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Tsunami : la nuit de la peur

29 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les esprits encore marqués par des images de dévastation provoquée par le tsunami du 26 décembre dernier, les Mauriciens n?ont pas tardé, hier soir, à réagir aux premiers avertissements diffusés en boucle sur les chaînes étrangères. La nouvelle est tombée peu après 21 heures. La côte ouest de l?île de Sumatra, située en Indonésie a été touchée par un tremblement de terre de 8,7 sur l?échelle de Richter. Le dernier bilan faisait état d?une cinquantaine de morts et des centaines de blessés. Les opérations d?évacuation, mis en place rapidement, ont permis à des milliers de familles de se réfugier à l?intérieur des terres.

A Maurice, la réaction ne s?est pas fait attendre. Les téléphones de la station météorologique de Vacoas ont aussitôt été pris d?assaut par des centaines de Mauriciens, princippalement ceux habitant sur le littoral, paniqués en apprenant l?existence de risques de raz-de-marée qui pourraient toucher les côtes. ?Nous avons reçu des appels de gens affolés qui nous demandaient qu?ils fallaient fuir les maisons ou non. Les lignes téléphoniques étaient complètement saturées?, a fait ressortir un employé de la météo. Les autorités mauriciennes ont aussitôt brandi l?avertissement d?un tsunami venant tout droit sur le pays. A 02 h 30, Maurice n?avait toujours pas été touchée. Des vagues de 1,9 m ont toutefois été enregistrées au large de Blue-Bay, vers 1 h 45, selon le directeur de la météo, Sok Appadu.

Les responsables de la station météorologique sont unanimes : l?Advance Warning ? système d?alerte des tsunamis ? n?a pas fonctionné. Ce sont des membres du public, expliquent-ils, qui ont appris la nouvelle du tremblement de terre sous-marin près des côtes de Sumatra qui ont averti la météo. Ce sont ces mêmes appels incessants qui ont fini par pousser les prévisionnistes à prévenir le directeur de la météo, Sok Appadu et son assistant, le Dr Beenaye Pathack de la situation.

C?est le branle-bas de combat. Tous les hauts cadres de la météo se réunissent aux alentours de 21 heures pour faire le point sur la situation et informer le public. Le message est diffusé à la télé et sur les radios : toute sortie en mer est vivement déconseillée en raison des risques de raz-de-marée pouvant toucher les côtes mauriciennes.

Cible potentielle

A chaque mention de Maurice comme une cible potentielle de raz-de-marée, c?est la panique générale. Selon le Centre d?alerte aux tsunamis du Pacifique, Maurice, Rodrigues ainsi que les Maldives feraient partie des îles à risques.

Les services météorologiques et les salles de rédactions croulent sous les appels. De nombreuses familles, résidant sur le littoral décident de quitter leurs domiciles pour la nuit, par précaution. ?Ce n?est peut-être qu?une fausse alerte mais nous ne voulons pas prendre de risques. Nous irons passer la nuit chez des proches à Beau-Bassin,? lâche un habitant d?Albion, affolé. Pour tous, les images de dévastation et de désolation du précédent tsunami en Asie du Sud Est au mois de décembre hantent les esprits. ?Nous avons vu les dégâts que peuvent provoquer un tsunami. Nous ne voulons vraiment pas rester pour voir ça,? déclarait un habitant de Flic-en-Flac hier soir.

Citant Robert Cessaro, un expert du Pacific Tsunami Warning Center, l?agence de presse Reuters indiquait que la secousse de magnitude 8,7 allait probablement déclencher un tsunami sous la forme d?une ?onde d?énergie en direction du sud? de l?océan Indien. Et d?ajouter que le tremblement de terre avait provoqué un mini tsunami sur les îles Cocos, situées dans l?océan Indien. Cette information confirmait que les vagues se dirigeaient dans une direction du sud. Selon un expert français, le séisme survenu hier sur l?île de Nias en Indonésie, est trente fois moins puissant que celui du 26 décembre dans la même zone.

A Maurice, outre les habitants du littoral, les hôtels de l?île étaient également sur le pied de guerre. La direction des établissements hôteliers ainsi que tous les membres du personnel ont été mobilisés pour encadrer les touristes et pour parer à toute éventualité. C?est les policiers de la localité qui ont averti la direction de l?hôtel Le Paradis, à Le Morne des risques de raz-de-marée. Même scénario à l?hôtel One & Only Le Saint-Géran où les clients étaient accrochés à leurs postes satellitaires pour suivre en direct l?évolution de la situation.

A minuit hier, des habitants de Flic en Flac se sont même rendus au poste de police de la localité pour se renseigner sur le tsunami. Les unités de la National Coast Guard (NCG) et les postes de police se trouvant sur les régions du littoral ont pour leur part conseillé à ceux qui se trouvaient sur la plage, aux campeurs et pique-niqueurs qu?ils ne devaient pas être en mer ni sur la plage entre 1 heure et 4 heures du matin. Mais nombre d?entre eux n?ont pas tenu compte de ces consignes de sécurité. ?J?attends le tsunami pour voir à quoi cela ressemble?, devait déclarer un campeur.

DÉVASTATION

Le séisme du 26 décembre

● L?Asie du Sud-Est panse toujours ses blessures causées par le tsunami du 26 décembre 2004, succédant à un violent séisme, au large des côtes de Sumatra. Un mur d?eau qui a englouti quelque 300 000 personnes.

Ces vagues ont été ressenties même jusqu?à Maurice et Rodrigues, pourtant à des milliers de kilomètres de l?épicentre. Scénario identique à l?île S?ur. A Roches-Noires, les vagues se sont écrasées contre les murs, entrant sur une distance de 15 mètres.

Alors que ces vagues touchaient le pays, en Asie du Sud-Est, ce fut un mur d?eau d?une dizaine de mètres de haut qui s?abat, ce matin là, sur l?Indonésie, sur les côtes de Sri Lanka de même que sur le sud de l?Inde et de la Thaïlande. Cette masse d?eau dévastatrice pour l?Asie, peut atteindre jusqu?à 35 mètres, se déplaçant entre 500 km/h et 800 km/h.

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