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Questions à? Patrick Chui Wan Cheong
● Depuis mercredi, vous êtes, pour la 5e fois, président de l?Association des cliniques. Quelles seront vos priorités pendant ce mandat ?
? La priorité des priorités demeure la formation des infirmiers. C?est à ce niveau qu?il y a une véritable crise dans le métier. Le secteur privé souhaite la création d?une Private School of Nursing mais l?Etat n?a jamais été en faveur.
Ce qui fait que nous devons débourser chaque mois quelque Rs 6 000, par infirmier, pour sa formation dans les hôpitaux de l?Etat et à la Nursing School of Mauritius, pour trois ans.
Aussi, nous envisageons d?entamer des pourparlers avec l?Institute of Vocational and Training Board (IVTB) pour un remboursement de 75 % de nos dépenses pour la formation. Cela nous revient très cher car nous devons former plusieurs infirmiers pour offrir un service de santé de qualité. Sans compter que l?exode dans cette profession demeure toujours une réalité.
Toutes les cliniques souhaitent aussi acheter ensemble certains produits, pour réduire les coûts qui sont de plus en plus excessifs. Les modalités de ce projet seront définies bientôt.
● Le ?Regional Hi-tech Medical Hub?, destiné principalement à une clientèle touristique, est-il une aubaine pour le privé?
? Investir dans le hi-tech, dans le cadre de ce projet ambitieux qu?est le Medical Hub (centre médical), une golden opportunity pour le privé. Nous espérons que les autorités mettront suffisamment de mesures incitatives, telles que des soft loans pour faire aboutir ce projet de médecine de pointe spécialisée.
Le secteur privé est aussi d?avis que, dès la création du centre, nous pourrons également développer la médecine traditionnelle, comme celles héritée de l?Inde et de la Chine, pour les touristes. C?est un créneau très porteur pour une destination touristique aussi renommée que notre île. Imaginez une île paradisiaque qui offre en même temps des facilités médicales de haute facture et la médecine traditionnelle. Quoi de mieux pour une convalescence ?
● On comprend bien que la clientèle du privé baisse. D?où les projets alternatifs pour survivre ?
? Il est effectivement vrai que notre taux d?occupation a considérablement baissé ces dernières années. Nous n?avons aujourd?hui que 40 % des malades qui se font admettre chez nous. D?où le fait qu?il est difficile pour nous d?être rentables. Nous ne bénéficions d?aucun subside et ni d?autres mesures incitatives. Pour une profession aussi noble que la nôtre, nous aurions dû bénéficier d?exemptions sur les impôts.
Le fait que les hôpitaux publics soient dotés d?équipements de pointe encourage les patients à s?y rendre. Dans le temps, nous avions des partenariats avec le service public pour l?utilisation des scanners et du Magnetic Resonance Imagery (MRI). Tel n?est plus le cas. Le service public a acquis ces équipements. Toutefois, la liste d?attente reste longue.
Il nous faut identifier des partenariats à développer avec le service public, afin que nous soyons davantage complémentaires. L?assurance nationale devra aussi être un axe fort des prochaines discussions entre l?Etat et le privé.
● La législation prévoit que la transplantation sera réservée au service public. Qu?en pense le secteur privé ?
? Il est important de proposer des choix aux malades. Il est impératif que l?on ouvre cette pratique aux cliniques. Si la loi est rigoureuse, elle doit encore pouvoir prévoir des organismes régulateurs, avec des sanctions très sévères, pour prévenir des trafics d?organes.
Propos recueillis par Jane L.O?NEILL
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