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Le vrac opérationnel le 15 juillet 1980

6 avril 2005, 00:00

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Le premier navire pourra charger le sucre en vrac le 15 juillet 1980. Le dispositif est pourtant toujours en attente de fourniture d?eau et d?électricité. On estime que le vrac permettra d?économiser Rs 50 m. par an. Dans les usines sucrières, on remise les machines à coudre, servant à fermer les sacs d?emballage du sucre. En revanche, la firme Cassis Ltd, que dirige Yves Leclézio, obtient le contrat de fabriquer 250 conteneurs métalliques, devant transporter au vrac le sucre des usines. Cassis Ltd est la filiale manufacturière d?IBL. Il s?agit d?un encadrement de fer sur lequel sont ajustées des feuilles d?aluminium. Ces boîtes métalliques peuvent recevoir par le haut le sucre des usines et le déverser au vrac par le côté. Chaque boîte pèse une tonne et peut contenir 6,5 tonnes de sucre. Un camion et une remorque peuvent transporter un maximum de 26 tonnes de sucre à la fois. Au vrac, les camions sont pesés. Ces ?sucriers? mobiles sont soulevés par un treuil. Ils déversent leur sucre sur un tapis roulant qui le conduit tout en haut d?où il est déversé et stocké en pyramides géantes. Le vrac comprend deux silos horizontaux de 365 mètres de long par 45 de large, pouvant contenir chacun 175 000 tonnes. Chaque silo comporte à sa base une trappe permettant au sucre de se déverser graduellement sur un autre convoyeur, pouvant acheminer le sucre à bord des navires. Le vrac permet de charger mille tonnes de sucre à l?heure. Le semi-vrac prend une journée pour réaliser la même opération.

La mise en place du vrac est pourtant retardée par la lenteur du CEB et de la CWA à assurer une fourniture adéquate d?électricité et d?eau, en dépit d?une requête formelle en ce sens datant d?octobre 1979. Tu parles d?une hiérarchisation des priorités ! Le président du conseil d?administration du Vrac est M. France Empeigne. Le directeur général en est M. Auguste Harel et le directeur technique M. Guy Beaubois, une autorité mondiale en matière de chargement de sucre en vrac. La main-d??uvre est réduite à 60 travailleurs. Pour construire le Vrac, il a fallu faire venir de l?étranger 18 des 25 contracteurs requis.

Voici d?autres nouvelles en? vrac de ce début d?avril 1980. La hausse des prix post-dévaluation est telle que certains parlent même de cyclone des prix. L?Association des Autorités urbaines envoie une délégation à Rodrigues. L?objectif est d?y encourager la pratique du sport. Building and Engineering et la Precast Manufacturing Industries Ltd proposent au gouvernement la formule du préfabriqué pour résoudre en partie le problème de logements sociaux.

Le réaménagement du centre de Beau-Bassin à l?étude. Des promoteurs proposent un complexe commercial et résidentiel à la place du marché, du poste de police, de la poste, de la place Pierre-Renaud, de ses goyaviers royaux et des magasins environnants. Claude L?Eveillé dirige une étude en ce sens à la demande de Robert Rey. Ce dernier a déjà obtenu l?approbation de deux ministres des Administrations régionales, MM. Maurice Espitalier-Noël et Kamil Ramolly. Dans le temps, M. Henri Latham-Koenig fit une proposition semblable qui, heureusement, ne fut pas retenue. Heureuse époque ne permettant pas à des promoteurs de bétonner le berceau de nos villes préférées. Bienheureuses valses-hésitations interminables.

Terminons avec des extraits d?un beau texte d?Anima-Animus, intitulé Sitio (j?ai soif) : Depuis 2000 ans, ce cri retentit à travers temps et espace? Poussé par le plus innocent des hommes? Souffrir devant ceux qu?on aime, c?est souffrir doublement? Passe encore de n?avoir ni argent, ni maison, ni nourriture, ni vêtements? Mais comment étancher sa soif quand l?eau vive vient à manquer? Soif physique mais aussi soif d?amour, désir inaltéré, soif inextinguible? Soif d?un corps exsangue, soif d?un c?ur immense et inconsolable? Un jour pourtant, un verre d?eau refusé nous jugera et peut-être même nous condamnera à jamais. Ça aussi c?est la presse mauricienne, à qui nous devons, parfois, un profond respect et une large reconnaissance.

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