix ans?, a déclaré le PS dans un communiqué.En revanche, le député PS Henri Emmanuelli, partisan du non, a accusé le président français de ?cynisme?. ?Chirac a pu se livrer en toute impunité à un exercice de bourrage de crâne, accumulant les mensonges et les contrevérités?, a déclaré M. Emmanuelli.
L?incroyable toupet
Pour le sénateur Jean-Luc Mélenchon, autre tenant socialiste du non, Chirac ?s?est adressé aux personnes qui n?ont pas lu le texte de la Constitution, avec l?espoir qu?elles ne le fassent jamais?. ?On a parfois l?impression qu?il s?agit moins d?un référendum que d?un ?propagandum??, a déclaré au quotidien 20 Minutes à paraître mercredi 4 mai Laurent Fabius, numéro deux du PS et ancien premier ministre, favorable au non.
Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé ?l?incroyable toupet? du président Chirac, qui, ?au mépris de la vérité, au mépris du texte, a choisi, pour sa deuxième séquence de propagande proconstitutionnelle, la contrevérité et l?insulte?.Relevant en particulier le propos de Chirac selon lequel ?On ne peut pas dire ?Je suis européen? et ?Je vote non??, le PCF juge ?indigne de faire croire que les partisans du non de gauche, qui sont la principale force du non et aspirent à une autre Europe, (...) seraient en réalité des anti-européens?.
Pour Jean-Pierre Chevènement, président d?honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Chirac ?nous a décrit la Constitution comme si elle était neutre et permettait de faire n?importe quelle politique. On a vraiment l?impression qu?il ne l?a pas lue?. Selon Jean-Marie Le Pen, président du parti d?extrême droite Front national, ?les citoyens ont eu ainsi une claire illustration du caractère totalitaire d?une Constitution fondamentalement hostile aux libertés nationales?.
<B>John ZODZI
© 2005 Le Monde News Service-Distribué par The New York Times Syndicate</B>
DIX ANS A L?ELYSÉE
<B>?Je ne suis pas un homme d?anniversaire?</B>
■ Jacques Chirac, qui passera samedi le cap des dix ans à l?Elysée, a affirmé mardi soir ne pas être ?un homme d?anniversaire? ou ?un homme de bilan? mais être ?entièrement préoccupé par l?action? pour la cohésion sociale et l?emploi. ?Je ne suis pas un homme d?anniversaire, je ne suis pas non plus un homme de bilan, je suis aujourd?hui entièrement préoccupé par l?action, c?est-à-dire par ce qui doit se passer dans le proche avenir et dans le moyen avenir, et non pas par le bilan?, a déclaré le chef de l?Etat sur France 2. ?Ce qui m?intéresse, c?est l?action, la mobilisation pour répondre à notre double défi : cohésion sociale et emploi?, a-t-il souligné. Jacques Chirac, qui avait été élu le 7 mai 1995 président de la République et réélu en 2002 pour un mandat de cinq ans, s?est toutefois dit ?heureux d?avoir participé à un certain nombre d?actions?. Il a évoqué en premier lieu le renforcement de ?la sécurité des personnes et des biens dans notre pays, qui en avait besoin? puis la défense: ?J?ai créé une armée moderne, respectée, professionnelle?. ?Je suis heureux d?avoir (...) imposé dans une large mesure le renforcement de la laïcité en France, qui est pour moi une valeur essentielle. Je suis heureux d?avoir pu conduire ou fait conduire par le gouvernement des réformes aussi fondamentales que la réforme des retraites, de l?assurance-maladie, sans lesquelles notre système aurait implosé?, a-t-il poursuivi. ?Je considère que j?ai représenté, défendu convenablement les valeurs les intérêts, l?image de la France dans le monde. Voilà?, a ajouté Jacques Chirac.
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