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Les radios se mettent au service de la bonne gouvernance

4 mai 2005, 00:00

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Une première. Outre les stations publiques, les radios privées couvriront cette fois-ci la campagne électorale. Un débat, ayant pour thème médias et bonne gouvernance, a permis hier de situer le rôle crucial de ces radios face à l?événement. Et de mettre en garde.

Le débat organisé par le Media Trust coïncidait avec la Journée internationale de la liberté de la presse. Parmi les participants, Hassen Rojoa, directeur de Radio Plus, Krish Caunhye, directeur de Top FM, Harold Essoo, rédacteur en chef à la MBC, Jean-Claude de l?Estrac, président de Viva Voce, société propriétaire de Radio One, Josie Lapierre de Transparency Mauritius, Malenn Oodiah, sociologue et Tim Taylor, chief executive officer de Rogers.

?Les radios auront un impact considérable sur les élections?, explique d?emblée Jean-Claude de l?Estrac. Depuis trois ans déjà que les radios privées ont vu le jour, les équipes politiques ?n?ont pas encore pris la mesure? de leur rôle. Un avis que partagent les participants à ce débat, qui estiment que les médias jouent un rôle central dans la propagation du concept de bonne gouvernance.

?Modérer les propos?

C?est ainsi que Jean-Claude de l?Estrac souligne que les politiciens devront ?apprendre à débattre? et qu?il faudra ? faire attention aux discours et modérer les propos?. Car dénonçant des scandales et étant un lieu par excellence de débat public, les médias jouent un rôle crucial dans la compréhension des enjeux de la société. ?Il doit aussi y avoir une réflexion pas seulement de la dénonciation?, estime Malenn Oodiah.

Et qu?en est-il de la responsabilité des journalistes ? Qu?en est-il de ces reproches qui leur sont souvent adressés : manque de rigueur, sensationnalisme, souci de commercialisation?? Les médias ont des faiblesses, reconnaissent les intervenants.

Le journaliste doit également ?prendre un peu de distance par rapport à la recherche des scandales?, fait ressortir Krish Caunhye alors que Jean-Claude de l?Estrac souligne que ?les journalistes s?exposent lorsqu?ils violent les règles de l?Etat de droit?. Il affirme q?un ?conseil de la presse? permettrait une autorégulation et agirait dans l?intérêt des citoyens ordinaires. Pour Josie Lapierre, les journalistes doivent suivre des formations spécialisées.

Définissant la bonne gouvernance, elle explique qu?il s?agit de la façon ?de gérer un organisme en fonction de valeurs fondamentales telles que la transparence et l?intégrité?. Or, il a souvent été question de mainmise de capitaines d?industrie sur la presse, comme c?est le cas dans des pays industrialisés. ?Les journaux sont dirigés par des journalistes, rétorque Jean-Claude de l?Estrac, qui ajoute que les médias mauriciens sont indépendants, libres et pluralistes.?

Lors de son intervention, Harold Essoo fait de son côté remarquer que les journalistes mauriciens doivent souvent faire face à des obstacles notamment en ce qui concerne l?accès à l?information. Autre obstacle majeur : l?absence d?un cadre légal garantissant la liberté d?information, dit-il.

Finlay Salesse, président du Media Trust, rappelle que 53 journalistes ont été tués dans le monde en 2004. Tout en reconnaissant qu?à Maurice ?les jours sombres de la presse? appartiennent au passé, il fustige les ?liberticides? qui mettent en péril les droits des journalistes et les droits de l?homme. Et il critique ces institutions ?incapables de les mettre au pas?.

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