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Israël, la peur bleue
France-Israël 1993, Israël-France 2005. Deux matches, deux destinées. Le triste épisode d?il y a douze ans sera dans toutes les têtes ce soir même si les supporters tricolores sont désespérés de voir leurs favoris endosser, enfin, l?habit de super héros qui allait comme un gant à la génération Zidane-Blanc-Deschamps?
La cuillère en bois n?est plus trop loin pour les Bleus semble vouloir dire l?histoire du football, si l?on se fie aux similitudes entre le match à haute tension qui se profile à l?horizon ce soir et le cuisant échec de 93 de la bande de Gérard Houllier-Eric Cantona, au Parc des Princes.
Il convient de rappeler cet épisode si douloureux pour le football français. La France avait pratiquement son billet en poche pour la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis et n?avait besoin que d?un point avant ses deux derniers matches, à domicile, contre Israël et la Bulgarie.
Et patatras ! Ce fut le couac 2-3 contre les Israéliens suivi d?un traumatisant 1-2 face aux diables bulgares de Hristo Stoichkov, avec notamment un missile d?Emile Kostadinov sous la barre transversale à la dernière minute de jeu. Adieu la World Cup américaine, exit Houllier et c?est toute une génération de joueurs talentueux (Cantona, Ginola etc.) qui disparaissait.
Les fantômes du passé ne manqueront pas de titiller les esprits des footballeurs français ce soir encore alors que la fébrilité et le doute commencent à gagner les rangs tricolores.
La transition Lemerre-Domenech ne s?est pas fait dans la douceur et pourrait même tourner au fiasco en cas de défaite ce soir. Les cadres sont partis et l?ombre de Zinedine Zidane devient de plus en plus oppressante. Les résultats se font attendre et le réalisme semble avoir délaissé les pieds des attaquants français.
Heureusement, le jeu est en net progrès mais, à chaque fois, les Bleus n?ont pas été récompensés (France-Suède 1-1, France-Suisse 0-0 mais 23 occasions à 4).
Les plus optimistes sont convaincus que l?équipe de France va aller s?imposer en Israël mais c?est un véritable traquenard qui les attend. Yossi Benayoun et ses coéquipiers comptent plusieurs vieux briscards évoluant aux quatre coins de l?Europe dans leurs rangs et développent un football solide et créatif, suffisant pour contrer l?Eire samedi dernier (1-1).
Par ailleurs, vu le contexte international électrique au Proche- Orient et le conflit israélo-palestinien, Fabien Barthez a dit tout haut ce que la plupart pensait tout bas : à savoir qu?il était délicat pour une équipe aussi médiatique que l?équipe de France de se déplacer en Israël par les temps qui courent.
Le gardien de l?Olympique de Marseille n?a pas tort étant donné que, en Coupe d?Europe, les clubs israéliens (Maccabi Haïfa, Hapoël Tel Aviv etc.) reçoivent souvent leurs adversaires sur terrain neutre, le plus souvent en Albanie.
Vexé, Iche Menahem, le président de la Fédération israélienne, a répondu au gardien français : "Il n?a qu?à rester en France s?il a peur, a-t-il déclaré au quotidien ?Yedioth Aharonot?. A mon avis, Barthez craint de ne pas être titulaire pour le match contre Israël et c?est pour cela qu?il a fait de telles déclarations.? Fabulous Fab peut s?attendre à être copieusement sifflé par le bouillant public israélien ce soir? Le décor est planté !
D?un point de vue strictement sportif, la France est assise sur un volcan qui ne demande qu?à entrer en éruption tout à l?heure à Tel Aviv. Champions du monde en 1998 puis champions d?Europe en 2000, les Bleus ne sont plus aujourd?hui que les rois du match nul. A eux d?écrire leur propre histoire?
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