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?Duas Sem Três?, jamais deux sans trois au Cap-Vert

7 mars 2005, 00:00

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Une fois n?est pas coutume, réglons nos pas sur le rythme du Cap-Vert. Archipel de l?Atlantique situé à l?ouest du Sénégal, sa particularité chorégraphique est de se servir du corps comme d?un instrument musical. Duas Sem Três, qui signifie ?deux sans trois? s?attache à poser sur scène l?univers féminin, avec une attention spéciale pour les relations entre le corps et la voix.

Pièce inspirée d?un texte de Mario Lucio Sousa, Duas Sem Três oppose et compose avec ?la muse des villes? et ?la muse des champs.? Spectacle crée en 2002 par les danseuses Rosy Tavares et Elisabete Fernandes, sous la direction de la chorégraphe portuguaise Margarida Mestre, il sera présenté par la compagnie Raiz di Polon jeudi 10 mars au théâtre de Port-Louis à 20 heures. Prix des places : Rs 150. Les billets sont en vente au CCB, au CCEF, au Cifod, à l?Alliance Française de Bell-Village et au kiosque d?information du Caudan.

Corps à corps de petites filles jouant à être des femmes. ?L?une chuchote une histoire que l?autre n?écoute pas, occupée à jouer avec sa respiration, à battre l?air de ses mains.? L??uvre a émergé du choc de culture suscité par la rencontre entre la danse contemporaine et les traditions capverdiennes.

<B>Femmes gardiennes de la culture</B>

La troupe Raiz di Polon a vu le jour en 1991. Depuis, elle a fait le tour du monde avec une escale remarquée à Madagascar. En 2003, la troupe y recevait le Prix Spécial du Jury de Sanga II, rencontre chorégraphique de l?Afrique et de l?océan Indien. Pionnière de la danse contemporaine au Cap-Vert, elle viendra défendre le rôle des femmes, gardiennes et propagatrices des traditions et de la culture dans l?archipel.

?Personne ne se souvient de leur vrai nom?, dit Mario Lucio Sousa, auteur du texte sur lequel repose Duas Sem Três. ?Ces muses ont été élevées dans l?ignorance de l?existence de l?autre. Peu à peu, des informations commencent à filtrer. Les hommes, appelés à la guerre laissent le champ libre. Les âmes s?urs tenues éloignées finissent par se retrouver comme face à un miroir.?

Tour à tour princesses puis madones, le duo de Duas Sem Três tire profit des accessoires de la féminité. Un tablier, un châle, un fagot sur la tête, une bassine, des robes, un panier. Elles virevoltent, s?envolent, ?jusqu?à ce que la solitude peut-être un jour les rattrape. Alors elles jouent au mariage, empêtrées dans des voiles sans fin. Mais pourquoi le marié ne vient pas ??

SPECTACLES

<B>Jean Renat Anamah par ?Monts et Amonts?</B>

■ Découpé l?espace. Redéfinir le haut et le bas. S?en amuser. Traduire en pas de danse les différences qui séparent les êtres. Accommoder les grands et les petits dans une même sarabande.

Et tenter de savoir pourquoi la tête des homo sapiens est longtemps restée baissée au cours de l?évolution. Autant d?entrechats qui constituent ?Monts et Amonts?, spectacle de danse de Jean Renat Anamah. Jamais présenté dans son intégralité à Maurice ? faute de moyens ? des extraits d?une vingtaine de minutes seront joués au théâtre de Port-Louis le jeudi 10 mars à 20 heures. Signalons que seuls des extraits nous avaient été proposés en décembre dernier, lors de la création de ?Trois filles dans le vent?, autre pièce signée Anamah. Les danseurs locaux ? Anamah ne sera pas seul sur scène ? se produiront en première partie de ?Duas Sem Três?, spectacle de danse de la Compagnie capverdienne Raiz di Polon. Le danseur et chorégraphe local sera accompagné de Natacha Petit et de Steve Rambhujun. C?est sous d?autres cieux que ?Monts et Amonts? a vu le jour. Ce spectacle qui remet sur le tapis nos propres inhibitions a été crée en août 2004 à l?île de la Réunion. Le public de l?île s?ur a eu droit à deux représentations, l?une au théâtre du Séchoir à St Leu et l?autre au théâtre du Bambous à St Benoît. Pièce dansée qui fait remonter à la surface nos frustrations, notre incapacité à dompter l?espace et à le maintenir à notre mesure, ?Monts et Amonts? cherche à juguler les inquiétudes qui jalonnent la construction de l?être. La représentation finie, c?est vers le Cameroun que se tournera Jean Renat Anamah. Il séjournera à Douala du 14 au 27 mars. But de la visite : participer au 1er Festival de Danse marquant les célébrations de la Journée Internationale de la Francophonie, le 20 mars. Les danseurs locaux seront de retour avec ?Monts et Amonts?, qui sera présenté dans son intégralité le 29 avril au théâtre Serge Constantin à Vacoas.

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