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Sur les traces des pionniers
A petits pas comptés, le Premier ministre Manmohan Singh s?avance vers les traces du passé. Tout est chronométré. De la plaque commémorative dévoilée d?un geste souple, jusqu?en bas des escaliers de Trou-Fanfaron. Vijaya Teelock, présidente du conseil d?administration du Aapravasi Ghat Trust Fund et les autres membres du conseil doivent retenir Manmohan Singh durant huit minutes.
Une véritable éternité en termes protocolaires. Des secondes chargées d?émotion, épurées de tout discours officiel. «Un peu de sentimentalité et de nostalgie dans cette visite qui, tout compte fait, est hautement politique, même si au départ on nous l?avait caché», comme le note un confrère de la presse indienne.
Emporté par la vague du souvenir, le Premier ministre de la Grande Péninsule contemple plusieurs secondes durant, la plaque où sont gravées deux empreintes de pied. «C?est une manière de retracer le parcours et la contribution des travailleurs engagés», lui explique la ministre des Arts et de la Culture, Leela Devi Dookun-Luchoomun, qui est également à ses côtés. Ces pas immortalisés dans le bronze, c?est aussi l?emblème du Aapravasi Ghat Trust Fund. Un trust qui n?a pas manqué d?afficher son désir de s?appuyer sur l?Inde pour faire avancer son dossier d?application pour l?inscription du site de débarquement des travailleurs engagés sur la liste du Patrimoine mondial de l?Unesco.
Un soutien qui s?est déjà matérialisé depuis 2001 ? année de la création du Aapravasi Ghat Trust Fund ? en termes d?expertise scientifique pour la conduite des travaux archéologiques et la préparation du dossier d?application. Un dossier dont la prochaine phase importante sera la venue des inspecteurs de l?Unesco, attendue en juin prochain.
Si les photographes de presse sont bousculés par le cordon de sécurité à chacune des étapes de cette immersion dans l?Histoire, Manmohan Singh reste serein à l?ombre de son turban bleu. C?est avec une courtoisie palpable qu?il salue tous ceux qui lui sont présentés. Avec une attention sans faille, il écoute les explications fournies sur ce lieu symbolisant «la Grande Expérience» initiée entre 1835 et 1924, par le gouvernement britannique après l?Abolition de l?esclavage. Une man?uvre consistant à montrer la supériorité de la main-d??uvre dite «libre» sur le travail des esclaves, dans ses colonies.
Un système nommé administrativement «engagisme». Un système qui dans les faits représente des années de labeur, que Manmohan Singh a tenu à «saluer» dans le livre des visiteurs. «Je rends hommage à tous ceux qui ont gravi ces marches au cours des siècles passés et qui à travers le labeur, ont créé un bijou ? Maurice ? qui brille aujourd?hui et qui brillera encore plus fort dans les années à venir.»
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