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Chirac au coeur du débat sur le référendum européen
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Chirac au coeur du débat sur le référendum européen
L?intervention de Jacques Chirac sur TF1 ce soir continue de susciter la polémique tandis que les proches du chef de l?Etat s?attachent à déconnecter son sort politique du référendum sur la Constitution européenne.
Mais l?entrée en scène de Jacques Chirac dans la campagne est pour l?instant brouillée par la polémique suscitée par la forme de l?émission ? et notamment la présence sur le plateau de trois animateurs-vedettes de France 2, France 3 et M6 aux côtés du seul journaliste Patrick Poivre d?Arvor (TF1). Les journalistes de France Télévisions et de M6 ont déploré l?absence de tout ?spécialiste politique? et dénoncé ?le triomphe du marketing politique et de l?information spectacle au mépris du journalisme?.
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), souverainiste de droite, a fustigé ?une émission de marketing? avec ?des jeunes au groupe sanguin ?oui positif??, tandis que Jean-Marie Le Pen, président du Front national, a accusé Jacques Chirac de ?s?accorder des monologues devant un public conquis?. Pour l?Elysée, la progression du ?non? dans les sondages est essentiellement imputable à un déficit d?information et on veut croire que ?l?importance? des arguments en faveur du ?oui? que Jacques Chirac déclinera aujourd?hui contribuera à renverser la tendance, une fois les Français ?éclairés?.
L?exercice est délicat, car le chef de l?Etat, dont la cote de popularité est en baisse dans les sondages, tout comme celle du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, doit se garder de politiser le débat pour éviter de s?exposer à la menace d?un vote-sanction le 29 mai. Le référendum ?n?est pas un plébiscite?, martèle-t-on à l?Elysée.
Jean-Pierre Raffarin, dont le sort pourrait bien se jouer en revanche le 29 mai, a pour sa part peu goûté le rappel par le président de l?UMP Nicolas Sarkozy de l?année 1969, qui vit le général de Gaulle démissionner après l?échec du référendum sur la régionalisation. Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas son ambition d?être candidat à la présidentielle de 2007, même si Jacques Chirac se représente, avait estimé la semaine dernière: ?nous sommes dans une situation qui s?apparente à celle de 1969?.
?Mais les gens croient qu?en votant ?non?, Chirac partira. Eh bien, il ne partira pas?, avait ajouté le président de l?UMP. ?La comparaison avec le référendum de 1969 n?est pas pertinente puisque le général de Gaulle ajoutait dans la question (du référendum) l?enjeu de sa démission?, contrairement à Jacques Chirac, a répliqué Jean-Pierre Raffarin lundi dans une interview à Nice-Matin.
Dans une interview à France-Soir, publiée mardi, Dominique de Villepin, ministre gaulliste et chiraquien de l?Intérieur, souligne que ?c?est une erreur de vouloir considérer que la responsabilité du chef de l?Etat est engagée dans le cadre d?un référendum sur le traité constitutionnel?.
?En 1969, le général de Gaulle a décidé d?organiser un référendum dans un contexte très particulier. Il a délibérément choisi de le transformer en plébiscite. C?était après Mai-68. Il voulait marquer l?histoire. Il s?agissait là de la fin de son parcours politique. Comment imaginer que le chef de l?Etat aujourd?hui, dans un pays qui, à la suite du ?non?, serait confronté à une crise profonde, puisse abandonner ses fonctions ?? ajoute-t-il.
EFFET NÉGATIF
Un rejet pénaliserait l?euro à court terme
■ Une victoire du ?non? au référendum sur la Constitution européenne aurait un effet négatif sur l?euro à court terme mais, à plus long terme, pourrait renforcer la monnaie européenne et la construction, estiment des professionnels de marché. ?Le ?non? risque d?avoir un effet sur la devise?, estime Isabelle Demolière, responsable de la gestion monétaire chez le belge Fortis Investments. ?Si la réaction initiale du marché sera probablement négative et affectera l?euro, il pourrait y a avoir des gains à plus long terme?, écrivent de leur coté les économistes de la banque néerlandaise ING dans une note publiée hier. ?Un non français pourrait ne pas se solder par le désastre annoncé par certains?, ajoutent-ils, estimant que cela ne voudra pas dire la fin de l?UE mais qu?au contraire une telle issue du vote renforcerait la compétition entre les pays, pourrait accélérer les réformes et donner ainsi un coup de fouet à la croissance économique. Les économistes d?Ixis CIB ne partagent pas ce point de vue. Ils soulignent que le rejet de la Constitution européenne sera une défaite de l?Europe politique et se traduira par le maintien de l?actuel Traité de Nice. ?Le maintien du Traité de Nice impliquerait (...) probablement qu?il y aurait dans l?UE encore moins de possibilités de coordination et d?harmonisation, encore plus de concurrence fiscale (et sociale). On verrait donc sans doute s?amplifier le mouvement non coopératif à la baisse de la pression fiscale dans les pays d?Europe centrale, visant à accélérer les délocalisations, attirer les capitaux, les sièges sociaux...?, estiment-ils dans une note. ?Le maintien de Nice dégraderait certainement le bien-être des pays d?Europe occidentale, rapprocherait l?UE d?une simple zone de libre échange?, soulignent-ils en relevant que pour l?instant, le marché a peu réagi aux sondages donnant le ?non? gagnant.
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