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De la pluie et du beau temps
Il aura suffit d?un sondage? Si ce n?est pas de la panique cela y ressemble fort. Ainsi, après un week-end chômé et juste avant un jour de congé public prévu au calendrier, le gouvernement aura donc décidé d?accorder un jour de congé supplémentaire lundi.
Ceux qui avaient prévu de faire le ?pont? lundi ont été frustrés de ce plaisir coupable. L?Etat leur a gâché cette joie en invitant la population au farniente.
Officiellement, les autorités ont justifié leur initiative par le mauvais temps qui aurait empêché les Mauriciens de foi hindoue d?accomplir le pèlerinage annuel vers le Ganga Talao.
Ce fallacieux prétexte n?aura trompé personne. Malgré la pluie, ils étaient déjà des milliers de pèlerins sur les routes qui bravaient les intempéries pour aller faire leurs dévotions au lac sacré. Et s?il avait plu davantage lundi, à quoi ce jour de congé aurait-il servi ?
Il est on ne peut plus clair que ce caprice du gouvernement visait essentiellement à cajoler la communauté majoritaire à quelques mois des prochaines élections générales. C?est un geste inutile. Ceux qui ont déjà décidé de voter travailliste ne changeront pas d?avis pour si peu.
Quant aux autres, ils ne peuvent que se demander si c?est avec une telle irresponsabilité que ce gouvernement prétend faire face à l?état d?urgence économique qu?il a lui-même décrété ?
Le seul résultat de ce jour de congé imprévu aura été de perturber l?organisation du travail dans le secteur productif comme dans celui des services.
Le manque à gagner pour l?économie est complexe à calculer, mais les centaines de millions de roupies perdues sont un luxe qu?un pays qui ne fait que 4 % de croissance ne peut se permettre.
La Mauritius Export Processing Zone Association estime que cette journée chômée coûtera Rs 15 millions à ce secteur, rien qu?en termes de salaires payés pour rien.
Mais c?est sans compter la désorganisation du travail et le retard dans la production que cela a occasionné. Un jour de travail perdu est difficile à rattraper pour une usine de textile-habillement.
Les délais de livraison sont de plus en plus courts. Des commandes se gagnent ou se perdent en fonction de la capacité à livrer plus vite que la concurrence. Pour plusieurs usines de textile, il était inimaginable de chômer lundi. Elles ont dû travailler en payant une double journée à leurs employés.
Outre les problèmes pratiques que pose un jour de congé imprévu, la plus grave conséquence est le message que cela envoie tant à la population et aux salariés qu?à nos clients et investisseurs étrangers.
En agissant avec tant de désinvolture, le gouvernement s?est décrédibilisé pour prêcher la discipline au travail, la productivité et la compétitivité.
Par ailleurs, tandis que Maurice veut se transformer en une économie des services, décréter un jour de congé parce qu?il pleut peut dans le meilleur des cas faire sourire dans les marchés internationaux auxquels nous sommes liés.
Au pire, c?est la fiabilité de notre centre de services et de notre centre financier qui risque d?être remise en question. Pendant que Maurice chôme, c?est ?business as usual? à Londres et à Singapour. Qu?il neige ou qu?il tonne.
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