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Le premier round

2 mai 2005, 00:00

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Le séisme annoncé ne s?est pas produit. Il n?y a pas eu de vague hier lors des rassemblements politiques du 1er Mai. La bataille des foules ne s?est pas transformée en K.-O., ni en ?walk- over?, pour aucun des deux camps. L?écart de quelques milliers en faveur de l?alliance MSM-MMM ne constitue pas une avance suffisante pour que l?on en tire des conclusions définitives sur l?issue finale des législatives.

Il y a néanmoins des signes que le rapport des forces électorales évolue. Le Parti travailliste, sorti le plus rapidement des stalles de départ, a dû prendre conscience hier que la compétition sera plus rude que prévu. Le challenger n?est pas parvenu à mater les tenants du pouvoir.

S?il est devancé sur le plan numérique, le PTr remporte toutefois la palme de l?enthousiasme. La ferveur de ses partisans à Quatre-Bornes contrastait singulièrement avec l?apathie de la foule qu?avaient réunie ses adversaires à Vacoas. Le PTr aura réussi la gageure de mobiliser à fond son noyau dur.

L?alliance au pouvoir doit, pour sa part, relativiser la portée de cette première manche remportée hier. Elle dispose, pour au moins deux mois encore, de tous les atouts que confère l?appareil d?Etat et cela est, hélas, utilisé pour attirer des gens aux meetings. Certes, beaucoup de partisans assistent aux meetings par conviction mais ils ne sont pas rares ceux qui le font par opportunisme.

Il y a aussi des enseignements à tirer de la composition de la foule réunie par le MSM-MMM hier. Celle-ci comprenait une large part de partisans issus des circonscriptions rurales. Le MSM peut légitimement revendiquer ce succès. Il profite aussi au MMM qui peut présenter avec plus d?assurance sa combinaison ?gagnante?, avec Paul Bérenger comme Premier ministre pendant deux ans et demi.

Une formule qui, du reste, est dévoilée au compte-gouttes. Hier, Paul Bérenger a annoncé que s?il revient au pouvoir, la présidence de la République sera occupée par une femme après le départ d?Anerood Jugnauth. Il a donc volontairement limité son choix. Cette posture surprend de la part d?un homme qui a le sens de l?Etat. On ne nomme pas le locataire du Réduit suivant les mêmes critères électoralistes qui sont utilisés pour les investitures aux législatives. L?accession à la présidence devrait être la consécration d?un parcours personnel exceptionnel d?un Mauricien apte à assumer la fonction de chef de l?Etat. Il ne s?agit pas de faire un clin d??il à tel ?gender? ou à tel segment de l?électorat en se livrant au petit jeu de l?électoralisme qui a cours lors de la sélection des candidats aux élections.

En revanche, Paul Bérenger a été très clair sur les personnalités politiques qui occuperont, en cas de victoire du MSM-MMM, les principaux rangs de la hiérarchie gouvernementale après son retrait. On aurait souhaité que le PTr soit aussi transparent sur son ?front bench? après les élections. Pour l?heure on devra se contenter d?une déclaration énigmatique de Navin Ramgoolam selon laquelle tout dépendra du rapport des forces. Un député correctif serait-il moins éligible que les autres à devenir vice-Premier ministre ?

Le PTr a été plus explicite sur les mesures qu?il compte appliquer s?il remporte la victoire. Ce n?est pas encore un projet de société, mais il s?agit de propositions concrètes et cohérentes qui démontrent que l?opposition réfléchit sérieusement à la gestion des affaires. En particulier, la suppression de l?impôt pour une catégorie de salariés pourrait avoir des conséquences aussi lourdes sur le paysage politique que la ?duty-free island?.

Durant les deux mois qui s?écouleront entre maintenant et le 3 juillet, les rebondissements seront nombreux. La seule certitude, c?est que les jeux restent ouverts.

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