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Koulov apaise les craintes de scission parmi les dirigeants

28 mars 2005, 00:00

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Felix Koulov, un des chefs de file de l?ex-opposition qui a renversé jeudi le président Askar Akaïev, a apaisé les craintes de scission au sein de la nouvelle direction kirghize en disant qu?il ne se présenterait pas à la présidentielle si cela nuisait à la stabilité de la république d?Asie centrale.

Les nouveaux dirigeants du Kirghizistan, dont le seul point commun semble avoir été leur opposition à Akaïev, tentent de rétablir l?ordre après les manifestations de jeudi qui ont fait chuter le président et qui ont été suivies de violences et de pillages à Bichkek.

Felix Koulov, qui a su persuader la police de reprendre son travail malgré la ?révolution? et qui a ordonné aux forces de l?ordre de tirer sur les pillards, a laissé entendre qu?il ne briguerait pas la présidence le 26 juin face à celui qui assure aujourd?hui l?intérim, Kourmanbek Bakiev.

Dans la capitale, le calme semblait prévaloir du fait de la présence accrue des forces de l?ordre. Mais les ardeurs étaient aussi probablement tempérées par une tempête de neige qui s?est abattue sur la capitale.

?La question de l?élection présidentielle est très importante. Il faut y réfléchir cent fois?, a dit Koulov, qui était emprisonné jusqu?à jeudi pour une affaire de détournement de fonds qu?il qualifiait de politique.

?Je suis tellement inquiet que pour éviter que quelque chose de grave ne se passe, il serait préférable de ne pas se présenter?, a-t-il dit à la télévision d?Etat. ?L?important n?est pas d?avoir le poste, mais la sécurité et la stabilité.?

Des querelles pour combler le vide du pouvoir créé par le départ d?Akaïev et par le discrédit des parlementaires ont déjà éclaté au Parlement, qui s?est réuni hier pour discuter de la crise.

<B>Aucun leader incontestable</B>

Contrairement aux oppositions en Géorgie et en Ukraine, deux ex-républiques soviétiques qui viennent également de connaître ce genre de ?révolution?, l?opposition kirghize est composite et ne possède aucun leader incontestable. D?où les rivalités, parfois exacerbées par les origines régionales des membres de l?opposition.

Les nouvelles autorités kirghizes semblent toutefois avoir échappé hier à une première vague de contestation, sous la forme d?une marche de protestation qui a fait long feu, faute d?une mobilisation suffisante.

L?ancienne république soviétique d?Asie centrale reste toutefois le théâtre d?une intense agitation, alimentée par des rumeurs de guerre civile ou de tentatives d?assassinat, qui suscitent la crainte de ses voisines et l?attention soutenue de Moscou et Washington.

Le président par intérim a dû samedi changer le lieu de sa conférence de presse, les autorités ayant reçu des informations au sujet d?une possible tentative d?assassinat.

Samedi, à l?initiative de Kenechbek Douchebaïev, ex-ministre de l?Intérieur et ancien chef de la police qui a assuré que ?tout (était) en place pour une guerre civile?, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Tchim Korgon, à 90 kilomètres de Bichkek, avec l?intention de marcher sur la capitale pour condamner le renversement d?Akaïev.

A la nuit tombée, Koulov a toutefois indiqué que les 3 000 marcheurs, qui n?ont pas suscité l?engouement escompté, avaient renoncé à leur projet.

Le nouveau chef de l?Etat, qui a annoncé samedi son intention de se présenter le 26 juin, a en revanche obtenu l?appui de Vladimir Poutine.

Cité par l?agence Interfax, un porte-parole du Kremlin a déclaré que le président russe avait contacté Bakiev pour lui dire qu?il était prêt à envisager ?des moyens concrets pour contribuer à la stabilisation de la Kirghizie?.

Beaucoup s?attendaient à ce que la Russie, toujours présente militairement en Kirghizie, tarde à reconnaître les bouleversements politiques survenus à Bichkek, après deux ?révolutions? dans sa sphère d?influence.

Mais l?ex-opposition kirghize, une coalition comprenant d?anciens ministres d?Akaïev, n?a jamais manifesté le souhait de se détourner du giron russe.

Le Kremlin a par ailleurs annoncé samedi qu?Akaïev, qui a refusé de démissionner, avait été autorisé à se rendre en Russie, en laissant entendre qu?il y était arrivé. ?Askar Akaïev a demandé à venir en Russie et cette possibilité lui a été accordée?, dit un communiqué du Kremlin cité par l?agence Itar-Tass.

<B>Christian LOWE</B>

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