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Ha Yeung donne sa version sur le début de l?affaire MCB-NPF
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Ha Yeung donne sa version sur le début de l?affaire MCB-NPF
Dans une déposition à l?Independent Commission against Corruption (Icac), Donald Ha Yeung révèle tous les détails concernant le détournement des fonds du NPF à la MCB. Celle-ci a obtenu une copie du document. Du premier projet élaboré par l?homme d?affaires Teeren Appasamy en 1990 aux chèques qu?il aurait généreusement distribués à tort et à travers, Donald Ha Yeung raconte tout. Un des bénéficiaires allégués des cadeaux de Teeren Appasamy, Vasant Bunwaree, a réagi en précisant que la version de Ha Yeung ?n?est pas fausse mais il faut tout simplement la remettre dans son contexte et l?analyser avec un regard neutre.? L?avoué de Ha Yeung devra confirmer, à la demande de la MCB, si son client a bien tenu les propos qui lui sont attribués. Nous reproduisons ci-dessous la partie concernant la genèse du scandale :
Le récit de l?affaire
«L?affaire commence pour moi vers 1990, lorsque je travaillais chez Peak Marwick. Teeren Appasamy, qui venait de Londres, m?a été présenté par des collègues (Me Guy Ollivry l?avait référé à l?un d?eux). Nous devions voir comment nous pourrions l?aider dans des projets d?investissement à Maurice. Appasamy s?était intéressé à la reprise d?une compagnie qui était in receivership : l?Auberge de la Rivière-Noire. L?affaire ne fut pas conclue pour des raisons que j?ignore. Il avait dépensé pas mal d?argent dans les démarches relatives à cette reprise avortée. C?est Robert Lesage qui a proposé le tirage de lettres de change avalisées par la MCB et escomptées par des institutions qui avaient des liquidités. Puisque Teeren Appasamay ne voulait pas que son nom paraisse dans Magarian Cie. Ltée, ayant eu des problèmes avec Air Mauritius, Hedley René, un des associés de Wilton Associates qui l?avait connu à Londres et moi-même agissions comme nominés pour son compte.
?Appasamy utilisait les fonds de la compagnie pour ses propres dépenses et ses dépenses politiques. Tous ces frais furent réglés par des traites avalisées et escomptées par la NMF.?
C?était courant à l?époque. Entre-temps, le département Consulting de Peat Marwick s?était séparé pour devenir une compagnie autonome connue sous le nom de KPMG Wilton Consultants, puis Wilton Associates, avec à sa tête, Pierre Yin et deux autres associés, à savoir Hedley René et moi-même. Pour obtenir une traite, il fallait une deuxième compagnie. Pour rendre service à un client prometteur, j?ai identifié une compagnie, dont j?étais un des actionnaires et directeurs, disposée à aider contre certaines facilités de crédit. Il s?agit de Quartet Development Limited. La première traite a été obtenue en avril 1991 et escomptée par la BNPI pour un montant d?environ Rs 4 millions. L?argent a été en partie (Rs 2,3m) payé à la MCB et le solde (Rs 1, 278 000) a été remis à Teeren Appasamy après déduction d?intérêts par la BNPI. Je travaillais alors sur une idée de projet immobilier dont j?avais eu connaissance à travers mes contacts dans le monde des affaires. Il s?agissait du projet de Manick Veerasamy qui avait obtenu un bail d?environ trois arpents du gouvernement, à Palmar. Il fallait un intermédiaire pour l?approcher. Je me suis souvenu de Philippe Wong, un ami travaillant dans la construction chez Laxmambhai, où Manick Veerasamy était ?sous-contracteur?. C?est par son intermédiaire que je suis parvenu à prendre contact avec Manick Vee-rasamy qui était le principal actionnaire de Searock Paradise Ltd, détentrice du bail. Une étude de faisabilité fut effectuée pour démontrer la rentabilité du projet. Teeren Appasamy ne voulait pas figurer dans la compagnie car, cette fois, il avait des doutes sur Manick Veerasamy, à qui on reprochait des choses comme des pratiques religieuses tamoules non conventionnelles. L?intervention de Philippe Wong fut reconnue et il fut convenu qu?il serait récompensé lorsque le projet se réaliserait. La compagnie Handsome Investments Ltd. fut créée avec l?épouse de Philippe Wong, qui allait représenter les intérêts de ce dernier dans le projet, et moi-même comme prête-nom de Teeren Appasamy. Mais les démarches de Manick Veerasamy pour obtenir les autorisations nécessaires prenaient plus de temps que prévu. Et comme Philippe Wong ne jouait pas vraiment un rôle actif auprès de celui-ci, il fut décidé de le retirer du projet. A partir de là, Handsome Investments Ltd fut donc aussi utilisée pour obtenir des traites. Avec le projet de Searock Paradise, les dépenses devenaient plus importantes : on devait payer Rs 10 m à Manick Veerasamy ainsi que les frais d?architectes. En sus de cela, Teeren Appasamy utilisait les fonds de la compagnie pour ses propres dépenses et ses dépenses politiques. Tous ces frais furent réglés par des traites avalisées et escomptées par la NMF (compagnie de Teeren Appasammy) principalement. Au 20 janvier 1995, l?endettement s?élevait à environ Rs 57 m, avec des emprunts de la MCB de Rs 30 m à Magarian, Rs 12,5 m à Handsome et Rs 5 m à Quartet, garanti par Searock. Le projet Searock avait commencé à générer des recettes. Celles-ci étaient utilisées pour faire face aux coûts de construction. Toutefois, l?ampleur de l?endettement nécessitait la mise en ?uvre d?autres projets. C?est ainsi qu?Ocean Villa fut reprise pour un développement hôtelier. Ocean Villa était une compagnie acquise en novembre 95 pour Manick Veerasamy mais enregistrée en 1998. L?enregistrement n?avait pas été fait en raison de l?absence d?une stratégie précise quant à ce projet hôtelier. On n?avait pas encore décidé du concept et Manick Appasamy était alors à Londres. Lors d?émissions de chèques, Teeren Appasamy me dit que le financement politique continue, notamment avec la tentative de faire revivre l?UDM en 1993, les activités du Labour (Congrès, retour de N. Ramgoolam) et le journal l?Indépendant. L?épisode l?Indépendant ? il y eut des manifestations contre ce journal ? poussent Teeren Appasamy à quitter le pays, pour recommencer à Londres.
