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Pluies : le bonheur des uns fait le malheur des autres
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Pluies : le bonheur des uns fait le malheur des autres
Les grosses averses se sont calmées. Ce qui ne peut que réjouir ? et rassurer ? une bonne partie des Mauriciens après qu?ils aient subi les contrecoups des inondations ces derniers jours. Pour l?économie du pays, ces 200 millimètres de pluie enregistrés ne seront pas sans conséquences, bonnes ou mauvaises. Survol de la situation dans les secteurs-clés?
Au niveau des infrastructures publiques, de nombreuses routes ont été abîmées par l?eau, notamment dans la région ouest du pays, à Tamarin, à Rivière-Noire, avec plusieurs voies impraticables. Dans les principales villes, mais aussi au nord, des dégâts importants nécessitent des réparations urgentes.
Les sapeurs-pompiers ont en outre reçu plus d?un millier d?appels durant cette période faisant état de routes sous les eaux, ainsi que 350 maisons inondées. Ils attribuent ce problème précis à des drains bouchés parce que mal nettoyés. Baie-du-Cap, Terre-Rouge, Plaine-Verte, Cassis, Pailles, Piton, Triolet, mais aussi Quatre-Bornes, non loin de la montagne Corps-de-Garde ont été particulièrement affectés.
<B>Excursions à l?eau</B>
La Task Force présidée par Suresh Seeballuck, secrétaire aux Affaires intérieures attaché au bureau du Premier ministre, attend du reste un rapport complet des techniciens de la NDU, de la Road Development Authority, des ministères de l?Environnement et de l?Agriculture pour se faire une idée exacte des répercussions de ces inondations sur les infrastructures et le secteur agricole. Des mesures appropriées devraient aussi être prises par les autorités pour éviter que de tels scénarios ne se reproduisent en temps de pluie.
A Quartier-Militaire, l?école primaire est inondée et il est fort probable que cette institution reste fermée mercredi. Le ministère de l?Education suit la situation de près et a demandé à tous les responsables des établissements primaires et secondaires de faire un constat de la situation dans leurs écoles aujourd?hui et de s?adresser, si besoin, aux responsables concernés pour toute assistance technique.
Les grosses pluies ont perturbé la fourniture d?eau dans la capitale et la région de La Flora. Un responsable du ministère des Utilités publiques chargé de ce dossier a précisé hier que ce problème est propre à des régions qui sont en grande partie alimentées par des rivières ? Port-Louis par Grande-Rivière-Nord-Ouest et La Flora par la Rivière- du-Poste. Sous l?impact des inondations, les eaux charrient des débris et de la boue, filtrés ensuite par des filtres à sable. Il s?agit là d?un problème qui devrait perdurer aussi longtemps que des investissements ne sont pas faits pour moderniser les stations de filtrage. Or, les travaux nécessitent Rs 250 millions, comme c?est le cas à La Nicolière. A la Flora, le problème sera résolu de manière définitive dans quatre mois, affirme-t-on à la CWA. Pour la capitale, il faudra attendre la construction du barrage de Bagatelle d?ici cinq ans.
<B>Réservoirs pleins</B>
Pour l?heure, Port-Louis est desservi par la nappe souterraine de Pierrefonds et la région de La Flora par une nappe souterraine de Nouvelle-France. La CWA estime que d?ici demain ou mercredi la situation retournera à la normale.
En attendant, ces problèmes de fourniture d?eau font le bonheur des supermarchés. Ils ont été assaillis de consommateurs venus acheter, par packs entiers, des bouteilles d?eau. Une manière d?éviter tout risque de gastroentérite. Un responsable du ministère de la Santé précise du reste que quelques cas ont été enregistrés, ce qui est normal, selon lui.De plus, les hôpitaux sont toujours pris d?assaut par des malades souffrant de fièvre et de problèmes respiratoires.
La population mauricienne n?est pas la seule à se plaindre des inondations. En effet, l?industrie touristique aurait eu beaucoup de mal à gérer le mauvais temps. Des excursions et des virées-shopping ont été annulées, et cela au détriment de commerces qui en dépendent.
Autre secteur affecté par ces inondations : les cultures vivrières. La pomme d?amour affiche déjà les Rs 70 le demi-kilo; les brèdes, giraumon, calebasses et pâtissons risquent pour leur part de se faire rares. En prévision, les consommateurs ont déjà commencé à se tourner vers les légumes surgelés, les tomates en boîte? et la pomme de terre, moins chère. L?importation de certains légumes est envisagée.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la canne à sucre a pu faire le plein avec les grosses pluies. Selon Jean-Claude Autrey, directeur de la Mauritius Sugar Industry Research Institute ?dans la globalité, les pluies ont été bénéfiques à la canne. Il faut maintenant de l?ensoleillement prolongé pendant une semaine pour rétablir l?équilibre dans les champs?. Vu l?absence de cyclones et de sécheresse, il prévoit une récolte normale pour 2005, ?probablement mieux qu?en 2004.?
Les réservoirs et nappes phréatiques ont aussi tiré profit des inondations. Selon les dernières données de la CWA, Mare-aux-Vacoas, qui était rempli à 50 % au début de février, est aujourd?hui rempli à près de 75 %, ce qui est de bon augure, estime Rohit Mungra, directeur de la CWA. Il précise que trois autres réservoirs sont à 100%, de leur capacité, notamment La Nicolière, Piton-du-Milieu et le barrage de Midlands. Le réservoir de La Ferme, qui était presque à sec fin 2004, est rempli à plus de 50%. Bonne nouvelle également pour les nappes phréatiques.
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