Publicité
Air Mauritius se met en libre-service
La révolution est enclenchée. Les passagers d?Air Mauritius auront bientôt droit à une cascade d?innovations qui devrait rendre leur voyage plus facile. Et même moins cher. La compagnie nationale d?aviation passe à la vitesse supérieure sur le plan technologique. Objectif : réduire les coûts tout en offrant de nouvelles facilités aux passagers.
Les premiers résultats seront visibles dès cette année avec l?introduction du billet électronique. L?e-ticket est une réservation enregistrée sur les serveurs d?une com- pagnie aérienne mais qui est accessible à partir de n?importe quel point du globe. Il comprend les informations les plus importantes : nom du passager, numéro du passeport, terminal de l?aéroport où se fera l?enregistrement, la référence de la réservation ainsi que d?autres détails : numéro de siège, date et heure du vol, entre autres.
?La billetterie électronique sera introduite en interne ce mois-ci. Les vols inter-îles seront ensuite touchés. Tous nos bureaux et agences de voyages devraient émettre l?e-ticket d?ici mars 2006?, explique Sushil Baguant, directeur informatique d?Air Mauritius. Le billet électronique facilitera la vie du voyageur. Il pourra effectuer autant de changements qu?il désire sans avoir à visiter son agence de voyages ni changer de billet. Il suffira d?un appel téléphonique ou d?une visite sur le site Web d?Air Mauritius pour faire les modifications.
Les changements seront effectués en temps réel puis envoyés au client par courrier électronique. Les détails d?un voyage pourront ainsi être vérifiés grâce à un simple clic sur le site ou un coup de téléphone.
Et le jour du voyage, il suffira de se pointer à l?aéroport muni de son passeport. Le billet d?avion ne sera plus requis. L?émission du billet électronique est une pratique courante dans plusieurs pays.
Baisser les coûts
Toutefois, l?International Association of Travel Agents (Iata) veut que toutes les compagnies aériennes introduisent l?e-ticket d?ici fin 2007. Le but est de forcer les transporteurs à baisser leurs coûts grâce à l?informatisation de leurs services. Les études de l?Iata démontrent que l?émission d?un e-ticket coûte Rs 30, soit dix fois moins cher qu?un billet d?avion traditionnel. ?Beaucoup de coûts associés à la gestion de billets disparaîtront. Nous pourrons économiser jusqu?à Rs 150 millions sur chaque demi-million de billets émis. Les compagnies aériennes ont été lentes à adopter les nouvelles technologies mais nous croyons dans l?innovation?, fait ressortir Megh Pillay, directeur général d?Air Mauritius.
La billetterie en ligne est très utilisée dans l?hémisphère Nord. Cette année, par exemple, 36 % des réservations britanniques seront effectuées via Internet. Les compagnies aériennes veulent accélérer ce processus. Après tout, elles devraient économiser Rs 90 milliards annuellement grâce à l?e-ticket.
Le lancement du billet électronique lève le voile sur un véritable chantier technologique à Air Mauritius. La compagnie nationale d?aviation se lancera également dans les ventes en ligne, soit à travers son site Internet et son centre d?appels. Les tarifs promotionnels deviendront plus fréquents à mesure que la société développe son système de ?yield management?.
Un vol étant ouvert à la vente un an à l?avance, il sera possible d?effectuer des réservations en avance ou attendre la dernière minute afin de bénéficier de meilleurs tarifs. Le taux de remplissage de chaque vol pourra être suivi au fur et à mesure. Par exemple, si un vol n?est rempli qu?à moitié une semaine avant le départ, les prix seront charcutés. Après tout, les sièges sont aussi périssables que des tomates. Une fois le départ donné, chaque siège vide est un manque à gagner. Alors autant encaisser peu que rien du tout.
?Les ventes en ligne permettront une interaction directe avec le client. Le but est d?ouvrir de nouvelles sources de revenus et non de rivaliser avec les agences de voyages qui demeurent des partenaires importants?, souligne Sushil Baguant. Les agences, ajoute-t-il, offrent des solutions complètes de voyages alors que les ventes en ligne ciblent un public qui ne veut qu?acheter des places. Il n?empêche que le client deviendra plus intelligent et saura faire jouer la concurrence entre compagnies aériennes mais aussi entre agences de voyages. Le lancement de l?e-ticket pourrait également voir les agences se lancer dans les ventes en ligne. Tout comme les sites Web de la British Airways ou de Lufthansa, celui d?Air Mauritius permettra aux passagers de choisir leurs sièges. En cliquant sur une icône, le voyageur verra un plan des cabines et pourra ainsi sélectionner la place libre de son choix. Dans un deuxième temps, il sera même possible d?imprimer la carte d?embarquement à partir de son ordinateur. La nouvelle version disposera d?un code-barres au lieu de l?actuelle bande magnétique.
Pas de queues devant les comptoirs
Cette facilité sera disponible dès que le transporteur atteindra une masse critique avec l?e-ticket, soit d?ici début 2006. A l?avenir, il est possible que les clients reçoivent le code-barres représentant la carte d?embarquement sur leurs téléphones mobiles.
Sur le moyen terme, Air Mauritius compte installer des bornes interactives à l?aéroport. Ces machines, qui ressemblent aux guichets automatiques bancaires, permettront aux passagers d?effectuer leurs propres enregistrements. Ils n?auront plus à faire la queue devant les comptoirs. La compagnie aérienne en sortira également gagnante. A travers le monde, un enregistrement en self-service coûte une moyenne de Rs 4,80 contre Rs 110 pour une opération traditionnelle au comptoir. Mais une telle opération à Maurice pose problème.
?La gestion des bagages est problématique car les passagers des long-courriers ont plusieurs valises, et il faudra finalement refaire la queue au comptoir pour les enregistrer?, dit Sushil Baguant. Toutefois, les passagers d?Air Mauritius pourront utiliser les guichets automatiques d?Air France à l?étranger. Et ce, en attendant que l?Iata force les compagnies aériennes disposant de guichets de laisser les autres transporteurs utiliser leurs facilités.
La révolution technologique s?étendra aussi à l?inclusion d?une carte à puce dans chaque étiquette de bagage. Cette puce utilisera des fréquences radio facilement repérables par satellite. Car chaque année, environ 5 % des bagages sont égarés à travers le monde.
Les grands hubs comme Londres Heathrow et Paris Charles-de-Gaulle l?adopteront bientôt. Air Mauritius patientera encore un peu. Ce branle-bas technologique est conforme au désir de l?Iata de simplifier les procédures des compagnies aériennes. Air Mauritius, qui a transporté 1,1 million de passagers l?an dernier, compte introduire les nouvelles mesures bien avant 2007. Le Paille-en-Queue accélère son envol vers le futur.
Publicité
Publicité
Les plus récents