?En décembre 1995, la coalition MMM-PTr arrive au pouvoir. Mais Vasant Bunwaree, son plus proche contact au Labour, n?est pas ministre. Appasamy est en hibernation politique et se concentre sur ses affaires à Londres.?
Les fonds des compagnies y sont transférés pour l?achat d?agences de voyages afin d?honorer ses engagements financiers envers la MCB. En décembre 1995, la coalition MMM-PTr arrive au pouvoir. Mais Vasant Bunwaree, son plus proche contact au Labour, n?est pas ministre. Teeren Appasamy est en hibernation politique et se concentre sur ses affaires à Londres. Mais les profits générés par Searock et à Londres ne suffisent pas car les intérêts et autres frais financiers sont pénalisants. En décembre 1996, Vasant Bunwaree devient ministre des Finances. Et comme Teeren Appasamy l?avait aidé et l?aidait encore, l?occasion était enfin venue pour un retour d?ascenseur. Par mon intermédiaire, Teeren Appasamy aide Vasant Bunwaree à mettre de l?ordre dans ses affaires, notamment concernant Clinicare et ses endettements. Toutefois, le démarrage est lent. Teeren Appasamy s?impatiente. L?ouverture arrive enfin avec le Mozambique. Lors d?un voyage dans ce pays, Vasant Bunwaree trouve qu?il regorge d?opportunités d?affaires et en parle à Teeren Appasamy. Commence alors l?ouverture mozambicaine. Dev Manraj, qui avait eu des problèmes de santé et aussi au niveau de ses relations au ministère, à l?époque de Bheenick, décide de se joindre à Teeren Appasamy pour les projets au Mozambique. Le financement de ces dépenses liées au coût de développement est en partie obtenu par les compagnies à Maurice. Nous sommes alors fin 1997-début1998. Entre-temps, Wilton Associates avait fusionné avec Coopers & Lybrand, en juillet 1995. Je continuais à gérer le projet Thalassa-Searock. Les paiements effectués par les clients continuaient à être versés, dans la plupart des cas, au compte bancaire de Wilton Associates qui payait une partie des dépenses liées à la réalisation du projet. Le solde était versé sur les comptes des compagnies Handsome et Magarian d?où d?autres paiements liés au projet étaient aussi effectués. Pour les autres dépenses non liées et d?autres paiements, les instructions venaient soit de Teeren Appasamy soit de Robert Lesage. Je constatais que d?autres versements étaient aussi effectués sur les comptes et je recevais les récépissés de versements. Avec la fusion Wilton-Coopers, je devenais moins disponible. Teeren Appasamy étant à Londres, ma participation s?est graduellement amoindrie, d?autant plus qu?un ténor comme Dev Manraj s?était joint à l?équipe de Teeren Appasamy. Toutefois, je ne refusais pas d?aider Teeren Appasamy à concevoir et évaluer à les projets, notamment au Mozambique. J?ai même visité le Mozambique et la Grande-Bretagne, pour ce faire. De 1997 à 1999, quelque Rs 83 m furent transférées des compagnies Handsome Investments, Magarian et Searock Paradise à une compagnie appartenant à Teeren Appasamy, à Londres : Belle Beach Ltd. Cela, afin de faire face à ces dépenses. Les comptes bancaires sont soit en Grande-Bretagne soit en Suisse. Avec le recul, je ne m?intéresse que de très loin à ce que fait Teeren Appasamy. De temps en temps, il fait appel à moi pour rencontrer des visiteurs d?Australie, de Grande-Bretagne et du Mozambique, entre autres. On travaille un peu pour lui en créant des compagnies offshores, en faisant des project reports et des prévisions financières pour lesquelles nous sommes rémunérés. Je ne signe des chèques que sporadiquement. Je reçois de temps en temps des bank statements que je n?ouvre même pas.
J?avais aidé Teeren Appasamy, les bureaux pour lesquels j?avais successivement travaillé chez Wilton Associates, Coopers & Lybrand et PriceWaterhouseCoopers avaient trouvé leur compte, j?avais reçu un appartement et des actions dans Angel Beach (Ocean Villa) en reconnaissance de ma contribution.»
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