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L?orgueil de Perrichon

9 avril 2005, 00:00

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On plaint d?abord les acteurs, de l?indiscipline du public. Des étudiants bruyants pour la plupart, peu enclin à assister à une pièce de théâtre.

Dans le noir, quelques écrans de téléphones portables s?allument. Lors d?un entracte, quelques-uns profitent de la pause pour partir. Mais on peut aussi plaindre le public. Le Voyage de Monsieur Perrichon aurait mérité quelques répétitions de plus avant d?être présenté. Les dialogues étaient censés fuser et rythmer la pièce, mais c?est une ?uvre lente que l?on découvre sur la scène du Théâtre de Port Louis.

On a du mal à s?imaginer comment cette ravissante comédie signée Eugène Labiche, reconnue pour sa vitalité et son énergie, dure plus d?une heure trente sur scène. Quelques bons mots font rire, les jeunes premiers de la pièce font un sérieux effet sur les étudiantes. Le reste n?est qu?attente d?un effet comique.

Hormis le personnage de Majorin, surjoué et irritant, les acteurs s?en sortent tant bien que mal, seulement si on les prend chacun séparément. Armand est mimi et précieux, Daniel est malin, M. Perrichon vaniteux et pressé, Mme Perrichon ballottée, Henriette amoureuse. Les autres ne comptent pas.

Les phrases sont bien dites, ainsi dans le vide puisqu?elles n?appellent que rarement à une réplique directe. L?ensemble des dialogues passe moins bien. Comme si les comédiens avaient répété séparément.

On ne les sent pas sûrs de leurs répliques. On croit entendre des blancs dans la conversation. La défection il y a deux semaines du comédien principal y est peut-être pour quelque chose.

Rowin Narraïdoo, directeur de la troupe, metteur en scène et finalement premier rôle a bien repris l?esprit Perrichon mais a dû zapper quelques séances de direction d?acteurs pour se concentrer sur son texte à apprendre.

Le jeune comédien Loïc Pascal a souvent l?air un peu perdu face au personnage de Perrichon, lorsque les choses ne vont pas assez vite, il attend tout sourire de dire sa réplique, fort bien.

Les costumes de la pièce et les décors de la première scène sont très bien réalisés il est vrai, mais ils ne sauvent pas la pièce pour autant.

Même le grand escalier, utilisé ingénieusement ne suffit pas à remplir l?espace laissé vide par la lenteur de la pièce. Quant au décor du dernier acte, trois pots de fleurs dépareillés, ne font pas un jardin. A la fin de chaque acte, et même pendant, on regarde sa montre, et on attend un dénouement que l?on a deviné depuis longtemps. Reste le texte, qui lui, fait rire de temps en temps.

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