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B.P. 247

7 mars 2005, 00:00

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Nous, parents, éducateurs, membres du comité de SENS ? organisme qui encadre les enfants à besoins spéciaux ? avons suivi avec angoisse et empathie les déboires de l?APEIM il y a quelques semaines. Angoisse, parce que nous savons à quel point les enfants avec des besoins spéciaux seraient perdus sans organisations comme l?APEIM et empathie, parce que nous avons aussi frôlé la fermeture pour les mêmes raisons.

Nous avons aussi remarqué les ?bravos? qui ont suivi votre décision d?offrir une parité de traitement aux enfants à besoins spéciaux et de rehausser enfin leur ?grant? au même niveau que celui des enfants scolarisés dans le ?mainstream?. Or, ceux qui connaissent la vérité et les tourments de l?éducation spécialisée savent que ces applaudissements viennent trop tôt, pour plusieurs raisons :

La première est que pour que l?enfant le plus handicapé et l?enfant ?normal? soient à chances égales, il faut, comme cela se fait dans les pays développés, que l?Etat investisse de 2 à 4 fois plus dans l?enfant handicapé. Il a besoin d?accompagnement spécialisé : éducateurs spécialisés, psychologie adaptée, matériel et équipement coûteux, soutien thérapeu-tique, parents encadrés, etc. Ailleurs, certains parviennent à rejoindre des classes de ?mainstream?, avoir accès au tertiaire, devenir des ?grands dimounes? ? aspiration normale pour tout citoyen. Chances égales = investissement initial plus important pour l?enfant handicapé.

Il aurait, en outre, fallu penser en termes de niveau de handicap (?) Il faut un système de financement retravaillé pour un encadrement optimisé et une formation continue pour tous les intervenants. (?) Dans le budget 2004 du ministère de l?Education, la part revenant aux enfants handicapés est décrite sous l?item ?Contributions and Benefits? et ne fait même pas partie du ?block? allant vers les écoles afin de pourvoir à l?éducation des enfants plus vulnérables de notre République. Même si, comme Monsieur le ministre Obeegadoo l?a dit dans une interview à la radio, il faut rester réaliste par rapport à ce que l?Etat peut faire pour ces enfants handicapés, il faut aussi que justice soit respectée. (?)

Un décret de 1977 annonçait que l?Etat offrirait l?Education gratuite à tous les enfants. De 1977 à 2005, envers combien d?enfants handicapés l?Etat, indépendamment des partis au pouvoir, n?a-t-il pas été honnête ? Dans le budget 2004, l?article 60 prévoit l?introduction du Equal Opportunity Act, ?Our aim is to prohibit discrimination (?)?. Nous espérons que cette phrase aussi ne sera pas un leurre et que les enfants handicapés auront, enfin, le traitement et le respect auquels tout être humain a droit.

Les institutions spécialisées de bon standard devraient dépenser Rs 4 000 par mois pour chaque enfant à plein temps et Rs 2 000 pour chaque enfant à temps partiel. Environ 10 % de toute population scolaire a besoin d?encadrement à plein temps. D?après l?OMS toute population a une moyenne de 20 à 30 % de handicapés de toutes sortes. Selon cette estimation et puisqu?il y a, chez nous, beaucoup plus d?enfants handicapés enfermés chez eux, nous pouvons dire que pour les 30 000 nouveaux enfants scolarisables tous les ans, il y en a 3 000 qui vont recevoir une scolarité totalement inadéquate ou qui ne seront pas scolarisés du tout. Au niveau seulement du primaire, cela fait au moins 18 000 négligés. (?)

A partir de l?année fiscale 2005-2006, l?Etat devrait prévoir une enveloppe de Rs 50 m par an pour permettre aux ONG de construire de nouvelles écoles spécialisées et de les équiper : avec un plan d?action sur 5 ans, chacun des 5 types de handicaps (handicap mental, troubles d?apprentissage, handicap moteur ou physique, mal entendant, mal voyant), devrait avoir une école par région éducative, y compris Rodrigues. Au taux de Rs 10 m par école x 5 handicaps = Rs 50 millions.

Pour assurer un meilleur niveau de formation, il faut bénéficier de l?aide étrangère pour chaque type de handicaps de tuteurs spécialisés qui n?existent pas a Maurice. Nous suggérons un tuteur pour chaque type de handicaps pour une durée de 2 ans c?est-à-dire une enveloppe d?aide de Rs 2 m par an pour chaque type de handicap à une ONG bien structurée. (?) Une participation de sponsors privés serait néanmoins requise. Budget total annuel pour 5 types de handicaps x Rs 2 m = Rs 10 m.

Au total, les besoins sont pour le prochain budget, incluant des dépenses courantes de Rs 92.5 m et des dépenses capitales de Rs 60 m, de Rs 152,5 m.

Ces demandes ne prennent pas en considération les besoins du cycle secondaire ou tertiaire pour lesquels nous laissons la décision d?un ?token vote? au ministre. Un Workshop on inclusion, auquel participent toutes les ONG impliquées dans l?éducation spécialisée, prépare un policy paper avec des recommandations (?). Nous espérons qu?elles ne seront pas diluées ou pire qu?elles ne finiront pas dans un tiroir (?).

Nous demandons une véritable parité de traitement pour les enfants handicapés. Alors, nous applaudirons.

Parents, staff, comité d?administration (SENS)

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