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Questions à ? Anne Arteau sismologue en poste au Chili

3 avril 2005, 00:00

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Comment les experts américains ont-ils pu se tromper sur les risques d?un tsunami ?

J?avoue que, de mon poste au Chili, je serai arrivée à la même conclusion. L?épicentre du séisme était à environ 150 km du tremblement de décembre dernier. Les appareils des divers centres d?observation ont noté que les ondes se propageaient vers le sud-ouest et que, si tsunami il y avait, la région où se trouve Maurice, Rodrigues et Madagascar serait affectée. L?épicentre du séisme était enregistré à côté de la fosse de Java, qui fait quelques milliers de mètres de profondeur. Les tsunamis ont précisément lieu dans des régions où la profondeur de l?eau est importante, ce qui permet aux vagues de prendre de l?amplitude. Or, l?épicentre du séisme de lundi a eu lieu à côté de cette fosse, mais à une profondeur très basse, probablement à moins de 1 000 mètres, ce qui n?a pu permettre la formation de vagues dévastatrices.

Pourquoi avoir mis trois heures à le découvrir ?

L?océan Pacifique étant une zone beaucoup plus active que l?océan Indien, il y a des centaines d?appareils des deux côtés de la mer pour observer et mesurer tout frémissement de la croûte terrestre. Tout un réseau existe et, dans la demi-heure suivant un séisme, tout le pourtour du Pacifique est informé et les prévisions fiables émises. L?océan Indien souffre du fait que, géologiquement, c?est une zone de non-activité.

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