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Dépister pour prévenir

3 avril 2005, 00:00

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■ La definition

Qu?est-ce qu?un cancer ? Il s?agit d?une tumeur constituée par une prolifération anarchique des cellules. Elle peut se présenter sous diverses formes, par exemple, un petit bouton qui se fragilise, ou encore une verrue qui se mue en ulcère au fur et à mesure qu?elle évolue. Le cancer du col de l?utérus est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules de cet organe, qui est formé d?une charpente faite d?un tissu conjonctif, aussi appelé tissu de soutien. Chacun de ces tissus peut dégénérer. Entre la partie extérieure du col (exocol) et la partie intérieure (endocol), il existe une zone de jonction où le cancer peut se loger. Cette maladie peut survenir à partir de l?âge de 35 ans ou avant la ménopause.

■ Les symptoms

Au premier stade de la maladie, il peut n?y avoir aucun signe évident. Néanmoins, il est possible que des anomalies se manifestent sous forme de perturbation entre les règles, de saignements lors des rapports sexuels, ou encore de pertes blanches (leucorrhées) ou jaunâtres, qui peuvent être infectés et malodorantes. À ce stade, les symptômes sont indolores. Mais au fur et à mesure que le cancer progresse, les complications se multiplient. L?évolu-tion de la maladie se déroule en plusieurs phases. Tout d?abord, elle se propage localement, puis régionalement, vers la vessie ou le rectum. Elle peut également envahir les vaisseaux sanguins et lymphatiques et se répandre.

■ Les causes

Plusieurs facteurs sont associés au cancer du col de l?utérus. Dans la majorité des cas, des études ont démontré que cette maladie est plus souvent détectée chez des personnes sujettes aux infections virales comme les virus sexuellement transmissibles, par exem-ple, le papillomavirus humain (voir texte plus loin) ou l?herpès. La précocité des rapports sexuels sans protection, le changement fréquent de partenaires, les grossesses multiples et le tabagisme exposent davantage la femme aux risques de cancer.

■ Le papillomavirus humain

Ce type de cancer se développe à partir de lésions précancéreuses provoquées par différents types de virus de la famille des papillomavirus humain (PVH). Des recherches indiquent que les papillomavirus sont présents dans 99,8 % des cancers du col de l?utérus. Une étude publiée en juin 2001 dans le British Journal of Cancer, portant sur 7 932 femmes, montre que 15,3 % d?entre elles étaient porteuses du PVH à haut risque. Ces virus se divisent en deux catégories. Les uns affectent la peau, et les autres les muqueuses, mais ces infections sexuellement transmissibles n?ont pas forcément le même pouvoir cancérigène. En Europe, le plus nocif est celui de type 16. Les autres catégories de virus sont le HPV18 et, le HPV31, le HPV33 et le HPV35. Le risque d?infection par HPV augmente à chaque rapport sexuel.

■ Les complications

Au fur et à mesure que le cancer évolue, les complications se multiplient. Si elle n?est pas traitée, la maladie peut entraîner un dysfonctionnement au niveau des organes vitaux tels que la vessie, le rectum, les ovaires, ou encore l?uretère. L?affection peut également provoquer une infection urinaire ou empêcher l?évacuation de l?urine. Les nerfs seront aussi touchés.

■ Le dépistage

La maladie peut être évitée. Il est possible de détecter des lésions pouvant évoluer vers un cancer en effectuant un frottis. Il s?agit d?un test simple permettant le prélèvement des cellules à la surface du col. Une petite brosse ou une minuscule spatule en bois sera utilisée pour effectuer cet examen. L?échantillon est ensuite examiné au microscope pour détecter d?éventuelles lésions cancéreuses ou précancéreuses (également appelées dysplasies). On peut faire un frottis tous les trois ans, ou plus régulièrement si besoin est. Une colposcopie peut s?avérer nécessaire. À l?aide d?un colposcope, le médecin applique des colorations diverses sur le col et la zone anormale prendra une couleur différente des

tissus normaux. Une biopsie de cette zone ? prélèvement d?un fragment ? sera effectuée. S?il n?y a pas de lésions cancéreuses, on peut rassurer la patiente et attendre. Toutefois, s?il n?est pas possible de voir toute la zone de transformation grâce à la colposcopie, on peut avoir recours à une conisation, et on prélèvera un fragment plus large du col pour trouver l?origine des cellules anormales. Au terme de ce bilan, le médecin peut classifier le stade d?évolution du cancer.

■ Le traitement

Lorsque le diagnostic est fait très tôt, on peut commencer un traitement et espérer une guérison quasi complète. Dans les premières phases de la maladie, on utilise un traitement précancéreux et on enlève les lésions grâce à une résection. On peut aussi avoir recours à d?autres méthodes, telles que l?intervention au bistouri ou au laser. Cela traitera le cancer sans endommager l?utérus. Si les lésions sont opérables, on procède à une hystérectomie radicale ? une ablation de l?utérus. Si la tumeur est inopérable, on peut utiliser la radiothérapie, mais cela ne sera là qu?un soin palliatif.

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