Publicité
La mer comme sa poche
Vavidel Armoogum, pousse de toutes ses forces la pirogue qui vient de le ramener à terre après dix heures de pêche. ?Depi l?age douze ans, mo la pes. Mo conne beaucoup secret dans la mer?, lâche le septuagénaire sous le regard de son fils Deven, qui depuis l?âge de 18 ans, l?accompagne. Pour apprendre le métier.
Notre rencontre avec Vavidel coîncide avec la mort des dauphins dans le lagon de Vieux-Grand-Port et de celui de Bois-des-Amourettes. Il ne cache sa colère devant ce qu?il considère être un drame. Il vide son sac? ?Mo pas enn expert. zordi zour zot zette tou qualité kitchose pou pollué la mer?, observe-t-il en rapellant le temps où ses deux proches et lui ramenaient des prises de 300 à 350 kilos ? du béri-béri ? par jour et la même quantité d?ourites. Il se réveillait à quatre heures du matin pour sillonner le lagon de Mahébourg et filer vers Souillac et même Trou-D?eau-Douce.
?Ce n??était pas seulement pour le travail mais c?était de vraies parties de plaisir. Nous nous amusions beaucoup parce que nous étions confiants de ramener plusieurs livres d?ourites qui étaient mis en vente à cinq sous le kilo seulement.? Selon lui, cette partie du Sud-Est doit faire l?objet de sérieuses analyses par des experts avant que d?autres dauphins ou d?autres espèces rares viennent s?échouer sur cette partie de littoral.
Vavidel, qui visiblement, n?a pas sa langue dans sa poche, attire l?attention des autorités sur le danger que pourraient causer les eaux qui proviennent du flanc des montagnes de Banbous-Virieux et qui se déversent dans le lagon. ?Parfois, de lo sanz couler. Surtout avec ban récent inondations ek cyclone qui sakouy pays?.
Selon lui le fait que son fils doive quitter Mahébourg pour aller à Grand-Gaube une fois par mois, pour acheter des appâts, est une indication de l?état de nos lagons. ?Imaginez ce que cela sera dans dix ans?. Il se rappelle encore du jour où son fils et lui ont failli périr en mer. La pirogue dans laquelle ils se trouvaient a chaviré sous la poussée de la houle pendant qu?ils pêchaient hors lagon. ?Nous nous sommes soutenus mutuellement pour pouvoir à gagner la terre ferme?. Un simple incident de parcours pour ces hommes qui bravent chaque jour la mer pour nous rapporter du poisson.
Publicité
Publicité
Les plus récents