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Des contrebandiers utilisent Maurice
Vendre des cigarettes on-line depuis Maurice afin d?offrir un prix défiant toute concurrence. L?idée semblait bonne, mais il s?agissait en fait d?une arnaque monumentale. Les gérants du site e-tabac.com faisaient croire à leurs clients éventuels qu?acheter du tabac en ligne leur éviterait de s?acquitter des droits fiscaux.
Mais ce trafic n?aura pas duré. Créé en juillet 2003, le site a fermé il y a quelques semaines. Motif : huit interpellations et d?autres personnes, d?origine française, dans le collimateur de la police de l?Hexagone. Elles sont toutes suspectées de cette escroquerie.
Bien qu?e-tabac.com eût une adresse réelle à Maurice et fît tout pour laisser croire qu?elle était basée ici, les opérations étaient en fait menées de la banlieue parisienne (Seine-et-Marne).
En France, la législation concernant la vente de tabac est très stricte. Les seuls habilités à en vendre sont les buralistes et les commerçants autorisés. Toute autre individu ou société qui en vend est hors la loi. Mais les propriétaires d?e-tabac.com avaient pensé trouver une astuce pour contourner la loi. Ils prétendaient que la transaction ne se déroulait pas en France puisque les cartouches de cigarettes étaient vendues de l?étranger, et le paiement effectué en ligne. En réalité, les cigarettes étaient achetées en très grosse quantité à l?étranger, notamment en Suisse, où elles sont moins chères, pour être ensuite acheminées en Afrique.
Les containers transitaient particulièrement par le Bénin et le Togo. Là-bas, les cigarettes étaient emballées et expédiées dans une dizaine de pays de l?Union européenne. Mais le pot aux roses a été découvert par la cellule de veille Internet de la douane française.
Les contrebandiers ont quand même pu, entre-temps, écouler 24 000 cartouches de cigarettes, en utilisant le stratagème de la base d?opérations à Maurice. Le service des douanes estime les préjudices subis à 960 000 euros, soit environ Rs 36 millions, représentant le montant de l?évasion fiscale.
La difficulté pour les policiers aura été de retracer le lieu d?où opérait la compagnie. Tous les soupçons se portaient en effet sur Maurice, mais après plusieurs mois d?enquête, et une traque sur Internet, plusieurs saisies ont pu être opérées dans des centres de tri postal.
En ce qui concerne les acheteurs, ils sont eux aussi passible de 15 à 75 euros d?amende en sus d?une pénalité qui peut atteindre trois fois la différence des taxes. Les contrebandiers risquent, pour leur part, trois ans de prison maximum et une amende pouvant atteindre deux fois la valeur des objets du délit.
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