Publicité

A quoi ça rime ?

20 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>By Stéphane SAMINADEN</B>

De deux choses l?une. Soit Maurice court vers une récession économique, soit le taux de croissance est satisfaisant.

Le discours du président sortant de la Chambre de commerce et d?industrie de Maurice (MCCI), Marday Venkatasamy, lors de l?assemblée générale annuelle, surprend et laisse perplexe. Il souffle le chaud et le froid.

D?une part, il est le premier à Maurice à évoquer le risque d?une récession économique. Cette analyse est lourde de conséquences pour l?emploi et le tissu social.

Chiffres à l?appui, le président sortant de la MCCI avance que le ralentissement de l?économie ces dernières années peut aboutir à un arrêt complet de la croissance et, par la suite, à une croissance négative.

L?heure est donc grave, selon Marday Venkatasamy et la MCCI. La croissance économique, ces trois dernières années, a été en moyenne de moins de 3,5 %, loin donc de la moyenne historique de plus de 5 % du siècle dernier.

D?autre part, et dans le même souffle, le président sortant de la MCCI note que la croissance de 4,2 %, enregistrée l?année dernière est satisfaisante et que l?économie se porte mieux que ne veulent le faire croire les médias !

Marday Venkatasamy accuse la presse de se focaliser sur quelques paramètres ? l?inflation, le taux du chômage et le niveau de la dette publique ? pour noircir le tableau.

Ce n?est pourtant pas la presse qui a inventé l?obsession du niveau élevé du déficit fiscal et de son corollaire, la dette publique. Ce n?est pas la presse non plus qui a en premier tiré la sonnette d?alarme sur le chômage structurel.

Marday Venkatasamy et la MCCI se réjouissent d?une hausse de 5,5 % de l?investissement en terme absolu. Mais par rapport au produit intérieur brut (PIB), le taux de croissance de la formation brute de capital fixe a décliné, passant de 22,6 à 22,3 %. On sait qu?on peut faire dire ce qu?on veut aux statistiques. Le plus important est de connaître les motivations de ceux qui les utilisent.

De plus, ce n?est pas la presse qui a établi qu?il faudrait un taux de croissance de 6 à 8 % pour résorber le chômage. Se satisfaire d?un taux de croissance de 4,2 % du PIB est comme se réfugier dans le médiocre par désespoir du beau dont on a rêvé.

Le message qu?envoie la MCCI est brouillé. C?est peut-être le reflet d?une situation où tout n?est pas rose et où tout n?est pas noir non plus. Voilà combiné dans un même discours, le point de vue du gouvernement et celui de l?opposition sur la situation économique. Symptômes de fin de règne?

Publicité