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TSUNAMI alerte rouge

3 avril 2005, 00:00

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Un coup de pied dans une fourmilière. L?annonce d?un tremblement de terre de magnitude 8,7 sur la côte ouest de l?Indonésie qui lancerait un tsunami jusqu?à nos côtes, a jeté sur les routes des centaines de personnes. Mais les grosses vagues ne sont jamais arrivées. Fausse alerte au tsunami. Et vraie alerte à l?urgence d?avoir un système de surveillance sismique efficace pour l?océan Indien. « C?est un gros travail que nous pensons terminer en 2006. Cette fausse alerte a mis le doigt sur nos failles. Il nous faut un plan d?urgence le plus vite possible», reconnaît Rajesh Bhagwan, ministre de l?Environnement.

Comment devrons-nous nous y prendre pour sonner l?alarme ? Les représentants de la météo, du ministère de l?Environnement et le Mauritius Oceanography Institute (MOI) ont fait le plein d?idées au premier International Coordinating Meeting for the Development of a Tsunami Warning System and Mitigation System qui s?est tenu à Paris, au quartier général de l?Unesco.

Il faut d?abord une structure régionale qui comprenne tous les états côtiers ou insulaires de l'océan Indien. « Nous ne pourrons travailler en isolation. Déjà, plusieurs pays comme l?Inde, la Chine et le Japon ont signifié leur intention de nous venir en aide pour la création de la logistique dont nous aurons besoin », souligne notre interlocuteur. L?Australie et la Malaisie se sont portés volontaires pour l?installation de matériels de détection des tsunamis dans la région. La Thaïlande prévoit un système semblable dans la mer d?Andaman. Le Pacific Tsunami Warning Center et la Japan Meteorological Agency ont également accepté d?apporter leur aide.

A la seconde réunion qui se tiendra à Maurice dans dix jours, quelque 200 participants, des spécialistes de plusieurs pays et des représentants des 27 pays membres étudieront les meilleures options pour un Tsunami Warning System.

Une structure locale de gestion des désastres naturels serait aussi créée. « Des modèles existants qui ont déjà fait leurs preuves, aux Etats-Unis ou au Japon, peuvent nous inspirer. Dans de tels cas, l'union fait la force, et rien n'exclut la mise en place d'une structure mondiale avec des ramifications régionales et locales », explique Vassen Kauppay-muthoo, océanographe et consultant en environnement chez Delphinium Ltd.

Outre une prévention efficace et un système de surveillance, il faudra créer un système d?alerte en temps réel comme cela se fait pour les cyclones. « Ce sont les services météorologiques qui s?en chargeront. Ces alertes devront être graduées comme les avertissements cycloniques », explique le Dr Mitrasen Bhikajee. Outre la radio, la télévision et la presse, les autorités étudient la possibilité d?envoyer une masse de messages sur les téléphones portables. Sur les plages, on réfléchit à l?installation de siren posts ? des sirènes servant de signal d?alerte.

Dès l?alerte, l?évacuation sera organisée suivant un plan défini. La population devra être initiée à ces procédures à travers des plans de gestion de crise. « Il faudra que le public sache exactement ce qui est prévu, quartier par quartier. Des coordonnateurs seront désignés parmi la population et des simulations devront être organisées une fois l?an », explique un météorologue. Le MOI planche sur la création d?une carte qui délimite les zones à risques pouvant être submergées sous 1, 2 ou 3 mètres d?eau. « Par rapport à l?endroit où vous êtes, elle vous indiquera la meilleure route à emprunter pour atteindre un lieu plus sûr », poursuit le Dr Bhikajee.

La Terre est et restera imprévisible. Face à ces catastrophes naturelles qui nous guettent, nous devons nous appuyer sur tout ce que la technologie peut nous apporter. Et s?y préparer physiquement et mentalement.

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