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Le ?Mauritius II? coule au large de Durban

19 avril 2005, 00:00

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La marine marchande mauricienne est en deuil. Pris dans une tempête, le roll-on roll-off, Mauritius II, coule à pic, à 60 milles, à proximité de la fosse océanique South-African Bassin, au nord-est de Durban. L?équipage est heureusement sain et sauf après avoir été recueilli par le pétrolier turc Al Faradhi. Il est 11 h 30 (9 h 30 de Durban), le 17 avril 1980, quand la nouvelle acquisition maritime de l?Etat mauricien disparaît par 2 000 pieds de fond. Le temps est alors à la tempête. Les rafales dépassent les 120 km/h. Le temps continue à se détériorer. Plusieurs autres navires se retrouvent en difficulté, au large de Durban, en raison de cette tempête. Parmi eux se trouvent deux yachts participant à la course, Nedlloyd Classic, entre Djakarta et Rotterdam via Le Cap.

Le Mauritius II a coûté $10 millions (Rs 80 millions). Le roulier est assuré auprès de la Sicom, compagnie d?assurance appartenant à l?Etat mauricien. Il est réassuré à Londres pour une somme supérieure à 20 % de son acquisition.

L?équipage se compose de 22 membres dont le capitaine Gilbert Langlois. Il y a aussi à bord un passager, M. Ransley, embarqué à Durban. Le Mauritius II a été affrété, au grand dam du MMM, par la compagnie maritime sud-africaine Unicorn. Il a embarqué, à Durban, une cargaison de 1 900 tonnes d?acier et de fers de construction.

Deux femmes se trouvent à bord au moment du naufrage. Il s?agit des épouses de deux membres de l?équipage : MM. Jean-François Cauvin et Pierrot Coosnapa. On déplore un blessé : l?officier britannique G. Duff, un spécialiste du chargement des rouliers.

Les autre membres de l?équipage sont Philippe Montocchio, Hervé Figon, Philippe d?Argent, Michel Desveaux de Marigny, Michel Tuyau, F.E. Narainsamy, Daniel Désiré, François Chung Kok Lung (23 ans), Clency Peritamby, Gaëtan L?Eveillé, Claudy Knubley, Rajagopal Appavou, Waye Son Chan Chin, Henry Armansin, Lindsay Antou et P. Autard.

Avant le Mauritius II, Rogers a eu à déplorer la perte du Wajao qui coule au large d?Agaléga, au début de la Seconde Guerre mondiale, et celle du Chamarel qui explose à la Pointe des Galets, à la Réunion, en 1949. Le Mauritius reprend donc du service pour une nouvelle carrière après plus d?un quart de siècle de bons et loyaux services. Avec le naufrage du Mauritius II s?éteint la controverse suscitée par la mise à la disposition de Rogers de ce navire appartenant à l?Etat mauricien. La polémique ne lui a certes pas porté chance. Une autre commence. Elle concerne la cargaison de fers de construction à bord du roulier. Rogers dément toute erreur d?arrimage de cette cargaison à bord du navire. René Sanson était d?ailleurs à Durban pour surveiller ce chargement. A cela s?ajoutent les difficultés causées par le refus de plusieurs compagnies maritimes étrangères de desservir Maurice en raison de la lenteur des manutentions portuaires au Port-Louis que H. Ramnarain, président de la Marine Authority, considère comme « le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie sinon le troisième port le plus moderne au monde «. Le précédent voyage du Ro-Ro, en Australie, pour embarquer une cargaison de 2 000 tonnes de farine, avait été contesté car une telle cargaison n?est pas appropriée à un roulier. Le gouvernement a insisté afin d?éviter une pénurie de farine sur le marché mauricien.

Selon le capitaine Langlois, c?est une lame de fond qui provoque le naufrage du Mauritius II. Soulevé comme une coque de pistache, le navire se retrouve à un certain moment presque à la verticale sur la poupe, avant de retomber sur le côté, sans pouvoir se redresser, d?où sa perte. Une demi-heure après, il coule à pic. Les membres de l?équipage ont le temps de mettre à l?eau un canot de sauvetage et d?y prendre place. Ils sont recueillis par le ? Al Faradhi?. Des hélicoptères de l?armée sud-africaine les transportent ensuite à l?aéroport de Durban. Ils logent au Holiday Inn, en attendant de trouver place dans un avion pour Maurice.

L?endroit, où a coulé le Mauritius II, est connu pour être dangereux en raison de la confluence de courants venant du nord et du sud, soulevant parfois de dangereuses lames de fond, même par temps normal. La profondeur de l?eau est telle qu?elle rend impossible toute opération de renflouage du navire.

Les réassureurs du Mauritius II ne feront aucune difficulté pour rembourser du coût de navire. L?enquête pour faire la lumière sur la cause du naufrage est confiée à la London Salvage Association.

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