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Radio One : « Nous refusons les solutions faciles et la vulgarité »
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Radio One : « Nous refusons les solutions faciles et la vulgarité »
Trois ans d?existence, de hauts et de bas. Quel bilan pouvez-vous nous faire ?
- Finlay Salesse : Au niveau de l?antenne, il n?y a jamais eu de bas. C?est un bonheur, une bénédiction pour celui qui l?aime. On ne peut pas être malheureux à l?antenne. On peut l?être lorsque l?on se sent impuissant devant la misère ou l?angoisse des gens. Mais, il y a eu aussi beaucoup de satisfaction avec des cas résolus. Lorsque Sandra O?Reilly a témoigné de son viol collectif, cela a, été à la fois, douloureux et exaltant. Cela a permis à toutes les victimes de viol, d?inceste, de venir manifester. Quel responsable de radio aurait été insensible à un tel phénomène ? On a eu aussi de gros mouvements de solidarité. La radio est devenu utile.
- Marie-Michèle Etienne : Radio One avait une énorme responsabilité sur ses épaules. C?était la première radio privée à démarrer. En trois ans, on a été la voix du peuple qui attendait cette espèce de soupape pour pouvoir s?exprimer. Les auditeurs sont parfois partis un peu dans les excès au départ. C?est le public qui a façonné son intervention. Maintenant, il y a une responsabilisation de ses propos. On s?est un peu perdu mais c?est à force de vouloir trop se chercher afin de donner le meilleur aux auditeurs. Radio One est une radio généraliste. On n?est pas là pour ré-inventer la radio. Nos auditeurs nous sont fidèles car nous faisons une radio de proximité et de qualité.
Etre la première radio privée n?a-t-elle pas ajouté une pression supplémentaire sur vos épaules ?
- FS: On a été écrasé par la pression des auditeurs. C?était à la fois grave et réconfortant. Nous avons eu à réconcilier les exigences de la direction et de l?audience. Nous avons trouvé cet équilibre. Nous sommes la radio des auditeurs mais nous ne les laissons pas nous dicter notre ligne éditoriale.
- MME : On nous a souvent dit que nous étions une MBC privée parce que nous ressemblons à la MBC. On n?est pas la pour réinventer la radio. On est une radio commerciale et ce qui totalement différent, c?est le ton de la radio. Avec Enquêtes en direct, on est devenu une succursale de la sécurité sociale.
Quels ont été pour vous les meilleurs souvenirs ?
- MME : Les Jeux des Iles. Il y avait une équipe et un électron libre qui s?appelle Patrice d?Avrincourt qui nous a fait vivre des moments extraordinaires. Il y a aussi le premier concert-anniversaire de Radio One au Caudan Waterfront où il y avait plus de quarante mille personnes.
- F.S : Il y a aussi eu, pour la rédaction, la couverture des partielles de la circonscription n°7. Et aussi ces cadeaux de nos auditeurs qui viennent nous voir. Marie-Michèle est trop modeste pour le dire mais Maigrir en direct a été plus qu?une émission. Elle a été un phénomène de société. On ne savait pas qu?elle aurait un succès si époustouflant.
Et les pires ?
- F.S : On peut avoir de mauvais moments administratifs mais à l?antenne, il n?y a pas de mauvais moments.
- MME : Lorsque l?on n?est pas très bon dans les sondages, ce n?est pas toujours facile.
- F.S : Mais certains mauvais résultats sont reçus parfois lorsque l?on veut tirer l?auditeur vers le haut. Mais maintenant, il commence à s?habituer.
Il y a eu des changements et des réajustements durant ces dernières années. Comment trouvez la formule qui plaira à un plus grand nombre d?auditeurs ?
- F.S : Il y a des ajustements que l?on était obligé de faire. Maintenant, la couleur d?antenne est définie. Il suffit d?écouter pour savoir que l?on est sur Radio One. Il y a une couleur musicale de Radio One qui s?identifie. L?auditeur s?y est habitué.
Le prochain sondage Media Focus de Sofres sera bientôt disponible. Qu?attendez-vous de ce nouvel exercice ?
- F.S : Je l?attends avec beaucoup de sérénité. Il ne faut pas oublier qu?un sondage est une photographie de l?audience à un moment d?une radio. On accepte les résultats mais on ne va pas transiger sur la qualité. Nous refusons de faire dans la vulgarité et dans les solutions faciles. Pour la qualité, il y a un prix à payer.
- MME : Pour moi, chaque résultat est un moment d?angoisse que je ressens de manière physique. En même temps, c?est moi qui ai choisi ce danger en toute conscience en venant travailler pour une radio privée.
Interview réalisée par Audrey KELLY-MARTIAL
Opération 100 000 bougies contre la violence
C?est à la lueur de cent mille flammes contre la violence que Radio One fêtera son troisième anniversaire. Durant la semaine, ces bougies seront distribuées et devront être allumées samedi soir à 19 heures. Au lieu de faire dans le classique concert-anniversaire, Radio One a préféré faire une action sociale. Elle propose à ses auditeurs et aux Mauriciens d?allumer une bougie pour dire qu?ils refusent la violence.
«Nous avons voulu marquer notre anniversaire par une opération d?utilité publique. Notre objectif n?est pas de condamner les autorités pour la recrudescence de violence à Maurice. Nous voulons témoigner d?un phénomène de société et le condamner. Avec l?avènement des radios privées, il y a une amplification nouvelle. Il n?y a pas forcement plus de cas. Mais il y a une confrontation avec un nouveau type de violence», explique Finlay Salesse. Chefs religieux de toutes les religions et organisations non gouvernementales, mairies et conseils de districts se sont mobilisés aux côtés de Radio One pour cette opération d?envergure. Des équipes de Radio One sillonneront l?île au cours de cette opération.
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